‹ La question des écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 30 sur 84 · OFFRES DE COMPROMIS ULTIMATUM · texte numérisé non relu

OFFRES DE COMPROMIS ULTIMATUM

La majorité évidemment croyait pouvoir régner etgouverner sans l'appui de la province de Québec. La déclaration ministérielle fut lue aux deux chambres lundi, mais dès le lendemain il était évident que le gouvernemen t courait à la défaite, et des offres de compromis furent faites.

M. Robert White et d'autres politiciens anglais furent délégués auprès des démissionaires, et leur offrirent, paraît-il, l'engagement écrit dont il a été question ci-dessus. ‘ Au point où en sont rendues les choses,” répondirent les ministres français, ‘ nous ne pouvons accepter qu'une chose, une garantie parfaite et formelle de ia bonne foi des ministres anglais.”

On a essayé tous les moyens de faire revenir sur leur décision les ministres démissionnaires, on a presque employé les menaces. Ainsi, hier soir, l’émissaite des ministres anglais aurait dit aux ministres français : “ Si vous n'avez pas repris vos portefeuilles d'ici à demain, à trois heures, le gouvernement tout entier résignera.”

“ Qu'ils résignent, si cela leur plaît, nous n'avons aucune concession à faire ; il est trop tard,” fut la réponse qu'ils reçurent.

Comme il a été dit plus haut, sir Mackenzie-Bowell a fait demander les trois ministres français ce matin. Ils se sont rendus chez lui, au Russell, ce qui a donné lieu, mais à tort, à la rumeur qu'ils avaient une entrevue avec le gouverneur-général. Ce qu'on peut savoir de ce qui s’est passé, est que les ministres démissionnaires s’en sont tenus à leur ultimatum, Leur décision première était de prendre leurs sièges au parlement aujourd'hui, et de provoquer un vote direct sur la question des écoles ; mais à la demande de sir Mackenzie Bowell, et pour lui permettre de consulter de nouveau ses collègues, ils ont consenti à remettre la chose à demain ; le gouvernement de son côté s’engageant à ne pas demander que la Chambre se forme en comité des subsides.

En effet, à cette période avancée de la session,le seul moyen de provoquer un vote direct sur la question scolaire est par voie d'amendement à la motion pour que la Chambre se forme en comité des subsides. En conséquence la journée s’est passée sur divers bills du gouvernement, mais le budget n’a pas été touché.

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