LA QUESTION FINANCIÈRE
40. Les objections au point de vue financier seraient sérieuses. Un
«système d'écoles séparées volontaires, tel qu'il existe dans Ontario, ou tel
que nous avions au Manitoba avant 1890, ne peut être mis en opération que là où les contributions des catholiques romains, ajoutées à l'octroi du gouvernement, seraient suffisantes pour maintenir l’école ; mais d'après le plan proposé, cette idée n'est pas reconnue. Sion trouve le nombre suffisant d'enfants catholiques romains, une école devra être établie et maintenue. Par qui? Par les commissaires des écoles publiques. La cotisation payée par les contribuables catholiques romains ne peut être qu'un dixième du coût de l’école, et le reste du district doit contribuer à son maintien. Comme question de fait, dans la grande majorité des cas, dans les cités, les villes et les villages du Manitoba, les contributions des catholiques-romains ne seraient qu'une fraction du coût du maintien de l’école. En conséquence;
le gros de la dépense serait payé à même le fonds de cotisation des contribuables non-catholiques, et alors l’école serait une charge additionnelle et inutile pour la caisse scolaire, ce qui est déjà, en bien des cas, un lourd fardeau. 1l serait difficile de concevoir une méthode plus indéfendable et plus offensive pour forcer une partie de la population à payer pour l’éducation et l’enseignement religieux de l'autre partie, et à maintenir une école séparée professionnelle opposée à leurs convictions religieuses.
50. Il est clair qu’un tel plan serait impraticable, La population non catholique refuserait continuellement de supporter un fardeau qu'elle considèrerait injuste. Les commissaires élus serait probablement d’accord avec les vues de la majorité, et pourraient refuser de se conformer aux détails du plan. Ilest clair qu’il en résulterait un état de choses des plus malheureux. Nous ne serions pas, croyons nous, justifiables du substituer un tel arrangement à l’état de choses existant. Actuellement dans chaque cité, ville et village de la province, en dehors de Winnipeg et de St. Boniface, les enfants catholiques romains fréquentent les écoles publiques.
Il ne s’est pas élevée une plainte; on est absolument satisfait. Les élèves ont l'avantage d’y être suffisamment instruits, et plusieurs d’entre eux se sont qualifiés pour devenir instituteurs dans les écoles publiques. Nous n’hésitons pas à dire que non seulement ils ne désirent pas être séparés, mais s'ils étaient laissés à eux-mêmes, la population catholique romaine des cités, villes et villages en dehors de Winnipeg et de St. Boniface ne consentirait pas à un changement dans le système actuel.
60. Il serait superflu de dire qu'un tel plan ne cadrerait pas avec l'efficacité des écoles publiques. Cette efficacité dépend surtout de la suffisance des revenus scolaires. Que le revenu soit suffisant, et la population peut compter sur une honne école, sous l’action stimulante du département. La taxe scolaire est actuellement un lourd fardeau, et une des questions de la finance municipale est de savoir combien le peuple peut donner maintenant pour le maintien de ses écoles. Distraire une somme notabledu fonds scolaire, ainsi qu'il serait nécessaire pour le maintien des écoles séparées, aurait pour effet, rien n’est plus certain, de faire baisser généralement le degré d'efficacité des écoles publiques.