‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 106 sur 176 · Arch. nat., W547, n · texte numérisé non relu

Arch. nat., W547, n

2. Ti88ol, Réponte à Lai\iwinaii, dans le Journal des hommes Wnres du 19 niTÔBe an IV.

LE CONTENTIOirifEL GOUYOU. 269

barre. Au seul nom de Goujon, la Convention leur refusa l'entrée, et les renvoya, pour la forme, au Comité de Sûreté générale^. Elles s'en furent à la maison, désespérées.

Les huit accusés passèrent la matinée à écrire. Goujon acheva de rédiger sa défense, dont il avait fait remettre un abrégé au tribunal, et qu'il voulait laisser complète après lui'. Duquesnoy rédigea la sienne, en y joignant une lettre pour sa femme'. Â midi, la garde vint les prendre, et ils parurent pour la dernière fois devant leurs juges. Ils se tenaient debout en £ace du tribunal, entourés par douze grenadiers^. Goujon les dépassait tous de la tête^; ses cheveux blonds flottaient sur ses épaules, et il avait soigné sa toilette pour aller à la mort. Sous son habit de représentant du peuple, en drap bleu à boutons jaunes d'uniforme, il portait un gilet de basin blanc moucheté, et, sur la tête, un chapeau à trois cornes, à la mode de l'ancieu r^me^.

Rouhière, imposant dans son habit rouge, se leva et donna lecture, au milieu d'un profond silence, du jugement de la Com* mission''. Romme, Duquesnoy, Du Roy, Bourbotte, Soubrany et Goujon, « attendu qu'ils se sont montrés les auteurs, fauteurs et complices des désastreux événements qui ont eu lieu dans la journée du 1^' prairial, qu'ils ont conspiré contre la République, provoqué la dissolution de la Convention nationale et l'assassinat de ses membres, entrepris, par tous les moyens, d'organiser la révolte et la guerre civile et ressusciter tous les excès, toutes les horreurs de la tyrannie qui ont {sic) précédé le 9 thermidor », étaient condamnés à la peine de mort; Peyssard à la déportation, « attendu qu'il n'a pas déployé le même caractère de rébellion > . Forestier, faute de preuves positives € qu'il eût pris une part active aux événements du 1®^ prairial », n'était pas condamné, mais resterait néanmoms en prison, à la disposition du Comité de Sûreté générale, « comme prévenu de faits antérieurs au 12 germinal et au 1*' prairial ». U n'y eut ni applaudissements ni murmures. Goujon s'approcha du bureau, y déposa son portefeuille,

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