‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 117 sur 176 · Kud. de Meliâihu, p · texte numérisé non relu

Kud. de Meliâihu, p

tribut et cela quelle que soit leur qualité, simple cultivateur ou ouvrier (kâttinu)^ ancien (aéib) ou conseiller du village'.

L'Immunité englobait donc la juridiction, donnait naissance à une justice privée, puisque les fonctionnaires étrangers ne pouvaient pénétrer sur le domaine, et qu'en fait, comme je le prouverai ailleurs, c'était dans les temples, par les prêtres du dieu local et avec le concours des anciens de la localité, que la justice était rendue.

Comme dans nos chartes dMmmunité^ le souverain qui établit la franchise la garantit contre lui-même et contre ses successeurs, contre ses propres agents ou ofBciers aussi bien que contre les fonctionnaires seigneuriaux, la seigneurie ici étant représentée par le dan ou la tribu.

Nos sauvetés du moyen âge étaient gardées par des croix ou par des bornes qui portaient le nom du saint ou son image, son monogramme ou son emblème (crosse, etc.). Les sauvetés chaldéennes le sont par les koudourrous, où sont inscrits les noms, sculptés les emblèmes et les armes des dieux protecteurs, parfois aussi la figure sous laquelle on se représentait la divinité elle-même. Et dans les croyances populaires il n'est pas douteux que la similitude allât plus loin. Chez nous, c^est la statue du saint qui opère directement des miracles, c'est elle que le solliciteur prend à partie, jusqu'à Taccabler d'injures et la rouer de coups quand son vœu n'est pas exaucé'. Chez les Ghaldéens, où la magie et la religion sont inséparables, il en est ainsi à plus forte raison'*.

La présence de toutes les divinités qu'on redoute le plus est attestée, réalisée par leurs images sculptées. Il sufQra alors de les conjurer une fois pour toutes par les formules imprécatoires inscrites sur la pierre même, — faisant corps avec elle, bien plus, faisant corps

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