‹ La question des écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 21 sur 84 · CE QU'IL FAUT PENSER DE L'ORDRE EN CONSEIL · texte numérisé non relu

CE QU'IL FAUT PENSER DE L'ORDRE EN CONSEIL

Les naïfs, les bonnes âmes, ceux qui croient encore qu'il peut exister de la bonne foi dans le gouvernement, les aveugles qui refusent d'ouvrir les yeux sur ce qui se passe chaque côté d'eux, ont pris cet Ordre-en-Conseil comme la solution de la question des Ecoles, Ils se sont dit: Les ministres sont décidés à rendre justice à la minorité catholique, les Ecoles séparées vont être rétablies sans retard au Manitoba.

Quelle désillusion attend tout ce monde!

Le 21 mars 1891, il y eut un Ordre-en-Conseil aussi formel, aussi positif que celui du 21 mars 1895. Il s’est écoulé quatre ans entre ces deux Ordres-en-Conseil, quatre ans pendant lesquels les adversaires des écoles séparées et les ennemis des catholiques ont sans cesse gagné du terrain. Nous prédisons que tant que les hommes actuellement au pouvoir n'auront pas fait place à un parti composé d'éléments différents, la minorité catholique continuera à être traitée comme elle l’a été dans le passé.

Ce fameux Ordre-en-Conseil est interprété de bien des façons différentes. Les journaux Tories d'Ontario déclarent à l'unanimité que le devoir du gouvernement est maintenant accompli, qu’il n’y aura aucune législation de présentée, pendant que les journaux conservateurs de Québec prennent une tout autre attitude.

Le 13 mars, quelques jours avant la passation de l'Ordre-en-Conseil, les orangistes d'Ontario réunis en synode à St, Catharines adoptèrent les résolutions suivantes :

‘Qu'il soit résolu que cette Grande Loge—en vue des droits reconnus des provinces, d’après notre pacte fédéral, de contrôler leurs propres affaires locales, et en vue de l'interprétation très claire de ce pouvoir par la mise en vigueur du bill des Jésuites pour lequel la province de Québec est spécialement responsal\ le, — voit avec surprise et alarme l'agitation qui se fait dans cette province à l'effet d'empiéter sur les droits d’une autre province au contrôle de ses propres affaires locales dans cette union fédérale.

“# Qu'il soit résolu aussi que nous approuvons la conduite de la législature du Manitoba en adoptant une loi scolaire non confessionnelle, et que nous lui donnerons, si cela est nécessaire, notre concours pour le maintien: d’un système qui, nous l’espérons, dans les meilleurs intérêts du peuple de notre commune patrie, deviendra bientôt général dans la Puissance.”

tio

lature nimité. | pren- À BAS LA LANGUE FRANÇAISE, | F5 M. Hewitt proposa alors une autre résolution conçue en ces termes : | we ‘ Attendu qu'il est clairement du devoir de tous les citoyens patriotiques Privé. d'aider à promouvoir, par tous les moyens raisonnables, l’unité, la moralité et le développement intellectuel du peuple de la Puissance, il est en conséquence résolu par cette Grande Loge : | ‘Que la continuation de l’usage de deux langues officielles cause un ut EX- grave détriment au développement homogène de cette jeune Puissance, efusent ‘ Qu'il soit de plus déclaré que dans le gouvernement d’un peuple com- Dris cet posé de diverses origines comme l’est le nôtre, ce n'est pas le devoir du gou- , Is se vernement de doter aucune secte ou aucune dénomination par Acte du Par- 1inorité lement du pouvoir d'enseigner les dogmes et les doctrines de leurs églises 1 Mani- respectives, ‘Qu'il soit résolu de plus que nous prenons l'engagement que cette Grande Loge commence une agitation pour obtenir une révision de l’Acte de ' l'Amérique Britannique du Nord, de nature à rendre inconstitutionnel pour el, aussi la Puissance ou aucune autre province de la Confédération, l'usage de toute ntre ces autre langue officielle que la langue anglaise, et que de plus il soit illégal pour rires des la Puissance ou aucune des provinces qui la composent, d'établir ou de mainagné du tenir aucun autre système scolaire qu’un système nat:onal non confessionnel, ment au de manière à ce que les enfants qui grandiront sur cette belle terre du Canada ts diffé- puissent recevoir un instruction qui leur permettra d'exercer avec intelli- Pa A gence leurs droits de citoyenneté.’ s façons VIvE BOwELL.

