‹ La question des eczémasChapitre 27 sur 70 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

LES WILLANISTES

M. le Dr Gaucher (3) déclare qu'il faut distraire de l'eczéma, tel qu'il a été compris par E. Wilson, la dysidrose, l'impétigo, les éruptions artificielles; le lichen simplex et le pityriasis simplex sont pour lui des formes tout à fait voisines de l'eczéma; il faut cependant les décrire à part et tout à côté de lui, car leur lésion élémentaire n'est pas la même que celle de l'eczéma, mais ce sont des affections de même nature, de même origine, et qui se développent souvent chez les mêmes sujets. M. le Dr Gaucher prend pour caractéristique de l'eczéma la tuméfaction de la peau, la vésiculation, le suintement transparent et visqueux, la formation consécutive

(1) Loc. cit., 1893.

(2) W. A. Jamieson. Diseases of tlw skin, 1889.

(3) E. Gaucher. Leçons sur les maladies de la peau, t. I, 1895, p. 174.

de croûtes et de squames, enfin l'épaississement et la sclérose du derme que l'on observe dans l'eczéma chronique.

E. Vidal et L. Brocq, son élève, définissent les eczémas :

« Des dermatoses d'origine en apparence spontanée ou développées à la suite d'une cause occasionnelle à elle seule insuffisante pour déterminer l'éruption, et objectivement caractérisées par de la dermite plus ou moins accentuée, c'est-à-dire par de la rougeur, de l'innlrtation du derme, parfois par de la vésiculation et de l'exhalation d'un liquide séreux empesant le linge, enfin par de la desquamation de l'épiderme. »

Ils déclarent ne pas comprendre dans ce groupe : 1° les lésions cutanées d'apparence eczémateuse causées par des irritants divers ; 2° les éruptions causées par des parasites connus; 3° l'impétigo et l'ecthyma; 4o la dysidrose ; 5° les lichens des anciens auteurs français.

Remarques. — La préoccupation des deux auteurs français qui ont donné cette définition est évidente : ils ont voulu éliminer de leur cadre les éruptions vésiculeuses d'origine artificielle, et serrer de près le tableau clinique de l'eczéma de manière à en restreindre le plus possible le cadre, et à en préciser la signification.

En 1891, E. Besnier et A. Doyon (1) déclarent fort nettement que, compris comme il l'est à l'heure actuelle par la plupart des auteurs, le terme d'« eczéma » devient un comble de banalité et arrive à occuper la place qu'avait autrefois en médecine et que conserve dans le vulgaire le mot de « dartre ».

« En attendant, il faut déclarer clairement que ce que l'on appelle aujourd'hui eczéma est tantôt une lésion irritative simple d'origine banale, tantôt un état pathologique constitué évoluant à la faveur des conditions individuelles, mais provoqué et entretenu par des éléments extrinsèques, parasitaires, etc., tantôt enfin une maladie proprement dite, liée à des conditions morbides intrinsèques. »

Remarques. — C1est devant les difficultés réellement considérables qu'il trouvait à établir une maladie vraiment bien définie, qui fût digne du nom d' « eczéma » que M. le Dr E. Besnier a imaginé sa conception de l'eczématisation que nous avons étudiée plus haut avec quelques détails.

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