Voir Rev, hUt., t. XCIII, p. 379; t. XCIV, p
2. Growih and structure of the englith language, Leipzig, Teabner, 1905, 260 p.
3. Tke orlgin of the englUh nation, Cambridge, at tbe University press, 1907, vi-351 p.
données fournies soit par les anciens chroniqueurs, soit par les lin* guisles et les archéologues modernes, qu'il s'agisse du yi^ siècle, ou du 17*, ou de répoque de la Germanie décrite par Tacite. Cette erreur a produit un livre sans unité, qu'on parcourt avec un intérêt décroissant et qu'on ferme avec un sentiment de déception. Une idée générale s'en dégage cependant : c'est que chez ces peuples germaniques, auxquels l'ancienne école attribuait Thonneur d'avoir préparé la liberté politique par le régime parlementaire, il n'y a, dès le début et pendant de longs siècles, aucune trace d'assemblée nationale; le roi gouverne avec sa cour, que composent les grands chargés par lui des services publics et le petit groupe de guerriers attachés à sa personne. Dans la société, il n^y a qu^une force agissante, la relation d'homme à homme. Le problème est intéressant, discuté avec science et pénétration. On remarquera encore l'heureux parti que H. Ghadwick tire de la littérature anglo-saxonne antérieure aux lois et aux chroniques, les utiles rapprochements qu'il fait avec les institutions Scandinaves, l'importance qu'il attribue à l'élément celtique et les points de ressemblance, plus nombreux qu'on ne l'admet d'ordinaire, entre la situation des communautés gauloises décrites par César et celle des tribus germaniques telles que nous pouvons les connaître au temps des grandes invasions.
L^histoire légendaire de l'introduction du christianisme en Angleterre commence par la conversion de Lucius, roi des Bretons, sous Marc-Aurèle, et par le martyre d'Albanus sous Dioclétien. Une Pastio s. Albani a été insérée par Bède au début de son Bistoria eceUs. gentis Anglomm (livre I, c. 7j ; le dernier éditeur de cette chronique, Charles Plummer, avoue ne pas connaître la source à laquelle Bède a puisé. Cette source, M. Wilhelm Mbter, de Spire, l'a retrouvée, d'abord dans deux manuscrits, l'un de Paris, Pautre de Turin, et qui ont entre eux d'étroits rapports, puis dans une rédaction abrégée qui est représentée par quatre mss., dont le meilleur est à Autun^ M. Meyer a établi que le ms. de Turin représente, sous une forme souvent fautive, la rédaction primitive; cette rédaction anonyme a été exécutée en Gaule dans la première moitié du v* siècle, sans doute après le retour de Tévêque Germanus, qui avait été prier sur la tombe du « protomartyr » et en avait rapporté des reliques. La substance historique qu^elle contient est mince et banale; elle appartient à ce genre de littérature édifiante dont Torigine et le
1. Dte Légende des h, Albanus, des ProUmariyr AngliaSy in Texten tor Beda. Beriio, Weidmann, 1904. Prix : 5 m. 50. (Extrait des Abhandlungen der k, Gesellschaft d, WisseMchaften zu Gœitingen, t. Vin.)
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développement sont heureusement caractérisés par M. Hejrer dans sa préface. L'auteur publie le texte parallèle des trois rédactions; il montre en outre que le récit du martyre de saint Alban a beaucoup de traits communs avec ceux du martyre des disciples de Polycarpe : Bénigne d^un côté, Andoche et ses compagnons, Thyrse et Félix, d'autre part-, enfin, il reproduit les passages semblables. Il donne ainsi un bon exemple du procédé employé par les hagiographes, dont le moindre souci, évidemment, était de fournir des renseignements véridiques aux historiens de l'avenir.
