‹ La Question Des Bureaux De Placement: Loi De 1904, Ses RésultatsChapitre 15 sur 49 · ED · texte numérisé non relu

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les meilleures pour donner satisfaction aux clients et qu'il n'en fallait pas conclure qu'ils accordaient la préférence à ceux qui leur remettaient, à titre d'avances et de rémunérations supplémentaires, une somme d'argent. Mais il semble bien difficile, en présence des témoignages recueillis de divers côtés, de ne pas admettre les griefs formulés à cet égard contre certains d’entre eux.

$ 5. - Tendance de certains placeurs à s'entendre avec des patrons peu scrupuleux pour favoriser le renvoi des ouvriers et augmenter ainsi leur chiffre d’affaires.

Un grief fréquemment reproché au placeur était le suivant : il consistait dans une entente frauduleuse avec les patrons ou les gérants des établissements pour faire déplacer les travailleurs. Le résultat de celte manœuvre était de multiplier ses bénéfices puisque le travailleur congédié s’adressait de nouveau à lui pour obtenir un autre emploi.

M. Berry, dans son rapport déjà cité de 1899, fournil, à ce sujet, d'intéressants renseignements qui paraissent des plus probants. M. Coutant, dans la discussion qui eut lieu à la Chambre des députés le 15 et le 20 novembre 1900, s'élève, lui aussi, contre ces procédés délictueux. Il signale que, souvent, le placeur se fait déplaceur, débauchant l’un pour embau-

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cher l’autre, et encaissant de cette façon un bénéfice d'autant plus considérable que les mutations sont plus fréquentes (1). Trois ans plus tard, dans la séance du 3 novembre 1903, il revient sur le même sujet avec la même énergie : « Les défenseurs des placeurs, dit-il, nous font une objection. Ils nous disent : les placeurs font 450.000 placements par an, ce serait une atténuation à la mauvaise impression que nous font ces agences interlopes. Mais ils ne placent pas 450.000 personnes par an ; ils placent six, sept, huit, neuf et même douze fois la même personne dans l’année » (2).

Pour réaliser le plus de bénéfices possible et augmenter la valeur de leur fonds de commerce, les placeurs vont être naturellement amenés à attirer sur le marché le plus grand nombre de travailleurs. N'ont-ils pas avantage à ce que les demandes soient les plus nombreuses possible puisqu'elles amèneront un accroissement dans leur clientèle et qu'elles leur permettront, grâce à des procédés que nous avons mentionnés, d'exiger de ceux qui sont en quête d'ouvrage une rétribution plus élevée que la rétribution légale ? Aussi qu'arrivera-t-il ? C'est qu'ils nmondent la province d'affiches placardées dans les différentes villes

(i} Chambre des députés, 15 et 22 novembre 1900. (2) Chambre des députés, 3 novembre 1903, p. 2.444.

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