‹ La Question Des Bureaux De Placement: Loi De 1904, Ses RésultatsChapitre 45 sur 49 · Ÿ NOIRE · texte numérisé non relu

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pays (1). Ilest difficile de se prononcer sur son avenir, mais il faut reconnaître qu'il s'inspire du louable désir dé concilier les intérêts des patrons et des salariés.

Tout aussi intéressante est la circulaire adressée, quelques jours plus tard, par le ministre du travail aux préfets sur les subventions aux bureaux municipaux de placement gratuit. Nous allons la résumer

brièvement.

CIRCULAIRE DU 15 NOVEMBRE 1911, du ministre du travail, aux préfets, sur les subventions aux

bureaux municipaux de placement gratuit (2).

Après avoir rappelé les dispositions principales du décret que nous venons d'analyser, le ministre du travail appelle l'attention des préfets sur ce point que la première préoccupation des municipalités doit être la nomination de la commission paritaire, et il engage à cette occasion les municipalités à choisir les membres de ces commissions dans les professions qui sont appelées le plus fréquemment à avoir

(1) Le système paritaire est emprunté à l'Allemagne où il constitue le trait caractéristique de l'organisation des bureaux municipaux. Voir à ce sujet de très intéressants renseignements dans le cours de M. Capitant, Législation industrielle, 1911-12, p. 190 et suiv.

(2) Voir Office du travail, 1911, p. 1130 et suiv.

recours au placement. Il fait remarquer à ce sujet que c'est une erreur de croire que le bureau municipal ne peut servir qu'à placer des ouvriers non qualifiés et des domestiques, l'expérience ayant démontré qu'à l'étranger les bureaux municipaux organisés suivant le système paritaire, plaçaient plus d'ouvriers de métier que d'ouvriers non qualifiés.

D'ailleurs, les administrations municipales sont libres d'organiser les commissions paritaires au mieux des intérêts du service du placement, sous réserve des dispositions essentielles prévues au décret. Il leur appartiendra notamment de préciser quelles doivent être les relations de la commission et de son président avec l'administration municipale, les comptes rendus à fournir, la responsabilité, la rémunération éventuelle des membres présents aux réunions de la commission.

Quant au règlement qui devra viser ces divers points, c'est à l'administration municipale qu'incombera le soin de le dresser. De même, devront figurer dans ce règlement tous les détails pratiques du fonctionnement du service.

Un des points sur lesquels le ministre insiste d'une façon spéciale est le choix des préposés au placement. Pour lui, la meilleure solution serait de laisser à la commission paritaire le soin de présenter des candidats à l’administration municipale, et il

indique les anciens ouvriers et les petits patrons comme pouvant faire d'excellents candidats parce qu'ils connaissent mieux que personne la situation industrielle de la localité.

Pour que les bureaux municipaux obtiennent le maximum de rendement avec le minimum de frais, ils doivent s'inspirer des règles de gestion d'une enreprise commerciale. Les formalités doivent être simplifiées et il faut mettre en œuvre tous les moyens destinés à solliciter la clientèle et à faciliter aux employeurs l'envoi des offres d'emplois. Le ministre du travail préconise à cet égard le téléphone qui est indispensable pour mettre le bureau de placement en relations rapides avec les employeurs ou les groupements patronaux ou ouvriers, et les modes usuels de publicité (affichage dans les endroits publics, annonces ou avis dans les journaux locaux, etc.) pour laire connaître les services que sont appelés à rendre les bureaux de placement municipaux et provoquer l'inscription du plus grand nombre possible d'offres et de demandes d'emploi.

En ce qui concerne les procédés d'enregistrement des offres et demandes d'emploi, le ministre estime que c'est à la municipalité, d’après l'avis de la commission paritaire, à décider d’après les usages locaux. Rien ne l'empêcherait d’ailleurs, si elle le ju-

geait bon, d'adopter un procédé différent pour chaque profession.

En principe, les premiers emplois vacants doivent être réservés aux chômeurs de la profession qui se sont fait inscrire les premiers, mais il y a d’autres considérations qui peuvent déterminer entre plusieurs candidats le choix du préposé, par exemple l'aptitude inégale à occuper l'emploi, le nombre des jours de chômage déjà subis.

En terminant, le ministre du travail insiste sur l'intérêt qu'il y aurait à organiser le placement dans l'agriculture, et pour cela préconise un service d'échanges et de communications postales ou téléphoniques entre les bureaux urbains et leurs correspondants dans les communes rurales, ou avec les syn-

dicaits agricoles.

Cette circulaire grandement inspirée de la pratique allemande est trop récente pour que nous puissions juger de ses résultats, mais il semble incontestable qu'en observant scrupuleusement les conseils qui leur sont donnés, les municipalités ne pourront que contribuer à diminuer le chômage et la misère. Le système des commissions paritaires a bien réussi en Allemagne. Il n'y a pas de raisons pour qu'il en soit autrement Chez nous ; l'essentiel est qu'il entre dans les mœurs du pays, et cela est une

affaire de temps et de patience.

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