‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 115 sur 176 · Thnrean-Dangin, Inscr,, p. 35 et suiv · texte numérisé non relu

Thnrean-Dangin, Inscr,, p. 35 et suiv

3. « A la parole droite de Ningirsu, guerrier d'Enlil, le grand filet (di?iii) abattit ; des tells (funéraires) dans la plaine furent établis » (p. 65).

4. « Qu'Enlil les anéantisse, que de Ningirsn le grand filet le» abatte • (p. 69).

5. L'image est extrêmement fréquente. On en trouvera un exemple dans un fragment d'hymne à Marduk, cité par Maspero au t. I de sa belle Bisteire €mclenne de V Orient (p. 644) : c Quand la puissance se manifeste qui s'y sonstrait. — Ta parole est un filet souverain que tu déploies au ciel et sur la terre; — il s'abat sur la mer et la mer se retire; ~ il s'abat sur la plaine et les champs mènent grand deuil. • — Ce qui me frappe le plus, c'est que, dans les plus antiques mythes de Babylone, dont les fameuses tablettes de la création nous ont conservé une rédaction qui paraît contemporaine de HammourabI, Tarrae principale avec laquelle Marduk triomphe de Tiamat n'est autre que le filet (saparu =» iétu). (Voyez Tabl. IV, 41, 95, 112, etc.; Wlnckler, Kemnichriflt. Texiuch, Leipzig, 1903. p. 119-120.)

6. La borne même est appelée c filet i [sapant), « filet dont on ne sort pas.

LB GOOB DE HAMMOURiBI. 284

et si bien que nous la retrouvons chez les Juifs^ et peut-être même chez les Grecs.

Chacun sait que le dieu qui, chez eux, présidait au serment était Horcos, fils d'Éris, fils de la discorde, qui, à certains jours, mettait les furies en mouvement contre les parjures. Son nom a servi, dès lors, à désigner le serment. Haiss'est-on enquis suffisamment de sa véritable origine? Les Grecs la rapportaient à la racine §px, enfermer, d'où Spxoç, barrière, clôture, enceinte, et Tépithète d^ipxecoç, donnée à Zeus, protecteur de l'enclos domestique. Et récemment M. Glotz en concluait que le serment (Spxoç) était, dans son sens originaire, une « barrière » morale opposée à la liberté des paroles et des actions humaines^. Est-ce bien sûr? ^'Epx a dû signifier enfermer, envelopper avant de signifier enclore*, et gpxoç veut précisément dire fUety filet pour prendre les bêtes fauves ou les oiseaux^ filet pour prendre les poissons. 'OçfMç ne serait-il donc pas à Torigine le filet magique où le dieu enlaçait le parjure; arme de jet primitive, propre à saisir simultanément tous ceux qui étaient liés par le serment collectif ou la solidarité familiale. M. Glotz lui-même a parfaitement montré dans sa remarquable étude que le serment constituait une opération magique accomplie sur des pierres sacrées^, et il n^est pas douteux que le filet tient une place extrêmement importante dans la mythologie grecque. Gomme chez les Ghaldéens, il est en connexité avec la protection religieuse de la propriété, avec le caractère sacré des pierres, avec la religion du serment'.

Les Ghaldéens, quand la terreur religieuse du serment et la vénération de la pierre et de récriture sacrées se furent affaiblies, y suppléèrent par des représentations figurées et des Imprécations magiques propres à animer ces figures et à mettre en branle les armes dont

dressé contre le mal i, dans les textes magiques (texte dans Fossey, la Magie asiyriennCi p. 278-279).

Page 1