‹ La question des eczémasChapitre 9 sur 70 · LES TRAVAUX MODERNES · texte numérisé non relu

LES TRAVAUX MODERNES

Vue d'ensemble. — Nous retrouvons dans cette deuxième époque les deux tendances générales que nous venons de signaler chez les dermatologistes anciens.

L'école allemande avec ses nombreuses ramifications en Italie, en Angleterre, en Amérique, continue les traditions de F. Hebra, et range dans un même groupe morbide les eczémas vrais, les lichens vrais des anciens auteurs, les éruptions artificielles à aspect objectif vésiculeux.

Un de ses plus célèbres représentants, Unna, reprend les idées d'E. Wilson sur les dermatoses eczémateuses, les précise et émet sa conception de l'eczéma séborrhéique. Pour la défendre, il bouleverse l'eczéma ancien, et donne comme critériums définitifs de toute la série des éruptions eczémateuses : 1° un critérium anatomique : la parakératose ; 2° un critérium étiologique : le morocoque.

D'autre part, l'école française, à la suite d'E. Vidal et d'E. Besnier, tente toute une série de travaux pour essayer de préciser dans les dermatoses eczémateuses des entités morbides bien définies. Sous cette impulsion, on arrive peu à peu à dégager du groupe des eczé-

mas tel que l'avaient conçu Hardy, F. Hebra, E. Wilson, les dermatoses suivantes :

1° Les eczémas séborrhéiques ;

2° Les folliculites, les impétigos, les ecthymas, toutes affections causées par des microbes qui commencent à être entrevus à l'heure actuelle (1) ;

3° La dysidrose ;

4° Les éruptions artificielles vésiculeuses ;

5° Les lichens des anciens auteurs.

Toutes ces recherches sont extrêmement multiples et touffues. Rien n'est plus difficile que d'exposer d'une manière méthodique ces questions qui s'enchevêtrent et se pénètrent réciproquement.

Le but de la première partie de ce travail est de tâcher de préciser ce que Von doit comprendre sous le nom d'eczéma. Pour y arriver nous pouvons suivre deux plans. Le premier consiste à essayer de déterminer une caractéristique quelconque de ce que l'on doit appeler l'eczéma, puis, après l'avoir précisée, de discuter si oui ou non les dermatoses dont l'adjonction aux eczémas reste en litige doivent entrer dans ce groupe. Ce serait de beaucoup la ligne de conduite la plus logique. Malheureusement nous ne pouvons guère rechercher quel peut être le critérium de l'eczéma avant de connaître à fond tous les termes du problème.

Nous adopterons donc le deuxième plan, de beaucoup le plus terre à terre, mais le plus sûr, qui consiste: 1° dans une première section, à étudier toutes les dermatoses en litige, les travaux qui ont paru sur elles dans ces derniers temps, et à discuter les opinions que l'on a émises sur elles ; 2° dans une deuxième section, à exposer la conception de l'eczéma telle qu'elle est synthétisée dans les auteurs modernes ; 3° puis nous tâcherons de préciser, toutes pièces en main, ce que l'on doit actuellement comprendre sous ce nom; c'est ce troisième point qui fera l'objet du Livre II de ce travail.

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