‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 107 sur 176 · Voy. le texte dans la réimpr. du Moniteur^ t. XXV, p · texte numérisé non relu

Voy. le texte dans la réimpr. du Moniteur^ t. XXV, p

270 B. GUTOT ET F. THBNiRD.

le portrait de Lise et le manuscrit de sa Défense. € Pour ma femme », dit-il simplement. Il déposa encore une petite montre en argent que Bourbotte venait de lui faire passer. Puis il regagna sa place au milieu des soldats. Soubrany déposa son portefevlfe ei 1»013 livres en assignats pour son domestique ^ DuquesDOjr rettit une enveloppe au président et dit : « Je vous charge de cette lettre. Elle contient mes adieux à ma femme et à mes amis. Je désire que xoaa sang soit le dernier sang innocent qui coule. Puisse-t-Û consolider la République! Vive la Elépublique'! » Sur un ordre du tribunal, le& oondamnés sortirent de la salle. Ils descendaient l'escalier qui conduit au rez-de-chaussée, lorsqu'on entendit la voix de Bourbotte : « Yous allez voir comme un homme de cœur sait mourir 1 » ATinstant même, Goujon, sortant le couteau qu'il tenait caché, s'en frappait au coBur et tombait, la bouche crispée, sans une plainte. Bomme, arrachant l'arme de la plaie, s'en frappait à son tour de plusieurs coups à la poitrine, s'en labourait le cou et le visage; il tombait aussi, couvert de sang, méconnaissable. Duquesnoy n'avait qu'une lame de ciseaux^; il se l'enfonça tout entière dans le cœur. Bourbotte cachait un autre couteau; il s'en porta un coup, puis le tendit à Soubrany, quiât de même. Du Roy n'eut pas le temps de se frapper à mort; il n'était que blessé quand on lui arracha l'arme, qu'il avait prise des mains de Soubrany. On les emporta dans la salle basse. Un officier de gendarmerie, affolé, courut avertir le président : il tenait à la main le couteau de Bourbotte. Un autre entra l'instant d'après, portant le second couteau, celui de Goujon, et les ciseaux dont s'était frappé Duquesnoy^. Capitain donna sur-le-champ l'ordre d'arrêter le commandant du corps de garde, qui avait négligé de fouiller les condamnés; ensuite, il fit chercher un officier de santé. On n'en découvrit un qu'à grand'peine. Il s'appelait Marmouget et demeurait rue neuve du Luxembourg. En arrivant, il trouva Romme, Goujon et Duquesnoy déjà

1. La Commissioa militaire aa Comité de Sûreté générale, f' messidor (Arch. nat, W54S, reg. de correspondance). Les détails donnés sur cette scène par les Joamaux ne paraissent pas tons exacts. Nous ne donnons que ceax sur lesquels les Journaux s'accordent entre eux et avec les pièces originales.

2. Moniiewr, récit de Jonrdan, déjà dlé. Journal de Paris, n* 279 du 30 prairial.

3. Les fossoyeurs retrouTèrent Fautre cachée dans la semelle de son soulier. Procès-verbal du commissaire de police de la section de la place Vend6me| 30 prairial (Arcb. nat., W547, no 140).

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