De saint Alban, nous ne savons rien en fait, sinon qu'à un certain moment il subit le martyre. C'est un nom, à peine un personnage réel. Il en va tout autrement pour Tapôtre de l'Irlande, pour saint Patrice. C'est une bonne fortune pour la science que l'étude des éléments certains concernant sa biographie ait été entreprise par un érudit aussi avisé que M. J. B. Bort^ Sur Texistence même du saint, M. Bury ne pense pas qu'on puisse émettre aucun doute sérieux. Reste à déterminer, dans les documents originaux, la part des faits qu^on peut retenir et de ceux qu'il faut rejeter ; dans quelles parties de l'Irlande son activité s'est employée ; si elle a été restreinte à un district très limité du Leinster; si elle s'est étendue, sinon à toute l'Irlande, ce qu'aucun érudit bien informé ne saurait plus soutenir maintenant, du moins à de notables portions de cette ile, comme M. Bury s'efforce de l'établir; enfin, quel rôle l'on peut ou l'on doit lui assigner dans l'histoire de l'Europe occidentale. Pour justifier les solutions qu'il propose, M. Bury a. soumis les sources à une critique attentive et pénétrante, qui remplit dans son livre plus de soixante pages (p. 225-287), et qui, au lieu d'être comme reléguée en appendice, aurait dû prendre place en tête du volume^. H lient pour authentiques la confession de saint Patrice, sa lettre contre Goroticus, roi de la Bretagne septentrionale ; deux sur trois de ses « Dicta », la plupart de ses « Acta », ou règles canoniques qu'il a données à TÉglise chrétienne dlrlande, un hymne en irlandais intitulé Lorica ou Fœth Fiada. Il estime qu'on peut utiliser, mais en usant d'une circonspection de plus en plus grande à mesure qu'on s'éloigne du v* siècle, les documents suivants : la Vie de saint Germain par Gonstantius, les récits de Tirechàn et de Muircbu (m* s.j, qui, à côté de renseignements oraux déjà sans doute déformés par la légende, ont pu con-
1. Thê life ofSU Patrick and his place in Mstory, Maemillan, 1905, xv-404 p. Prix : 12 fth.
2. M. Bury a pn mettre à profit rédition, non encore publiée, du Codex ÂrmaehantUj par le prof. Gwynn, dont il parle à plusieurs reprises dans les termes les plus favorables.
362 BULLBTI?! HISTORIQUE.
sulter des documents écrits très anciens et dignes de foi; un hymne en irlandais (l'hymne de Fiacc ou Getiair Palraicc)^ dont on nous donne une traduction nouvelle, purgée des interpolations postérieures (p. 264-265) ; la Vita tripartita et les Annales irlandaises, malgré leur rédaction relativement récente; même VHistoria Britonum de Nennius, au sujet de laquelle M. Bury écarte résolument plusieurs des hypothèses élaborées par Zimmer^ Sa critique, pénétrante et fortement documentée, est aussi très conservatrice; elle ne rejette pas un document tout entier^ parce que certaines parties contiennent des allégations légendaires ou fausses; elle est nuancée sans cesser d*élre précise, dégagée, à ce qu'il semble, de tout préjugé de race et de religion et manifestement impartiale. Il constate lui-même, comme sMl en éprouvait quelque surprise, que ses conclusions « tendent à montrer que la conception catholique romaine de Tœuvre accomplie par saint Patrice est en général plus voisine des faits constatés historiquement que des opinions présentées par certains théologiens hostiles à la papauté r> (p. vii-nii). C'est qu'il se place au point de vue de l'histoire générale. La vie de saint Patrice est pour lui comme un chapitre du Décline and Fall de Gibbon, dont il a donné une édition revue et annotée. Ce n'est pas que la personne même du saint soit sacrifiée et se perde dans la grandeur du tableau. Elle apparaît au contraire au premier plan avec autant de netteté que le permettent les documents, si incomplets, si souvent imprécis et peu sûrs. C'est même avec une certaine coquetterie que M. Bury a traité la partie narrative de son sujet; piqué au vif par les reproches laits aux érudits de n^écrire que pour les gens du métier, il a voulu prouver que l'histoire peut être à la fois une science et un art; sa biographie de saint Patrice est en effet d'une lecture aisée et attrayante. Il a même poussé le souci de plaire au point de renvoyer à l'appendice les notes qui auraient dû prendre place au bas des pages. Certaines de ces notes sont d'ailleurs de véritables dissertations : sur le lieu et la date de la naissance de saint Patrice (né vers 389 à <c Bonnaventa », qu'il faut chercher quelque part dans la région de la Basse-Severn) ; sur le pays où il fut esclave ; sur la date de son séjour en Gaule (409-446) ; sur ses rapports avec le roi Loigaire, qu'il convertit au christianisme et qui flt rédiger le Sen-^
1. Dans YHisioria Britonum, M. Bury disUngae trois éléments essentiels : 1* ane vie de saint Germain d'Anxerre, composée vers 679, où figarent Yortigem et Arthur; %• une recension du viii* s., représentée par ie ms. de Chartres, dont Mommsen et Mgr Duchesne ont tiré on si bon parti; 3* le remaniement que Nennins composa vers 800 et anqnei il ajoute one Vie de saint Patrice.