animité Lord n'y aura Ces deux résolutions avaient été précédées d une résolution de félicita- Y tions à l'adresse de Sir Mackenzie Bowell, au sujet de son élévation au poste onserva- de Premier Ministre et des titres honorifiques qui lui ont été conférés par la Reine. Elle se lit comme suit :

en-Con- ‘ Considérant que depuis la dernière réunion régulière de cette Grande s adoptè- ‘“ Loge Provinciale, ‘un vétéran estimé de l’orde Orangiste dans la personne “du Très Révérend frère Mackenzie Bowell, ancien Grand-Maître et Souvereconnus “rain de la Grande Loge de l'Amérique Britannique du Nord, a été fait s affaires “chevalier par sa Très Gracieuse Majesté la reine Victoria, en reconnaissance a mise en ‘““de ses longs et fidèles services à la couronne dans la Puissance et dans

spécialefait dans e au con-

Après une assez longue discussion, cette résolution fut adoptée à l'una-

“J'Empire ;

“ Et attendu qu'à la suite de la mort du regretté Sir John Thompson, “premier ministre du Canada, Son Excellence le Gouverneur-Général a bien ‘voulu appeler le frère Bowell à prendre la direction des affaires et à former

la législa- ‘ un gouvernement. ia

t que nous Résolu que cette Très Révérende Grande Loge désire offrir à notre frère htier. d’un distingué ses félicitations à l’occasion des grands honneurs qui lui ont été e de notre conférés par notre Gracieuse Souveraine et par son représentant au Canada ;

“Que cette Grand Loge, connaissant intimement les ‘longs services D

#1] ke :

Y - # # * x ? 2 UE 4. AIRES [LUC DCS PR PS DIS EL VENISE Ur EU ENIR S CR EN RE PISTE RER PEAU EEE EE RERTSEUE CRSRRREO" E 0 | :

rendus à cette association,’ dont le point cardinal est la loyauté à la Reine et au pays, ‘ par notre distingué et très digne frère,’ et ayant pleine confiance dans sa capacité, son intégrité et son désir de rendre égale justice à toutes les classes de sujets de Sa Majesté, exprime l'espoir qu'il remplira longtemps la haute position qu’il occupe aujourd'hui et dont il fait l’ornement et que pen-dant son règne la législation de notre pays sera de nature à promouvoir l'har monie, avancer les intérêts et préserver les inviolables droits constitutionnels de tous les canadiens sans distinction dé races,

ITeme. PARTIE.

PROMESSES MINISTÉRIELLES, ÉLECTIONS DE VERCHÈRES, D'ANTIGONISH ET D'HALDIMAND,

Les pages qui précèdent étaient imprimées quand survinrent les élections de Québec-Ouest, Antigonish, Verchères et Haldimand,

La question des écoles n’exerça aucune influence à Québec-Ouest, Elle n’y fut pas traitée.

A Antigonish, Verchères et Haldimand, elle fut pour ainsi dire l'unique terrain ce la bataille, Sir Charles Hibbert Tupper dirigea la lutte à Antigonish. M. Ouimet prit le commandement dans Verchères. Comme on le sait, M. Montaigüe se présentait à Haldimand pour faire ratifier par l’électorat son acceptation du portefeuille de secrétaire d'état dans le Cabinet Bowell.

M. Ouimet, le candidat et les orateurs ministériels à Verchères refusèrent de traiter aucune autre question que celle des écoles. Ils demandaient aux électeurs d'appuyer la politique du gouvernement, qui, disaient-ils avec orgueil, avait résolu de rendre pleine justice à la minorité catholique et de présenter, à la session qui allait bientôt s'ouvrir, une loi remédiatrice basée sur l’ordre en conseil du 19 mars.

Le jour de l'appel nominal, à Verchères, il y eut une nombreuse assemblée, M. Ouimet y porta la parole. La Winerve du 13 avril rapporte en ces termes les déclarations du ministre :

‘6 M. Geoffrion demande quel sera le statut par lequel nous voulons régler la question des écoles. Ce statut contiendra absolument les mêmes termes que la conclusion de l’ordre en conseil, et si M. Geoffrion avait lu cet ordre en conseil, il aurait pu voir que le gouvernement veut être e sera sérieux, Rien ne nous arrêtera dans notre décision,"

. Pour donner plus de force encore aux déclarations de M. Ouimet, le télégramme suivant, signé par le Ministre de la Justice, fut lu, dans la même circonstance :

D SN nd dial Lo Data

, la Reine confiance e à toutes longtemps t que pen-avoir l’har tutionnels

IMAND,

vinrent les imand, bec-Ouest.

ainsi dire er dirigea dans Ver- Taldimand refeuille de

Verchères oles. Ils ernement, justice à la entôt s'ou- )h mars.

nombreuse du 13 avril

ous voulons t les mêmes ion avait lu eut être e

M. Ouimet, fut lu, dans

“M, F, J. BIsAILLON, Verchères, Antigonish, 11 avril 1895.

La perspective ici est tout ce que je pouvais désirer pour ceux qui veulent rendre justice à la minorité de Manitoba, Antigonish se prononcera pour les droits de la justice et pour la cause du bon gouvernement du pays,

Nos amis désirent très ardemment votre succès dans la défense d’une cause qui est la même partout dans les rangs des conservateurs.

