ET DUNE TROP FAIBLE NATALITÉ
Cas exceptionnels, dans l'état présent du monde, où la population peut trop s'accumuler dans un pays. — Remèdes à ce sujet.
— Inconvénients de la stagnation de la population dans un pays : déchéance politique et fâcheux résultats qui s'ensuivent.
— Manque d'émigration ainsi que du stimulant et du soutien que donnent les émigrants. — Une population stationnaire perd nécessairement en énergie, en activité et en initiative. — Elle est vouée à une infiltration d'étrangers, ce qui peut avoir des inconvénients divers. — L'ensemble des peuples occidentaux peut se trouver un jour, par l'affaissement de la natalité, dans une situation difficile relativement aux peuples asiatiques.
Quoique le danger auquel est exposée la civili- -ition moderne se trouve dans une direction oppo- •e à celle où le cherchait Malthus, il peut être xceptionnellement et passagèrement vrai, cependant, que, dans certains pays encore primitifs et pauvres en capitaux, la population peut s'entasser d'une manière excessive par rapport aux moyens d'action et aux connaissances techniques dont elle dispose. Il a pu en être ainsi en Irlande vers le milieu du xix" siècle ; et c'est peut-être encore le 1 as aujourd'hui, sinon de l'Italie, du moins de I ertaines provinces italiennes, du nord du Portugal •'•gaiement et peut-être même de quelques rares provinces allemandes. Un statisticien qui avait, de
:!S8 LA (JUESTIUN DK LA POPULATION
temps à autre, des aperçus originaux, feu le docteur Bertillon, émettait l'idée que l'Allemagne transforme son excédent de production sur la consommation courante, en enfants ou en accroissement de population, et que la France, au contraire, transforme ce même excédent en épargnes et en capitaux, (blette proposition, qu'il n'eût pas fallu exagérer, avait, sans doute, quelque chose d'exact. Depuis près d'un demi-siècle que feu Bertillon a trouvé cette formule, l'Allemagne avec son prodigieux développement industriel et l'affaissement graduel, quoique restreint encore, du taux de la natalité, semble à la veille de modifier ses tendances d'alors.
11 peut être vrai que, pour les capitaux existants et pour les connaissances techniques, sinon possédées, du moins appliquées, la population, quoiqu'une partie notable de l'excédent s'en déverse sur le reste du monde, croisse trop rapidement en Italie. Si, au lieu d'une natalité de 37 à 38 p. i.OOO, comme dans la période de 1881 à 1892 et de 33 p. 1.000 comme en 1909 et 1910, l'Italie, n'ayant que 286.588 kilomètres carrés de superficie, guère plus de la moitié de la surface de la France, et encore une grande partie de ces 286.300 kilomètres carrés étant des terrains montagneux, ne possédant pas de mines de houille et par conséquent n'ayant pas de très grande industrie et comptant 34.686.000 habitants en 1911, soit 121 habitants au kilomètre carré, ou 67 p. 100 de plus que la France, si l'Italie, dans ces conditions, n'avait que 27 à 28 naissances pour 1.000 habitants, ce qui serait encore une natalité plus forte que celle de la Grande-Bretagne et de l'Irlande