BiH. de l'École des chartes, t. LIV, p
2. On ne comprend ? raiment pas que B. Siinson ait pu avoir lldée de l'identifier avec lui.
3. If. Fonmier vent préciser et propose (p. 80-81) de placer la fabrication de la fausse bulle en 850, époque i laquelle Nomlooé occupa le Mans, c On comprend l'angoisse où se trouva l'évéque, partisan dévoué du roi franc, membre considérable de l'église franque et suffragant Important du métropo- Utain de Tours. Il dut s'imaginer que le conquérant se proposait de le traiter comme les évéques de Bretagne qui lui avaient déplu, c'est-à-dire de l'accuser et de le déposer. Or, on savait alors au Mans, par l'œuvre connue sous le nom de Gesia Aldriei, qu'AIdric avait été fort apprécié du pape Grégoire IV. L'idée se présenta sans doute naturellement i un partisan d'AIdric d'imaginer la fausse bulle et de la placer sous le nom de Gr^oire IV. » Ici encore, J'ai le regret de constater que l'auteur se montre plus juriste qu'historien. Rien de plus invraisemblable que de supposer que Nominoé, qui brûlait sans pitié églises et monastères, se serait laissé arrêter par un morceau de parchemin. Les préoccupations prêtées à Aldric n'ont, d'ailleurs, aucune probabilité. Nominoé fit une razgia dans le Maine, rien de plus. Lui-même savait fort bien qu'il ne pourrait étendre si loin ses conquêtes et garder le Mans.
péremptoire » (p. 72). M. Fournier conclut Judicieusement (p. 74-75 et p. 77) que l'auteur de la fausse bulle (et aussi celui du Memoriak) <c travaillait dans Tatelier où se préparait la grande falsiflcalion d'Isidore; il s'est servi pour sa construction des pierres qu'on y taillait aussi bien que des procédés qui y étaient usités ». Je serai même plus catégorique et je dirai sans hésitation que la fausse bulle et le Memoriale sont à coup sûr de pseudo-Isidore. Ils révèlent un premier stade de son entreprise : il ne fabrique pas encore de Fausses Décrétales* , mais il se fait la main. C'est peut-être même le succès de ces textes qui lui a donné l'audace de forger de toutes pièces des décrétâtes au lieu de se borner à composer des centons.
Ces faux n'émanent pas d'Aldric lui-même. Son style, que nous connaissons par son autobiographie, Gesta Aldrici^, diffère profondément de celui de pseudo-Isidore. Us n'émanent pas davantage de son entourage. Comment admettre qu'un clerc manceau, écrivant du vivant de l'évêque, puisse composer une bulle où l'on reconnaît que tous les torts n'étaient pas du côté des adversaires d'Aldric'. Gomment l'auteur des Actus^ partisan du prélat et son contemporain, pourrait-il insérer cet acte dans son œuvre si elle avait été composée au Mans? Comment pourrait-il surtout utiliser le pseudo-Indare en croyant à son authenticité s'il s'agit d'une composition forgée au Mans? Impossible qu'il ne fût pas au courant s'il y avait eu dans la ville ou près de la ville un atelier de faux de cette importance. Gela est d'autant moins admissible que l'auteur des Aetus a utilisé, et sans doute composé lui-même, quantité de diplômes faux des rois firancs en faveur de l'église du Mans. II y aurait eu nécessairement deux ateliers de faussaires au Mans, et l'un d'eux, celui des êlux diplômes, aurait ignoré l'autre, celui des Fausses Décrétales. Se peut-il rien concevoir de plus invraisemblable!
Ce n'est pas tout. Le but principal de pseudo-Isidore c'est d'établir ou de restaurer l'autorité de l'évêque. Au milieu du ix' siècle, l'évêque a deux ennemis : le laïque, roi ou comte, qui s'ingère dans les élections, s'empare des biens de l'Église et prétend déposer le prélat à tort et à travers; le métropolitain qui, depuis les réformes de Gbarlemagne, a pris une importance considérable et veut faire de ses suffragants de simples subordonnés. M. Fournier passe rapidement (p. 48) sur ce dernier adversaire. Tout le monde a été frappé cepen-