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chus Mor^ sans doute à rimitation du code théodosien^ ; sur TorganîsatioD épiscopale dont il dota llrlaade, sa pairie adoptîve ; sur la date et les circonstances de sa mort (464 et non 459), etc. L'érudition reprend ici tous ses droits; elle a son charme aussi dans la main d^un tel ouvrier.
L'étude que M. G. J. B. GASioiif a consacrée à Alcuin ^, et qui a été couronnée par TUniversité de Cambridge (BuUean prize for 4899)^ est un travail soigné; l'auteur a étudié de près la correspondance d'Alcuin et ses œuvres ; il connaît les travaux d'érudition publiés en Angleterre, en Allemagne^ et en France. L'eipression est claire et intéressante. La nature même du travail ne comportait pas une critique minutieuse des points obscurs et controversés qui abondent dans un tel sujet; on n'y trouvera donc en somme rien de bien nouveau.
M. Friedrich HiaDEGEff a cru trouver le secret de la politique de Henri il à l'égard de l'empire d'Allemagne dans la haine que les Anglais ont souvent professée et professent encore aujourd'hui, nous assure-t-on, contre les Allemands'*. Il s'est laissé aveugler par des préoccupations qui n'ont rien de scientifique ; il a fait de la politique respective, non pas de l'histoire. Même s'il était prouvé que Henri le Lion, en trahissant l'empereur avant la bataille de Legnano, n^a fait qu'exécuter un dessein concerté avec le roi d'Angleterre, on ne serait point fondé à conclure que ce dessein n'avait d'autre mobile que la haine. Heureusement, ce paradoxe ne dure pas même pendant cinquante pages. Suit une dissertation sur l'importance du titre impérial au moyen âge, qui ne rentre guère dans le sujet annoncé sur la couverture. L'auteur connaît d'ailleurs assez bien les sources et cite ses textes, ce qui a fait que son travail ne sera pas tout à fait inutile.
J^apporterai moins de réserve à louer la biographie du fils aîné de Henri U, le « jeune roi anglais », par M. G. £. Hodgson'. Les sources sont indiquées avec tout le soin désirable. On pourra joindre
t. Saint Patrice est-ii aUé à Rome? M. Bury le croit. Voir en sens contraire les arguments présentés par M. F. E. Warren dans English histor, Rêviev, avril 1906, p. 348 et suir.
2. Aleuin, his life and his work. Londres, Cambridge Uni?ersity press Warehonse^ 1904, in-12, X3Ui-275 p.
3. M. Gaskoin ne parait pas avoir connu les calculs de Hommsen pour déterminer la date de la mort de Bède le Vénérable.
4. Imperialpolitik Kônig Heinrichs II von England (Heidelberger Abhand- Inngen zur mittleren nnd neueren Geschichte). Heidelberg, Winter, 1905, 72 p.
5. Jung Heinrich, Kônig von England, Sohn Kônig Heinriefu Uy 1155iî83. iéna, Kaempfe, 1906, S3 p.
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de nouveaux faits à ceux que Fauteur a réunis S mais le recueil quHl a constitué est déjà, digne d*estime.