( CHARLES HIBBERT ‘SUPPER.”

M. Ouimet, questionné par M. Tarte, prit solennellement Dieu à témoin que la législation remédiatrice, conforme à l’ordre en conseil, serait adoptée durant la session qui allait s'ouvrir.

L'opposition ne pouvait oublier que depuis 1890 le gouvernement avait vécu de promesses violées, de délais, de procédures temporisatrices. Et elle exprimait son manque de confiance dans la sincérité des ministres. Ce fut alors que les ministres français du Cabinet supplièrent Mgr. l’Archevêque de Montréal d'appuyer de son autorité leurs engagements. Mgr. Fabre, convaincu que son

intervention était essentieile, adressa à son clergé la circulaire suivants, datée du 9 avril ;

CIRCULAIRE DE MGR. L'ARCHEVÊQUE DE MONTRÉAL AU CLERGÉ DE SON DIoCÈSE,

Archevéché de Montréal, le 19 avril 1895.

Mes chers collaborateurs,

En vous demandant de garder le silence sur la question des écoles du Manitoba, mon intention est que vous n’en parliez pas du haut de la chaire, Vous êtes libres toutefois, en dehors de là, d'exprimer l'entière satisfaction de l'épiscopat canadien au sujet de la position ferme et courageuse prise dernièrement nar le gouvernement fédéral.

Ce n’est que rendre justice à la bonne volonté de nos législateurs, et les encourager à poursuivre jusqu'au bout l'œuvre si heureusement commenée,

Je demeure bien sincèrement, chers collaborateurs,

Votre tout dévoué en N.-N.,

Evouarp CHs,,

Archevêque de Montréal.

Ce document fut livré à la presse, et distribué à profusion dans le comté de Verchères, en même temps qu’une lettre privée écrite par Mgr. Moreau à M. Ouimet, et que ce dernier rendit publique :—

ST. HYACINTHE, 24 mars 1895.

L'Honorable J. A. Ouimet,

Monsieur le Ministre,

Permettez-moi de venir vous exprimer le vif contentement que j'ai éprouvé en prenant communication de l’ordre en conseil que vous et vos honorables collègues venez de passer en faveur des catholiques de Manitoba. C'est précisément ce que tous les catholiques et les vrais amis du pays attendaient de nos honorables ministres fédéraux. Ils ont rempli la the bien difficile qui leur incombait, avec un esprit de justice, une fermeté an dévouement quai leur attirent l'admiration et la reconnaissance, de tous les amis de l'équité, de l’ordre et de la paix. Que le ciel les comble de bénédictions et leur vienne en aide jusqu’à parfaite victoire sur les injustices qu'ils ont mission de supprimer.

Bien grande a été aussi ma joie en apprenant qu’il y aura session du parlement dans le cours d'avril prochain. La grande question des écoles du Manitoba y sera immanquablement discutée, c'est alors que sera prononcée par nos honorables ministres la sentence de vie ou de mort, Il m'est avis qu'après un acte aussi courageux et aussi noble que celui qu'ils viennent d'effectuer, ils ne peuvent décheoir de leur haute position : car ils ont pour eux tous ceux qui ont le sens de la justice et du droit et le véritable amour du pays, et ceux-ci heureusement sont en bien plus grand nombre que ceux qui se laissent dominer par l'esprit d’injustice et de fanatisme.

Il va s’en dire, monsieur le ministre, que mon digne coedjuteur, Monseigneur Decelles, concourt avec bonheur dans les pensées et les sentiments que je viens de vous exprimer.

Veuillez bien me croire, monsieur le ministre, avec mes vœux bien ardent de succès dans la grande lutte que vous allez soutenir, votre tout dévoué et humble serviteur.

Pi JE Ev. de St. Hyacinthe.

Nous citons ces documents afin de bien faire voir la nature des promesses faites, publiquement et privément, dans la province de Québec, aux catholiques, aux évêques.

Les ministres et leurs partisans tenaient un autre langage dans le comté de Haldimand. Là, ils juraient que le gouvernement ne ferait rien de plus que ce qui avait été fait jusqu'alors, qu’en transmettant au cabinet du Manitoba l’ordre en conseil du 19 mars, il avait simplement accompli un acte d'administration, en obéissance au jugement du Conseil Privé.

Par leurs déclarations aux catholiques, ils obtenaient le concours des évêques!

Par leurs déclarations aux protestants, ils s’assuraient l'appui des orangistes |

sa

\ dans ite par

que j'ai

et vos anitoba. du pays la tfrke té an tous les le béné- 1justices

sion du coles du ononcée est avis viennent ont pour le amour jue ceux

r, Monntiments

eux bien tre tout

ru -inthe.

ture des ince de

age dans

ent ne ansmet- , il avait ance au

concours

Appui des

Page 1