CONSERVATEURS ET LIBERAUX ANGLAIS LES APPROUVENT
Ces résolutions parlent d’elles-mêmes. Mais ce qui parle non moins clairement encore, c’est l'attitude que prit l'opposition conservatrice dans la Législature du Manitoba lors de la passation des lois de 1804. La Chambre se divisa comme suit :
Contre la loi: MM. Jérôme, Martin, Prendergast (libéraux , et Paré (conservateur).
Pour la loi: MM. Adams, Bird, Burrows, Campbell, Colcleugh, Dickson, Doig, Duncan, Graham, Greenway, Hettle, Ironside, Mickle, Morton, Myers, Mclntyre, McMillan, McNaught, Rutherford, Sifton, Smith, Winkler, Young (libéraux), MM. Davidson, Frame, Fisher, Hartney, Kellett, Lyons, McFadden, O'Malley (conservateurs),
Ilest donc permis, ou plutôt il est donc nécessaire, pour être juste et vrai, de reconnaître que les conservateurs de la province du Manitoba ont en cette affaire des Ecoies la même responsabilité que leurs adversaires.
Certes, nous ne voulons ni défendre ni disculper M. Greenway, M. Martin et leurs partisans. Nous les condamnons, au contraire, avec toute l'énergie dont nous sommes capables. Le gouvernement fédéral, en ne désavouant pas les lois scolaires de 1890, la loi qui abolit la langue française et la législation de 1804, est devenu solidaire de la conduite injuste et oppressive de la Législature du Manitoba, Plus le gouvernement (Greenway était coupable, plus la Législature, qui l'a appuyé, était digne de condamnation, plus c'était le devoir du gouvernement de la Puissance d'intervenir par l'exercice du désaveu, ou au moins par l'application, en temps opportun, ferme et ‘oyale du droit d'appel pourvu par la Constitution,
L'AUTONCMIE DES PROVINCES.
Que l'on ne vienne point nous dire : mais la doctrine de l'autonomie des provinces ne permet pour ainsi dire pas au gouvernement de désavouer les lois.
Le gouvernement conservateur lui même a désavoué de nombreuses lois adoptées par la Législature du Manitoba et des autres provinces.
De 1871 à 1887, vingt-deux lois passées par la législature du Man-
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itoba furent désavouées, Nous n'avons pas sous la main l'état des lois désavouées depuis,
En fait, des douzaines de statuts adoptés par les législatures des diverses provinces ont été désavoués depuis 1867. Le livre publié par M. Hodgins, en 1886, intitulé: “Disallowance of Provincial Acts,” devrait être dans les bibliothèques de tous ceux qui veulent étudier à fond les opinions données par les divers ministres de la Justice sur l'exercice du pouvoir du désaveu.