‹ La Question Des Bureaux De Placement: Loi De 1904, Ses RésultatsChapitre 12 sur 49 · PAR UE · texte numérisé non relu

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ressource de porter plainte, mais cette ressource était dangereuse pour eux, car ils étaient alors mis à l'index par les autres placeurs, solidaires les uns des autres.

C'est ce qui ressort de nombreuses enquêtes qui ont précédé le vote de la loi de 1904 et notamment de celle qui eut lieu devant la commission sénatoriale à la fin de 1903. C'est également ce qu'affirme M. Georges Berry, dans son rapport à la Chambre des députés en 1899 (1). « Il y a toujours une place, dit-il, pour «celui ou celle qui se présente. On dépose deux francs (droit d'inscription) entre les mains du placeur qui donne l'adresse d’une maison très éloignée, maison complice qui a déjà engagé le serviteur dont elle a besoin et où on répond au postulant qu'il arrive trop lard. Presque jamais, il n'obtient, quand il revient au bureau, le remboursement de ses deux francs et, Jusqu'à ce qu'il ait épuisé la somme apportée et dont le directeur connaît le montant, il court en vain de maison en maison. »

Dans la discussion de la proposition de la loi relalive au placement des employés et ouvriers des deux sexes qui eut lieu au Sénat dans la séance du 28 jan-

vier 1902, MM. Strauss et Poirrier signalent égale-

(1) Rapport de M. Georges Berry à la Chambre en 1899, Journal officiel, documents parlementaires de décembre 1899, p. 388.

DT

ment les abus résultant de ce droit d'inscription. Ecoutons M. Poirrier : « Il y a d’abord, dit-il, un droit d'inscription. Je sais bien que le rapporteur du second projet de la commission pourra me dire : mais ce droit d'inscription préalable à tout placement, a été supprimé par certains arrêtés municipaux et il n'existe déjà plus en fait aujourd'hui dans beaucoup de localités. À cela, je répondrai que cette suppression n'est qu'apparente et qu'elle n'existe pas en réalité... Ce que les bureaux payants les mieux cotés, dirai-je, ne considèrent pas comme une fraude, d’après les renseignements qui m'ont été donnés, c'est le paiement des droits d'inscription. Alors même qu'on ne le sollicite pas, on le reçoit, on est sollicité de le recevoir. Pourquoi ? Parce que celui qui cherche un emploi espère qu'en payant un droit d'inscription qui s'élève à Paris généralement pour les domestiques à cinq francs, il a plus de chance d'être placé, d’avoir un tour de faveur ou de préférence. Par conséquent, ce droit fixe n’est pas sollicité, mais 1l est payé tout de même » (1).

Enfin, dans la séance du 3 novembre 1903, à la Chambre des députés, M. Coutant insiste lui aussi

longuement sur les abus auxquels donne lieu, de

(4) Sénat, compte rendu in extenso, séance du 28 anvier 1902, Journal officiel du 29 janvier 1902, p. 28.

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