‹ La question des eczémasChapitre 26 sur 70 · CEUX QUI NE RANGENT PAS L'ECZÉMA SÉBOEBHÉIQUE D'UNNA DANS LES · texte numérisé non relu

CEUX QUI NE RANGENT PAS L'ECZÉMA SÉBOEBHÉIQUE D'UNNA DANS LES

Neisser, dans son célèbre rapport sur l'eczéma, s'exprime en ces termes : « Sous le nom d'eczéma nous entendons une maladie cliniquement et anatomiquement bien caractérisée, survenant d'une manière aiguë, devenant en général chronique, qui se manifeste avec les caractères typiques d'un catarrhe humide, inflammatoire, desquamatif, plus ou moins aigu. Suivant la cause, la durée de l'action nocive, suivant la nature de la région de la peau atteinte, on verra varier l'intensité du processus, ainsi que la durée de l'affection.

« Les symptômes typiques sont : une inflammation et une altération épithéliale s' accompagnant de transsudation. Dans le décours normal, ces symptômes ne font pas défaut, à moins que ce décours ne soit arrêté par des circonstances ayant une action tout à fait spéciale ou que la cause excitante n'ait agi dès le début trop peu de temps ou trop faiblement, de sorte que l'humidité, la tuméfaction considérable, le « catarrhe » intense, ne se manifestent pas. Mais ce sont là des formes abortives que l'auteur range naturellement dans les « eczémas » de Unna, qui, même quand ils persistent longtemps, ne présentent jamais les formes typiques de vésiculation, de surface rouge humide et finalement de desquamation. »

Remarques. — La définition de Neisser paraît acceptable au premier abord ; elle repose sur l'aspect clinique, et surtout sur l'anatomie pathologique (inflammation superficielle, avec hyperhémie séreuse et exsudation abondante, évoluant surtout dans le corps papillaire et les couches supérieures du derme) : il en fait un catarrhe épithélial desquamatif. Cependant elle manque de précision, reste dans le vague au point de vue objectif, et admet dans le tableau clinique les formes sèches, non exsudatives, formes avortées pour l'auteur, grâce auxquelles on entre à pleines voiles dans la voie des généralisations.

Tommasoli (1) déclare que pour lui il existe une entité morbide nettement définie : 1° Au point de vue morphologique et clinique, elle est constituée par une lésion superficielle de la peau caractérisée par de la rougeur plus ou moins intense avec infiltration plus ou moins accentuée, disposée en taches plus ou moins considérables. Cette lésion est d'ordinaire précédée et accompagnée de dermo-dysesthésie plus ou moins intense (telle que prurit, fourmillements, picotements, douleur, chaleur) ; elle a une durée constamment chronique, avec une marche d'ordinaire capricieuse, tantôt sans discontinuité, tantôl avec rémittences, tantôt avec intermittences, avec des récidives faciles, surtout en rapport avec les saisons, et finissant constamment, à moins de complications qui en changent la physionomie, par une lente desquamation ; — 2° Au point de vue histologique, c'est une épi-

(1) Prof. Pierleone Tommasoli. Sulle dermatite pruriginose multiformi : studio clinico, istologico e critico. Giornale Italiano délie mallattie veneree e délia pelle, 1893, fasc. II, p. 211.

dermite vulgaire avec prédominance parfois du type de la siérodermite (dermite avec exsudation de sérosité) et parfois du type de la kératoderinite ; — 3° Au point de vue étiologique, elle est toujours produite ou maintenue par des causes d'origine interne, mais les causes d'origine externe peuvent aussi intervenir pour provoquer des poussées d'intensité et de durée variables . »

A cette entité morbide nettement définie, Tommasoli reconnaît trois caractéristiques essentiellement bien déterminées, qui sont : 1° la disposition en plaques plus ou moins grandes ; 2° son évolution constamment chronique et d'ordinaire capricieuse ; 3° son origine constante par des conditions morbides internes sans lesquelles les agents externes ne seraient pas suffisants pour en provoquer l'apparition.

C'est cette entité morbide que Tommasoli appelle eczéma.

Il en admet deux formes pures, ou deux types principaux : la forme humide et la forme sèche. La forme humide n'est autre chose que l'eczéma type de Willan, Batemanet Bazin ; la forme sèche se rapporte aux lichens des anciens auteurs : ces deux formes peuvent se combiner ou se succéder chez le même individu.

Remarques. — C'est en vain que nous cherchons ici une caractéristique clinique, ou histologique ou étiologique précise. L'éminent professeur de Palerme n'en donne aucune, et il s'en tient au fond presque à la conception de Neisser, bien qu'il soit beaucoup plus partisan que lui de l'origine interne de l'eczéma.

Eadcliffe Crocker (1) définit l'eczéma ce une inflammation catarrhale aiguë ou chronique, qui s'accompagne d'un prurit intense, d'un grand polymorphisme des lésions, c'est-à-dire érythème, papules, vésicules, pustules, squames, croûtes, etc.. tandis qu'un écoulement continuel de sérosité ou de pus est généralement présent à un moment quelconque de son évolution ».

Il décrit à part Fimpétigo, et l'eczéma séborrhéique sous le nom de seborrhœlc dermatitis ; mais il fait du lichen simplex circumscriptus un eczéma papuleux.

Jamieson (2) ne donne pas de définition nette de l'eczéma ; il partage à peu près sur ce point les idées de Radcliffe Crocker.

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