Voir en particulier les pages
5. On sait que Jean de Gand était sénéchal d'Angleterre; à ce titre, il fignra
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qu'il est orné de bonnes photographies reproduisant des scènes bien choisies de la vie de Jean de Gand, muni de caries dressées avec soin et d'utiles appendices ^ G^est une bonne contribution à Thistoire du xiY* siècle.
Les conflits actuels entre le capital et le travail ne sont sans doute pas étrangers à Tempressement avec lequel les érudits ont, dans ces dernières années, étudié le soulèvement des Travailleurs en Angleterre en 4384 ^. André Réville, M. M. Powell et George Trevelyan ont apporté sur le sujet une masse de précieux documents. Une des causes du conflit a été, comme on le sait; rétablissement d'un impôt de capitation voté par le Parlement et destiné à frapper toutes les classes de la nation^ le Poil tax. fin étudiant au P. Record OfBce les documents relatifs à cet impôt, M. Charles Oman a constaté combien il était inique : il était de trois « gros » (4 shellingj par tète et devait être acquitté par tout laïque d'au moins quinze ans; les mendiants seuls étaient exceptés. LMmpôt était réparti de telle façon que, dans chaque village (townshipj, les riches prendraient à leur charge une partie de la contribution des pauvres, d'après une échelle déterminée. Dans les villages où il n'y avait ni propriétaire de haut rang ni riche fermier, chacun devait payer la taxe pleine, si bien que le fardeau de celle-ci pesait le plus lourdement sur les plus pauvres. Aussi vit- on les paysans^ sans doute avec la connivence des collecteurs eux-mêmes^, dissimuler autant que possible le nombre de tètes soumises à l'impôt. S'il fallait en croire les déclarations de 4 384 , comparées à celles de 4377 et de 4379, qui avaient servi de base à une taxe semblable, mais beaucoup moins onéreuse, beaucoup de vil-
en tète des seignears laïques lors du couronnement de Richard II. Ai-je mal cherché ? Je n'ai pas rencontré la moindre allusion au £iimeux « Modus tenenti parliamentum in Anglia », qui a été écrit en partie pour défendre les droits du sénéchal et du maréchal d'Angleterre, et ou l'on retrouve si fortement la trace des passions démocratiques et révolutionnaires du temps de Wycliffe et du soulèvement des traTailleurs.
1. Appendice I, testament de Jean de Gand avec son codicille; appendice II, liste des hommes d'armes qui servirent sous ses ordres dans la campagne d'Ecosse en 1385; appendice III, liste des chevaliers et écuyers qui composaient sa maison de 1372 à 1382; appendice VI, monnaies du duc de Lancastre ; appendice VU, ses armes et ses sceaux ; appendice YIII, notes sur ses bâtards et sur Catherine Swinford.
2. The gréai Revoit of 138L Oxford, at the Clarendon press, 1906, ym-219 p. et 2 cartes.
3. C'est ce que dit M. Oman. L'auteur du compte-rendu sur son livre, qui a paru dans Athênxutn, 4 août id06, p. 124, montre que le blAme des fausses déclarations doit retomber sur les « taxatores » et c coUectores » eux-mêmes. Ce n'est pas d'ailleurs la seule remarque utile qu'on doit à cet auteur.
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iages auraient, après cinq ans de tranquillilé, sans guerre, ni peste, ni disette, perdu le tiers ou la moitié de leurs habitants. