GHOISBUL ET L ALLIANCE ESPAGNOLE
départ du ministre anglais^ ». M. Wall, on s'en souvient, avait adressé à l'ambassadeur britannique à Madrid un mémoire pour a£Srmer que la remise de celui de Bussy à Londres avait été faite d'accord avec l'Espagne. M. Pitt aurait minuté une réplique qui contenait en substance que « l'Angleterre étant informée que le roi catholique avait fait un traité avec la France, ce prince eût à remettre au ministère britannique une copie de ce traité afin qu'il pût se déterminer, avec connaissance de cause, sur le parti à prendre ».
On serait assez disposé à croire, en voyant le ton rogue et hautain de ces mots, qu'ils répondaient bien à la pensée comme à la forme ou plutôt à l'absence de formes de l'homme d'État anglais. M. de Fuentàs prétend que, cette réponse ayant été entièrement désapprouvée par les collègues de Pitt, celui-ci, piqué, donna sa démission. L'explication n'a rien d'impossible.
En tous cas, la France et l'Espagne se trouvaient débarrassées d'un adversaire implacable, et cet événement ne pouvait que leur causer une véritable satisfaction. M. Wall s'était même flatté, dans le premier moment^ que cette retraite faciliterait une pacification générale. Choiseul avait une vue plus juste de la situation en n'escomptant que pour l'avenir le changement survenu à Londres. Le secrétaire d'État espagnol dut vite reconnaître que Charles III partageait le sentiment du ministre français et qu'il fallait, sans se laisser arrêter par un espoir prématuré de conciliation, continuer les préparatifs militaires. Us amèneraient plus sûrement la paix que ne le feraient des négociations nouvelles avec la cour de Londres.
Poursuivre les armements paraissait beaucoup à Madrid. Il semblait à Versailles que c'était encore bien peu. Aussi, en apprenant que Charles III ne croyait pas pouvoir déclarer la guerre à l'Angleterre avant la date fixée par la convention secrète, Choiseul ne pouvait-il pas s'empêcher d'écrire à d'Ossun : « Dieu veuille que d'ici au 1"' mai il ne se rencontre pas de nouveaux obstacles à la déclaration. » Puis il ajoutait ce trait, qui ne manque pas de saveur :
J'ai gagé un cheval avec H. de Grimaldi que ce qui arrive arrive-