RETARDS APPORTÉS A L AGE DU MARIAGE
le 44,02 p. 100 pour tous les époux (hommes) audessous de 25 ans, au lieu de 32,19 p. 100 en 1874. Ici le recul de l'âge du mariage est excessivement prononcé, beaucoup plus qu'en France, parce que ce mouvement est, en Angleterre, plus nouveau, par conséquent plus intense, tandis ([uen France où il s'effectue depuis longtemps, il ne peut plus continuer qu'avec lenteur. Cependant, en Angleterre, il n'y a pas de service militaire.
Le même recul de l'âge du mariage s'effectue pour les femmes et est aussi très sensible. En 1874, il y avait, en Angleterre et dans le pays de Galles, '2:V2'2 épouses au-dessous de 18 ans, 20.961 entre \x et 20 ans, 72.828 entre 20 et 23 ans, sur 1 t'.j.848 mariages, soit une proportion de 1,33 \>. 100 pour les épouses au-dessous de 18 ans, de I •.34 p. 100 pour toutes les épouses au-dessous de 2(J ans et de 64,14 p. 100 pour toutes les épouses au-dessous de 23 ans. En 1892, au contraire, on tiouve 1.532 épouses seulemertt au-dessous de 18 ans, 21,041 entre 18 et 20 ans et 108.082 de 20 à 23 ans, sur 220.896 mariages, ce qui donne la {•roportion de 0,69 p. 100 pour les épouses au-dessous de 18 ans, au lieu de 1,33 p. 100 en 1874, de 10,22 p. 100 pour toutes les épouses au-dessous de 20 ans, au lieu de 13,55 p. 100 en 1874, enOn de 39,13 p. 100 pour toutes les épouses au-dessous de 23 ans, au lieu de 64,14 p. 100 en 1874. L'âge "l.- mariage pour les femmes, comme pour les hommes, s'est donc depuis 1874 beaucoup retardé en Angleterre.
Dans les pays oîi le recul de l'âge du mariage n est pas sensible pour les hommes, il l'est, en gé-
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néral, pour les femmes : ainsi, en Prusse, en 1874, il y avait, sur 224. 621 mariages, 31.936 épouses au-dessous de 20 ans ; il ne s'en trouve plus que 21.786 sur 243.447 mariages en 1892 (1), ou 8,86 p. 100. En 1906, pour tout l'Empire d'Allemagne, sur 498.990 mariages, on compte 43.012 épouses au-dessous de 20 ans, ou 8,64 p. 100, et 241,045 épouses de 20 à 25 ans, ensemble 284.037 de moins de 23 ans ou 56,92 p. 100 seulement (2). L'ensemble de notre civilisation, des idées qu'elle suscite et des exigences qu'elle développe, pousse à ce que les mariages soient moins précoces, surtout pour les femmes.
Or, la grande fécondité se rencontre avec la toute première jeunesse. Des recherches intéres- ■ santés, quoique ne pouvant conduire à des résul- 1 tats absolument rigoureux, ont été faites à ce sujet i par M. Joseph Korosï, chef de la statistique de : Buda-Pesth. Il s'est efforcé de découvrir « la mesure et les lois de la fécondité conjugale ». Procédant par le dépouillement des tables de recense- , ment et des actes de l'État civil, il parvient aux ' conclusions suivantes : « La fécondité de la femme arrive d'emblée, c'est-à-dire dès 18 à 19 ans, à son maximum, et elle décroît ensuite en ligne régulièrement descendante jusqu'à l'âge de 45 à 30 ans, où elle arrive à son terme. Les jeunes épouses d'au-dessous de 18 ans semblent ne pas encore
(i) Bodio, Movimento délia Popolazione, confronti internazionali, Rome 1894.
(2) Statistiches Jahrbuch fUr das Deutsche Reich, d908. p. 18 et 19. En Suède, d'après M. E. Levasseur {Economiste Français du 15 janvier 1910), l'âge moyen du mariage des femmes est aujourd'hui de 27 ans.
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être en pleine possession de leur force productive. A en jusrer d'après ies observations, du reste peu suffisantes, qui se rapportent à cet âge, on pourrait conclure que cette faculté varierait pour elles entre 36 et 38 p. 100, cest-à-dire qu'on peut admettre que, de 100 mariages de cet âge, il pourrait provenir, dans le cours d'une année, 36 à 58 enfants. De 18 à 20 ans, la fécondité atteint son maximum, c'est-à-dire un peu plus de 40 p. iOO. De là, elle décroît par degrés réguliers : ellp est à 2o ans, de 32 p. 100, à 30 ans de 24 p. 100, à 35 ans de 17 p. 100, à 40 ans à peine de 10 p. 100,
à 45 ans, de 1,7 p. 100, à 50 ans de 0,1 p. 100
Les hommes atteignent au maximum de leur fécondité à 25-26 ans, elle est à cet âge de 35 p. 100, à 35 ans elle tombe à 23 p. 100, à 45 ans à 9 1/2, à 55 ans à 2,2, à 65 ans à 1/2 p. 100 (1). »
Il s'agit dans ce qui précède de ce que l'auteur appelle « la fécondité monogène », c'est-à-dire de la fécondité de lun des deux sexes sans tenir compte de l'âge de l'auti'e sexe avec lequel il se combine.
Pour tenir compte de ce dernier élément et de ce qu'il nomme « la fécondité bigène », M. Kôrôsi a dressé deux tableaux que nous reproduisons à titre d.- renseignement.
l^our 100 femnits des âges suivants, la probabilité de naissance dans l'année varie avec lài^e de l'homme dans les proportions ci-contre
Retue d'Economie Politique, janvier 1895, pp. 5 et 6.
- Kôrôsi. De la mesure et des lois de la fécondité conjugale. 'te d'Economie Politique, janvier 1895, p. 8.