PRE VE
Voyons maintenant un état comparatif des prix payés au Canada et en Angleterre pour ces différents produits, D'a rès le “ Trad Meat Journal ”, de Londres, voici Le prix : é à grise
Canada Angleterre Boeuf de 3 à 4 cts. de $ à 12 cts Veaux de 3à6c de 104 à 134 cts Mouton de 3à6Gc de 104 à 134 cts Lard de 43 à 54 c de 10 à 12 cts
En déduisant Ja Pemamerentn AA faudrait payer aux abattoirs pour la boucherie, l’'empaquetage ®t l'expédition, il resterait done à nos cultivateurs une augmentation considérable dans le prix de ces produits. Que représente ce chiffre ? somme énorme d’au moins quatre millions de piastres par an qui serait fépandue parmi: nos classes agricoles, N’est- . ce pas que ce serait pour elles la prospérité et la richesse ?
À part cela, il est constaté que chaque année environ 460,000 veaux sont tués en naissant pour conserver le lait pour l’industrie laitière.Ce chiffr e n’est pas imaginaire, je l'emprunte à la statistique du ministère de l'Agriculture à Ottawa. Ces veaux qui aujourd’hui sont jetés à la voierie rapporteraient #1.00 et #1.50 chacun à nos cultivateurs, car on les emploie pour préparer la gélatine dont on a besoin pour mettre dans les boîtes avec la viande en conserve, Cet item seul représente déjà un demi-million: par année qui est perdu aujourd’hui, Mais, il est bien probable que les cultivateurs les garderaient pour l'élevage si le prix de la viande était aussi augmenté.
Voilà donc, en tous cas, cinq millions de piastres que réaliseraient nos eultivateurs et qu’ils ne touchent pas maintenant à cause de l’absence d'abattoirs, C'e serait pour eux la richesse, la prospérité,
La seconde objection, c’est que nous n'élevons pas suffisamment de bestinux et que ceux que nous élevons sont impropres à l’exportation,
D'abord, si le bétail n’est pas nombreux chez nous cela est dû à ce qu'il ne paie point ea nourriture, à ce que nos eultivateurs n’ont pas de marché à leur portée, Malgré cela, l'élevage a augmenté, Voici ce que je constate dans le dernier rapport de la Société de Rapatriement + de Colonisation du Lac St-Jean, A la page seize il est dit que d’après le recensement de 1861 il n’y avait dans cette région que 18,746 têtes de bétail, et ce chiffre était porté à 59,795 en 1881, Depuis, l'élevage a dû ausmenter considérablement, grâce au développement qu’à pris cette partie de la province, Il a augmenté aïïleurs dans la même proportion.
Que sert aux cultivateurs d’engraisser la viande pour la vendre trois ou nuatre cents la livre ? Ca ne paie point, et voilà pourquoi l’élevage est si négligé dans nos camnagnes, Que l’on établisse des abattoirs qui auront poureffet d'augmenter le prix de revient de la viande et vous verrez alors nos cultivateurs se livrer à l'élevage. ;
Le commerce des viandes abattues sur le marché anglais va toujours croissant. En 1880, l'importation totale du mouton réfrigéré, en Anvleterre, n’était que de 400 carcasses ; en 1899. elle s’élevait à 6,869,- 419. En 1890, l'Angleterre importait 1,854,593 quintaux de boeuf réfrigéré : en 1899, cette même importation atteignait le chiffre de 3,8092,622.
Nos bestinux, ja le sais, sont. généralement petits. Cerx-là on les débite et on les met en conserve pour l'exportation. Les plus beaux sont exnédiés en carcasses, Pour la viande en conserve, nous aurions un marché tout prêt. Aujourd’hui, PAngleterre va acheter à New-York et à Chicapo, les viandes en conserve dont elle a besoin pour le ravitaille-
ment de ses armées, Si nous fabriquions ces produits elle les achèterait de préférence chez nous. ‘
Au début de l’industrie laitière, nous n'avions pas les belles vaches , lait ue nous voyons aujourd'hui. Qu'est-il arrivé 1 Lorsque nos cultivateurs se ‘ont aperçu que cette industrie était rémunératrice, ils se sont empressé; d'améliorer leurs vaches à lait, Il er sera de. même du bétail quand ls verront que l’élévage t se faire avec profit pour eux,
LES REFRIGE#ATEURS, ,
. D’après 1 proposition soumise a@ gouvernement ces abattoirs seralent accompagnés de réfrigérateurs placés dans différents centres de a province où les cultivateurs pourraient déposer leurs produits périssables, comme le beurre, le fromage, les oeufs, les fruits, les volailles, ete., Jusqu'au moment où ils seraient prêts pour l'exportation, Car, la maison Camnbell, Shearer & Cie se propose d'acheter tous ces produits,
En 1897, l'Angleterre a importé pour #77,462,329 de beurre et nous lui en avons vendu seulement pour #2,164,995 ; elle a importé 140,317, 540 douzaines d'oeufs et nous ne lui en avons fourni que 5,678,690. L'Angleterre a importé 4,199,971 quarts de pommes et nous n'en avons vendu que 1,020,929,
Tous ces produits pourront, au moyen de réfrigérateurs se conserver dans d'excellentes conditions et commander les meilleurs prix sur le marché anglais,
Dans son rapport à son gouvernement, le consul américain Boyle, à Liverpool, disait l'année dernière ce qui suit :
“J'ai souvent observé dans mes rapports comme consul les immen- “ses avantares qu'offrait le marché anglais pour les volailles et les “fruits. Plusieurs cargaisons de ces produits expédiées du Canada ont “obtenu un grand succès, et ce commerce ne peut fai:e qu'augmenter, “Le gouvernement canadien recommande d'engraisser très bien les “dindes et les volailles avant de les tuer. J'ai eu moi-même occasion de ! “voi dernièrement des poulets gelés qui ver ‘ent de la Nouvelle-Zé. “lande ”.
Pourquoi ne ferions-nous pas la même chose ici ? Pour la simple’ raison que nous n'avons pas de réfrigérateur et pas de marché, Or, ce marché si nécessaire, si avantageux, nous l’aurions avec des abattoirs comme il en existe en Australie et dans la République Argentine,