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au point de vue chrétien, il est loin de la regarder comme bien propre à former le cœur et l'esprit des jeunes élèves ; et la raison pour laquelle il croit que la divine Providence a voulu que les monuments en fussent conservés, fait peu d'honneur à ceux qui les préconisent comme des modèles qu'il faut s’efforcer d’imiter, sans espoir de ne pouvoir jamais atteindre à leur perfection. Voici ce qu'il dit :
Peut-être aurait-il été à souhaiter que les mêmes ruines qui ‘ ont enseveli l'idolâtrie eussent aussi englouti et fait disparaître ‘pour toujours ces funestes monuments et ces restes impurs du ‘ paganisme, SI CAPABLES D'INFESTER ET DE CORROMPRE LES ‘ ESPRITS. Mais la divine Providence les a sans doute laissés ‘ survivre à l'idolâtrie pour déposer dans la suite de tous les “ siècles contre les impuretés et les excès horribles que non seule. ‘“ ment la relision païenne souffrait, mais qu’elle consacrait même ‘ par l'exemple des dieux.
Nous ne savons vraiment ce qu'aurait dit Rollin en voyant des professeurs faire converger tous leurs efforts vers un seul but : la glorification des hommes et des choses du paganisme.
D'après ce que nous avons dit tout à l’heure, il est done établi que Rollin n'a pas été cité à faux. Que M. l'abbé Chandonnet y prenne garde ; plus il avance, plus il semble contredire ce qu'il affirme en commençant, qu’il ne prend la plume que pour défendre la vérité, indignement outragée par des gens qui, après avoir gobé mille billevesées, sous bénéfice d'inventaire, font métier de les propager. Ïl pourrait bien finir par laisser croire qu'il n’est pas en dehors de tout parti pris, quoiqu'il en dise, et qu'il veut envers et contre tous trouver mauvais tout ce qui ne donne pas dans son courant d'idées. Il ferait mieux, à notre avis d'étudier le fond de la question que * venir gloser sur des textes dont il ne saisit pas le sens, lors même qu’ils sont exprimés en français.
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CLÉMENT D'ALEXANDRIE DIT CE QUE LUI FAIT DIRE M. LE | CORRESPONDANT, r C'est maintenant le Correspondant que M. l'abbé Chandonnet NE l remet en scène. Ila, parait-il, porté une main sacrilége sur les ( à écrits d’un des plus illustres Pères de l'Eglise, Clément d'Alex- ï s andrie, M. l'abbé Chandonnet l’affirme et il est en mesure de soutenir son affirmation, car il &@ lu le tûtre du chapitre XXe des d Stromates, plus une vingtaine de lignes dans ce chapitre. Lire ; un tître n'est pas peu de chose; au XTXe siècle surtout, c’est un 4 moyen sûr d'acquérir une grande science. M, le Conservateur l'a f. dit et prouvé. Pour nous qui n'avons pas le regard d’aigle de M. f, l'abbé nous avons examiné plus minutieusement qu'il ne l’a fait ;
le chapitre XXe des Stromates, et après cet examen, nous nous croyons en droit de dire que M.le Correspondant est parfaitement en règle. Il a eu raison de dire que Clément dAlexandrie À
a résumé en quelques mots la méthode d'àprès laquelle les
premiers chrétiens élevaient leurs enfants, et de plus, il a parfaite-
ment rendu la pensée de cet auteur. Le texte latin est celui-ci.
“ Et cet quidem veritas, qûæ fide percipitur, tanquam panis
‘“ necessaria estad vivendum; quæ autem præccdit disciplina
‘est obsonio similis et belltriis: Desinente vero cæna, suavis
“ placentula, ut ait Pindarus Thebanus.”
Ce texte est ainsi traduit par M. le Correspondant :
“ NoU: COMMENGÇONS par la vérité qui jaillit de l’enseignement ‘de la foi, parceque c'est à la nouriture substantielle, indis- | ‘# pensable à la vie de l'esprit. Quant à l'érudition profane, nous ‘€ la regardons comme des mets recherchés, qui ne sont nullement ‘ nécessaires pour vivre. Ainsi nous ne l’abordons qu'après nous “ être rassasiés de la vérité chrétienne.”
PR | De
M. l'abbé Chandonnet frappe d’anathème cette traduction. Et pourquoi donc ? Parcequ'elle renferme plusieurs mots qui n’ont pas leurs correspondants dans le texte, Mais que fait ici cette non correspondance des mots ? L'important, c'est que l'idée exprimée en français soit identiquement la même que l’idée renfermée dans le texte latin. Il s’agit ici surtout de la pensée et non pas d’une traduction rigoureusement littérale, comme la ferait un écolier. Pour démontrer à M. l'abbé que la traduction de M. le Correspondant est bonne, excellente même, nous le convierons à un petit exercice, non pas de grammaire, mais de simple bon