DISCOURS DE M. WOLOWSKI
banques de dépôt. On apportait du numéraire, et on obtenait, en échange de ce numéraire qui en répondait, un titre qui pouvait circuler dans le commerce.
L'augmentation des billets de la Banque de France, telle qu'elle est demandée aujourd’hui, à quoi aboutirait-elle? Uniquement à permettre à la Banque de France de remplir, à défaut du rôle de banque de circulation qu’elle reprendra alors que les affaires auront recouvré toute leur énergie, et quand la confiance sera complètement revenue, de remplir, au moins en attendant, le rôle de banque de dépôt et de virement. Elle pourra le faire avec un grand avantage pour le commerce, qui est gêné aujourd’hui par l'absence de billets avec lesquels il pourrait accomplir ses transactions bien plus facilement quavec les sacs d’écus qu’on l’oblige, qu’on le contraint de prendre à la Banque de France.
Voilà quel est le but du projet.
Je répète, en terminant, que la question du cours forcé est nécessairement liée à la question de la position nouvelle qui est faite à la Banque de France, devenue aujourd'hui un agent de crédit de l’Etat. On ne peut traiter cette question aujourd’hui avec tous les développements qu’elle exigerait ; il faut nécessairement que nous la réservions pour un débat sérieux, approfondi, au moment de la discussion du budget. En attendant, il est une nécessité évidente pour tout le monde à laquelle nous pouvons obéir sans le moindre danger : c’est celle d’accroître l’émission des billets, des billets qui rencontrent leur contre-valeur dans les caisses de la Banque de France, en numéraire, car, et cette indication est celle par laquelle je terminerai, aujourd'hui le Moniteur a publié la situation de la Banque de France. Qu’est-ce que nous y voyons? Cette circonstance étraDge que la Banque de France possède en numéraire et en lingots, tant dans la caisse de Paris que dans les caisses des succursales, une somme de 433,300,000francs,et que ses billets en circulation ne montent qu'à 421 millions. Il y a donc 12 millions de différence entre l’encaisse de la Banque et la masse totale des billets en circulation. C’est quelque chose d’anomal à quoi nous devons porter remède.
En ce moment, il existe sécurité complète.pour les billets qui circulent ; en vertu de cette sécurité, il u y a aucune espèce de danger à autoriser l’émission supplémentaire telle que nous la demandons. Sans doute la prudence est une trèsbelle chose ; mais la prudence ne doit pas dégénérer en timidité; en matière de banque, en matière de crédit, véritablement nous sommes trop timides en France ; non-seulement