MESSIEURS
Nousavons pris en considération le mémoire que vous nous avez adressé le 28 mars courant, contenant vos suggestions pour le règlement de la question scolaire du Manitoba, et nous avons l'honneur de vous soumettre notre réponse.
Nous désirons d’abord référer à l’entente sur laquelle était basée la conférence. Vous vous rappelez que nous avons cru nécessaire, avant de commencer à discuter la question, de stipuler :
10. Que pendant la conférence, le projet de loi réparateur, maintenant devant le parlement, sera suspendu, et qu’on ne procédera aucunement avec cette mesure, pourvu que la conférence ne se prolonge pas au-delà de mardi prochain.
20. Que dans le cas où il y aurait entente pour un règlement, le projet de loi réparateur devait être immédiatement retiré, et l'exécution des conditions de l’entente laissée aux parties. Vous avez accepté ces stipulations sans hésiter, mais malgré cela, et en violation de ces conditions, le projet de loi réparateur a avancé d’un pas devant la Chambre des Communes samedi matin. Bien que nous ne désirons pas prendre avantage de cet abandon des conditions sur lesquelles était basée l'ouverture des négociations, nous croyons qu'ii est de notre devoir de protester contre la conduite du gouvernement dont vous êtes les délégués.
Nous regrettons de ne pouvoir accéder aux propositions que vous nous avez soumises. Une étude attentive révèle le fait qu’elles comportent beaucoup plus qu'elles ne le paraissent au premier abord. Il y a objections générales, c'est-à-dire aux principes que contiennent ces propositions et à la pratique.
Un amendement à l’Acte des écoles, selon les termes du mémoire, diviserait la population, au point de vue de l'instruction, en deux classes : catholique romaine et protestante, donnant à la population catholique romaine des privilèges spéciaux et dist'ncts que n’aurait pas le reste de la population, Ii établirait un système d'écoles séparées pour la population catholique romaine, supporté par l'Etat, et forcerait l'Etat de le maintenir au moyen de taxes scolaires et d’octrois. De plus, toute l’organisation scolaire, les règlemenis relatifs aux livres de classe, la constitution du Bureau de direction, les bureaux des examinateurs et l’école normale seraient tellement modifiés, pour les mettre d'accord avec le principe de la séparation, que ça constituerait un système scolaire qui n'est pas même en usage dans les localités où Ces écoles séparées sont régulièrement établies.