‹ La question des banquesChapitre 17 sur 39 · DISCOURS DE ». D EICHTHAL · texte numérisé non relu

DISCOURS DE ». D EICHTHAL

que vous avez droit de demander en compensation ; la banque unique, comme banque de circulation, que produit-elle? Bien loin de concentrer les ressources, elle est un moyen d’égale division, d’égale répartition des capitaux : elle les prend là où ils sont inutiles, à ses frais et risques ; elle les porte là où ils sont utiles, où ils manquent.

C’est là le rôle de la banque unique : rechercher l'argent où il est inutile et l’envoyer là où il est nécessaire. C’est pour cela que je combats la loi et que je demande, comme on l’a déjà demandé, qu’on ne passe pas à la discussion des articles.

On nous dit : Attendez à 1855.

Comment, messieurs, si le système est mauvais, si vous avez la preuve qu’à un moment donné la banque de Marseille, par exemple, n'a pas pu faire face aux besoins, vous attendriez ! Pourquoi donc? Est-ce qu’en 1855 la question ne sera pas la même ? 11 y a des banques dont le privilège ne vient à échéance qu’eu 1§56, en 1858, en 1859. Il s'agit d'établir un système, de déclarer dès aujourd’hui que les banques qui viendront à échéance rentreront dans la banque unique. C’est un principe que vous devez proclamer. Quant à la manière dont la transaction se fera, il n’y a pas d’intérêts particuliers à blesser. La valeur actuelle du monopole est fixée par le prix des actions. La proposition à faire est celle-ci : la Banque de France payera les actions à leur prix actuel, soit en argent, soit en actions de la Banque de France ; car il est évident que son capital devra être proportionnellement augmenté.

Dans un autre discours prononcé à la même séance, M . d’Eichthal a complété ces observations. Nous en reproduirons les principaux passages :

Je suis tout à fait d’accord sur ce point qu’on ne peut

pas aujourd’hui refuser à la banque de Bordeaux son existence ; mais je voudrais que, dans un délai très-court, la question revînt devant vous, car il s’agit, encore une fois, d’établir un principe, et je suis certain que, quand les banques locales sauront qu'à l’expiration de leur privilège elles devront être remplacées par la Banque de France, elles se réuniront à elle beaucoup plus tôt que vous ne l’imaginez.

La Banque de France envoya un de ses directeurs à Lyon,

en 1816, au moment où elle retirait son comptoir. Elle a proposé au commerce lyonnais do créer une banque locale, s'engageant à fournir la moitié du capital.

Eh bien, messieurs, le commerce lyonnais a refusé ; il ne.

Page 1