‹ La question des eczémasChapitre 45 sur 70 · CINQUIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE

CEUX QUI FONT DE l'eCZEMA UN MODE DE RÉACTION DE LA PEAU SOUS L'iNFLUENCE

d'irritants LOCAUX

Nous rangeons dans ce groupe des auteurs qui partent des idées de Hebra, qui soutiennent avec lui que l'eczéma est une affection locale, reconnaissant surtout pour cause première des irritations d'origine externe, et qui tentent d'en donner une explication théorique.

Nous avons déjà vu (chapitre de l'eczématisation) que pour Tôrôk. l'eczéma n'est plus qu'un mode spécial de réaction de la peau sous l'influence d'irritations externes de diverses natures. Nous renvoyons à l'analyse que nous avons déjà donnée de son travail afin de ne pas nous exposer à des répétitions inutiles.

Le Dr Leslie Roberts (3) a fait paraître en 1899 un article à allures très scientifiques dans lequel il applique la théorie du métabolisme de Hering aux réactions de l'épiderme sous l'influence des irritations les plus diverses. Il ne croit pas que l'on puisse considérer l'eczéma comme une entité morbide ; il est évident, d'après lui, qu'il ne dépend pas de la pénétration dans la peau d'un agent irritant bien défini.

(1) Wast ist eczem? 1892, Halle.

(2) Algunas consideraciones acerca de las dermatites medicamentosas. Buenos- Ayres, 1891, p. 557. Anales delà Asistencia puhlica.

(3) Leslie Roberts. A contribution to the study of eczéma. British Journal of Dermat., janvier-février 1899.

Le caractère essentiel de l'eczéma est que ses phénomènes sonl l'expression d'une réaction simple non différenciée du mésoderme aux irritants situés dans l'épithélium, ce qui conduit à certaines altérations temporaires dans la nature des cellules épithéliales. Mais tous les irritants de l'épithélium ne provoquent pas de l'eczéma. Il faudrait déterminer si le stimulus externe adventice est unique et spécifique ou multiple et multiforme ; or, toute l'histoire clinique de l'eczéma est en faveur de cette dernière hypothèse.

Les arguments que l'on a donnés en faveur du rôle pathogène du morocoque de Unna ne sont pas convaincants, mais on ne peut pas non plus l'écarter d'une manière définitive.

L'auteur appelle toutes les causes de l'eczéma des epithelial stimuli. C'est un terme, dit-il, strictement physiologique et scientifique, et, en son esprit, il a tout à fait remplacé les termes de diathèse, trouble constitutionnel, faiblesse, goutte, rhumatisme, et autres, qui déguisent notre ignorance. Il regarde chaque cas d'eczéma comme un exemple de epithelium overstimulated. Il croit que les stimuli qui aboutissent à l'eczéma agissent rarement seuls, mais associés à d'autres stimuli. C'est ainsi que le soleil agit rarement par sa seule influence : il faut pour qu'il exerce son action nocive qu'il s'y ajoute ou de la cyanose, ou de la surstimulation nerveuse, etc. . .

Remarques. — Au fond, la théorie du Dr Leslie Roberts se rapproche singulièrement de celle du Dr Tôrôk ; comme lui il range toutes les dermatites artificielles eczématiformes dans les eczémas.

Il ne veut plus d'hypothèses, dit-il, ni de mots qui cachent notre ignorance. Hélas! que signifient donc les epithelial stimuli, capables de développer la lésion eczémateuse avec association de stimulus of overstimulated nerves? Mots nouveaux encore! idées anciennes, si l'on va au fond des choses !

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