Je doute quMI fût très utile d'écrire tout un livre pour établir des faits aussi généralement admis que ceux-ci : l'acte par lequel Jean sans Terre se reconnut le vassal du Saint-Siège donna au pape une situation éminente en Angleterre ; que le pape exerça d^une manière effective ses droits de suzeraineté, en dépit de l'opposition que sa constante intervention rencontra, non seulement de la part des laïques, mais encore et surtout de la part du clergé anglais; que les adversaires de la papauté n'attaquèrent jamais sa suprématie spirituelle, qu'ils la reconnurent formellement, au contraire, comme ayant été établie par le Christ lui-même. Telle est cependant la thèse que Tabbé Gasquet nous présente, comme si elle avait vraiment besoin d'être démontrée*. Il n'y a point trace de schisme ni d'hérésie dans l'Angleterre au XIII* siècle ; les doléances que le clergé et la noblesse d'Angleterre portèrent contre les abus de la cour de Rome devant le concile de Lyon en 4245 sont de même nature que les doléances présentées au pape deux ans plus tard par le très pieux roi de France, et il y a longtemps qu'on a renoncé à voir dans l'évêque de Lincoln, Robert Grossetête, un précurseur du protestantisme. Que, d'autre part, la protection du Saint-Siège ait été bienfaisante pour Henri III, surtout pendant sa minorité, qui en doute? Mais accordera-t-on aussi aisément à l'abbé Gasquet que la suzeraineté pontificale ait toujours été un bienfait pour TAngleterre, comme pour les autres royaumes qui subirent le même vasselage? Est-il vrai que l'indépendance des états vassaux dans ce « système papal » ait toujours été respectée? L'exemple du royaume de Sicile au temps de Henri III, précisément, ne parle-t-il pas très haut, et ne serait-il pas possible de montrer que la soumission de la couronne d'Angleterre au Saint-Siège a, dès le XIII* siècle même , produit des mécontentements et des protestations?
1. Sur la volonté du Jenne roi d'être enseveli dans la cathédrale de Ronen, M. Hodgson aarait dû mentionner les chartes analysées par J . H. Round dans son Calend. of documents in France, p. 9 et 10. — Il ne paraît pas a?oir connu le curieux passage du commentaire sur la Divine Comédie par BenrennU de Rambaldis, d'Imola, signalé par M. Whitwelt dans son étude sur les Banquiers italiens {Transactions R. histor. Soc., 1903, p. 187); il y est parlé de sommes considérables empruntées par le jeune roi à des marchands florentins, de l'amour que Bertrand de Born conçut pour lui, etc. Les faits recueillis par le commentateur sont sans doute en grande partie légendaires ; ils ne deraient pas être omis dans une biographie de ce genre, dont le premier mérite serait d'être tout à fait complète.
2. Henry the third, a study of his ecelesiasiical policy and of ihe relations belfveen England and Rome. Londres, George Bell et fils, 1905, xyi-446 p.
des vues générales, Tabbé Gasquet les expose avec quelque emphase dans sa préface. Le livre lui-même est d'allure plus modeste; c'est un exposé des rapports entre TËglise et l'État pendant un demisiècle, où rien n^est bien nouveau, ni les documents ^ ni les idées, mais où les textes sont analysés avec soin et les faits exposés d'une manière intéressante. On n'avait pas encore mis en aussi bonne lumière le rôle des légats et des nonces pontificaux pendant une aussi longue suite d'années. D^autre part, on regrette que Tabbé Gasquet n'ait pas serré certaines questions d'assez près, que, par exemple, celle des élections ecclésiastiques n'ait pas été l'objet d'une discussion approfondie. Rien n^est plus instructif, à l'ordinaire, qu^un bon ouvrier parlant du métier qu'il connaît bien. L'abbé Gasquet est théologien et canoniste ; l'ouvrage qu'il a composé pourrait être signé par le moins canoniste des historiens.
