‹ La question des écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 9 sur 84 · COMMENT LES O ATHOLIQUES FURENT TROMPES · texte numérisé non relu

COMMENT LES O ATHOLIQUES FURENT TROMPES

Mais, on nous dira : Comment se fait-il que le gouvernement ait réussi à tromper si longtemps les catholiques ? La réponse est assez facile à trouver, La minorité catholique du Manitoba a eu le malheur d’être réprésentée en Parlement par des hommes sans convictions, sans patriotisme et sans désintéressement. MM. Royal, Larivière, Bernier ne sont allés s'établir dans cette lointaine province que pour exploiter à leur bénéfice personnel l'influence que leur situation leur a acquise, Ils ont vécu, et vivent encore, eux et les membres de leurs familles, de la crèche ministérielle. Ces hommes, qui

étaient censés parler au nom des catholiques, n'ont jamais été autre chose que les instruments serviles du pouvoir. Pourse faire bien venir des ministres, pour en obtenir des places, des faveurs, du patronage, ils ont sacrifié les intérêts de nos co-réligionnaires, Leurs paroles, leur conduite ont servi des années et des années de bouclier aux cabinets d'Ottawa. Lorsque les députés français de la province de Québec voulaient intervenir pour revendiquer les droits de la minorité, ils trouvaient invariablement ces personnages sur leur chemin, qui leur disaient : ‘“ Ne vous mêlez point de nos affaires. Vous allez compromettre notre cause, il faut être prudent, etc., etc.”

Les conséquences de leurs trahisons apparaissent maintenant aux yeux de tous,

Quelques-uns de ces hommes exercèrent parfois de l'influence sur l'esprit de Mgr. Taché, Le vénérable Archevêque vivait à St. Boniface dans un isolement relatif; toutes ses traditions se rattachaient au passé du parti conservateur. Son éloignement des grands centres politiques l'empêcha de se rendre compte de la transformation que subissait le parti dont son père avait été l’un des chefs. Il ne réalisa bien cette transformation que dans les derniers mois de sa vie, qui furent des mois de cuisante douleur. Il s'apercevait qu’il avait été trompé, bafouéet trahi.

Pour parler plus spécialement de la phase de 1890-91, Mgr. Taché n'insista point sur le désaveu en raison des engagements qui furent pris à son égard, et surtout à cause de la présence de Sir John Thompson dans le gouvernement. Le Ministre de la Justice s'était fait catholique : sa conversion lui avait donné un grand crédit vis-àvis l'Episcopat. Ce fut le principal argument dont M, Chapleau se servit dans les négociations de 1891. Ces négociations avaient eu lieu avant les élections, qui furent faites le $ mars. Le 7 du même mois, les évêques transmirent au gouvernement leur requête demandant justice, et, le 21 du même mois encore, Sir John Thompson fit son célèbre rapport, dans lequel il s'engageait à intervenir au nom du gouvernement, si les tribunaux étaient impuissants à redresser les torts de la minorité.

Il ne faut pas être surpris outre mesure si la bonne foi de Mgr. Taché et des autres membres de l'Episcopat, a été captée par le gouvernement et ceux qui agissaient en son nom.

LE Rev. PERE GENDREAU REND TEMOIGNAGE.

Les circonstances dans lesquelles furent provoquées les entrevues entre Mgr Taché et M. Chapleau ont une grave importance aujour-

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