‹ La Question de la PopulationChapitre 98 sur 177 · ENÈSE DU NÉO-MALTHUSIANISME EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

ENÈSE DU NÉO-MALTHUSIANISME EN ANGLETERRE

même en ce qui concerne le fonds dit des salaires ot la main-d'œuvre ; outre que ce fonds n'est jamais une quantité fixe et constante, il est susceptible, lui aussi, par un accroissement de l'activité industrielle de se renouveler plus rapidement, ce qui, en fait, équivaut à un accroissement; pour prendre un 'xemple, l'activité supérieure de la circulation des machines et des wagons sur une ligne ferrée, tjuoiqu'elle ait des limites, équivaut, en tant que ces limites ne sont pas atteintes, à une augmentation (lu nombre et de la capacité de ces machines et de ces wagons.

Il serait étranger au plan et à l'objet de ce livre de s'étendre davantage sur ces questions.

Si un économiste notable, comme James MiU, a incontestablement montré, sans y apporter, toutelois, beaucoup de précision dans ses écrits, une inclination, une tendresse même pour le néo-malthusianisme, c'est-à-dire pour le recours à des pratiques et artifices pour limiter la population, er* dehors de l'observance de la règle du moral restraint ou de la continence, la plupart des hommes qui ont constitué le néo-malthusianisme, du temp& même de Malthus. appartiennent à un niveau scientifique et social moins élevé.

Cette doctrine fit son apparition, en rejetant tout voile et en se manifestant avec brutalité, un soir de juillet 1823. Un paquet fut alors mvstérieusement remis au directeur du Manchester Guardian, journal important qui est encore, à l'heure actuelle, une des feuilles provinciales les plus considérables Je la Grande-Bretagne et qui appartenait à l'opinion radicale; une note priail ce directeur de journal de remettre le paquet à M"^ Mary Fildes qui.

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paraît-il, était un pliilanthrope s'occupant activement du bien-être des classes laborieuses. Ce paquet contenait des exemplaires d'une circulaire intitulée : « Aux gens mariés des deux sexes, to the Marrie d of bot h Sexes » ; on y exposait les maux économiques causés par les familles trop nombreuses et l'on y décrivait avec une franche simplicité (tvith frank simplicity) les moyens de prévenir la conception. Un billet joint, au paquet priait M""' Fildes, en invoquant son expérience, sa sensibilité, sa discrétion, son zèle ardent pour le bien-être des ouvriers et l'influence dont elle jouissait parmi eux, de remettre ces circulaires aux femmes mariées qu'elle jugerait susceptibles de s'y intéresser. « La méthode recommandée, ajoutaiton, devient rapidement en usage parmi les ouvriers de Londres et d'ici à peu d'années produira les plus heureuses conséquences (1). »

Il paraît que M""" Fildes devint par la suite un avocat des pratiques qui lui étaient ainsi enseignées. Mais, au premier moment, elle en fut choquée et indignée, au point de déposer une plainte à Y Attorney General (correspondant à notre Procureur général) contre l'auteur inconnu. Elle qualifiait cette circulaire [handbill] d'infâme, comme contenant une attaque flagrante contre la morale sociale.

Il ne paraît pas que la plainte ait eu un effet quelconque. Cette circulaire d'origine mystérieuse fut appelée « the diabolical handbill, la circulaire diabolique ». On en chercha longtemps l'auteur et l'on discute encore à c€ sujet. On l'attribue aujour-

(1) James A. Field, op. cit., pp. 4 et o.

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