On n'avait pas encore jusquMci tenté d'écrire une biographie détaillée de Jean de Gand, duc d'Aquitaine et de Lancastre, roi de Castille et de Léon. Sans doute la gloire militaire de son frère aine, le Prince Noir, et l'éclat du règne de son père Edouard III lui ont nui. Il était d'ailleurs homme de second rang, et l'attention des historiens s'est naturellement portée de préférence vers les héroïques figures du premier» 11 faut remercier M. Sydney Armitage Smith d'avoir entrepris de combler cette lacune et le féliciter d'avoir exécuté son travail avec autant de distinction^. Son information est très étendue : outre les textes imprimés, il a consulté les archives du duché de Lancastre et il y a puisé des renseignements nouveaux. Des recherches poussées plus loin au P. Record Office lui auraient sans doute permis de grossir utilement le chapitre consacré à Jean de Gand comme duc d'Aquitaine; sur ce point, il se contente des documents publiés (Rymer, les Archives de la ville de Bordeaux, le recueil de Delpît), comme aussi pour ce qui concerne Texpédition de Jean de Gand en Castille et, en général, ses rapports avec les souverains espagnols et portugais. La partie vraiment neuve de son livre est celle où il expose la situation de Jean de Gand comme grand seigneur foncier. Il explique fort bien la différence qui existait entre le duché de Lancastre et le comté, puis le palatinat de Lancastre, ce qu'il faut entendre par les « franchises > possédées par le duc, l'organisation adminis-
1. L'abbé Gasquet donne pour épigraphe k son lirre le vers bien conno de Lucrèce : c Juratqne integros accedere fontes » ; la citation, qui n'est pas toat à fait exacte, n'est-elle pas appliquée à conlresens?
2. John of GaurU, king of CastUle and Leon^ duke of AqtUtcUne and LancasteTy earl of Derby, Lincoln and Leice$tery $eneschal of England. West* minster, Archibald Gonstable, 1904, xxvii-490 p.
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tratîve du palatiiiat, le mode d'exploitation des manoirs, si nombreux dans rintérieur du comté et au dehors^ et dont le corps principal formait véritablement un état dans Tétat, la constitution de la « maison ducale » (household) , etc. Jean de Gand possédait en outre en France d'importantes seigneuries, qu'il perdit d'ailleurs après la reprise des hostilités en ^369 : Beaufort' et Nogent-PArlaud en Champagne, Bergerac en Guyenne et La Roche-sur- Yon' en Poitou. Une fortune territoriale aussi considérable pouvait éveiller les plus pernicieuses ambitions; elle rendit facile l'usurpation de Henri IV. Jean de Gand n'eut pas de si hautes visées, peut-être parce que les circonstances le Êivorisèrent moins que son fils, peut-être aussi parce que la poursuite de la couronne de Castille détourna vers un tout autre but son activité et ses ressources. Ce n'est pas que son rôle politique en Angleterre ait été insigniQant; on sait l'attitude qu'il prit en face du a Bon Parlement » de 4376, la réaction qu^il dirigea Tannée suivante, la protection dont il couvrit Wydiffe, la haine du peuple amassée contre lui, la destruction de son palais par la populace de Londres lors de l'insurrection dite des Travailleurs. Les dix années qui s^étendent depuis la réunion du « Bon Parlement * jusqu'au départ de Jean de Gand pour son expédition en Castille (4376-4385) sont les mieux connues de sa vie parce qu'elles touchent le plus directement à Thistoire générale de l'Angleterre. Le livre de M. Armltage Smith a rajeuni cet épisode par une étude minutieuse des sources. Il faudra, par exemple, tenir grand compte du jugement qu'il porte sur le Chronicon Anglie^ cette chronique anonyme rédigée à Saint-Alban par un adversaire fougueux du duc de Lancastre, dont le témoignage parait avoir été faussé par un parti pris constant de dénigrement ou de calomnie^. A noter aussi la manière dont il raconte et apprécie les rapports du duc avec Wycliffe, pourquoi et comment il défendit l'hérésiarque, sans partager ses principes, et tout en favorisant les ordres mendiants (au moins les Carmes) que Wycliffe vilipendait'. Ajoutons que le livre se lit avec agrément,
1. Voir Texcellente carte des terres possédées par ia maison de Lancastre face à la p. 218, et, à l'appendice IV, le résumé des comptes dressés par le receveur général du duc pour l'exercice 1394-1395.
2. Beaufort, aujourd'hui Montmorency, canton de Gharanges (Aube). Jean de Gand donna ce nom aux enfants qu'il eut de sa maîtresse, Catherine de Swînford.
3. L'auteur appelle quelquefois à tort cette localité Roche-sur-Ton, on Roche tout court. Le vicomte de Dort, mentionné à la page 3t3, ne serait-il pas le vicomte d'Orte?