POURQUOI L'OPPOSITION NE SERAIT-ELLE PAS LIBRE
En quoi le jugement du Conseil Privé pourrait-il changer les principes définis dans la circulaire du 18 juillet 1872, et obliger plus à un moyen qu'à un autre?
En quoi ce jugement donnerait-il à l'Episcopat la suprématie sur le parlement du Canada ?
En 1872, il y eut trois propositions faites en parlement: une par M. Costigan, concluant au désaveu ; l’autre par M. Chauveau, concluant à l'intervention du parlement impérial par l'amendement de la constitution ; une troisième par M. Colby, priant la législature du Nouveau-Brunswick de rendre justice.
C'est à cette dernière proposition que le gouvernement CONSERVATEUR s'était rallié, Mgr Taschereau et ses collègues déclarèrent qu'entre ces moyens, les législateurs catholiques étaient libres de faire leur choix,
Pourquoi ne serions-nous plus libres aujourd'hui de choisir les moyens qui nous semblent les meilleurs P
Pourquoi serions-nous obligés de nous en tenir au moyen que le Gou- VERNEMENT CONSERVATEUR a adopté ?
Certes, le gouvernement ne s'est guère occupé de l’Episcopat dans le choix de ses moyens, dans le passé.
En 1890, Mgr Taché a demandé le désaveu de loi de la législature du Manitoba.
Le gouvernement n'a point accédé à sa demande.
En 1893, Sa Grandeur a demandé le désaveu des ordonnances des Territoires du Nord-Ouest.
Le gouvernement a passé outre.
En 1894, l’Episcopat a signé et fait signer par tous les catholiques des requêtes demandant le désaveu des lois de 1804.
Le gouvernement n'en a tenu aucun compte.
Il a choisi d’autres moyens.
Il n’a pas été condamné par les Evêques.
Pourquoi l'opposition, dirigée par un catholique, n’aurait-elle pas, elle aussi, la liberté de choisir les moyens qui lui semblent les plus propres à rendre justice aux catholiques sans mettre en danger la paix religieuse du pays ?
Sûrement, le monopole de ia sagesse ne saurait résider dans le gouvernement malhonnête, corrompu, discrédité, pourri, qui a, depuis quelques années, donné au pays le spectacle de toutes les infamies.