‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 114 sur 176 · Thnreau-Dangin, loc. cit., p. 29 et suiy · texte numérisé non relu

Thnreau-Dangin, loc. cit., p. 29 et suiy

5. Dans les usages primitifs de beaucoup de peuples, la terre est ouverte pour boire le sang des Tictimes ou celui même des cojureurs. Voyez, par exemple, la Saga Scandinave que j'ai citée dans mes Origines de Vancienne France, U II, p. 439, et les vieux rites des Romains pour l'abornement des cbamps : c Gum enim termines disponerent ipsos quidem lapides in solidam ierram coUocabant, proximè ea ioca quibus fossis factis defixuri eos erant, nnguento velaminibusque et coronis eos coronabant : in fouis antem... saerifteio facto, etc. » (Sicalus Flaccns, J>e eondit. agror.).

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imprécations sont lancées^ dont l'eSel sera fatal, ioéluctable, par lesquelles le dieu lui-même sera lié. Son grand filet, son arme de jet s'abattra magiquement sur les violateurs ou les parjures, comme Pépervier sur le poisson * .

Ces rites sont renouvelés à plusieurs reprises à l'adresse de toute une série de dieux, groupés, associés pour la protection des limites, comme on les figurera plus tard sur les koudourrous, mais, au lieu d'armes très diverses, nous n^en trouvons ici qu'une seule : c^est toujours le grand filet vengeur ^.

Dans une inscription un peu postérieure, celle du cône d'Entemena, Teffet suit la menace. Les gens de Giâ-hu ont violé la parole, encouru Panathème, ils ont renversé la stèle consacrée, franchi la limite des champs^ et aussitôt s^abat sur eux le grand filet et les anéantit', puis les rites sont accomplis à nouveau et de nouvelles malédictions

Ainsi s^est associée étroitement dans l'imagination chaldéenne la vertu magique de la parole avec Tidée d'un filet que manie celui qui la prononce et où se prend celui qui la viole'. L'image frappa les esprits et, par une terreur salutaire, inculqua le respect du serment, protecteur de la borne*, protecteur des champs. Elle s'implanta tant

1. c Sor 168 hommes de 6iô-hu, moi Eannataro) le grand filet d'Enlil, j'ai jeté; j'ai prononcé nn serment; les hommes de Giâ-hu à Eannatam ont prononcé nn serment; an nom d'Enlil, dn roi du ciel et de la terre, dans le champ de Ningirsa... et nn fossé jusqu'aux eaux souterraines fut creusé {lacune). Qui parmi les hommes de Giâ-hu reyiendra sur cette parole et dans nn jour à Tenir contestera, si un Jour cette parole ils altèrent, que le grand filet d^Enlél par qui Us ont prononcé un serment Giâ-hu abatte! » (Thureau-Dangin, Imcr,, p. 29-31).

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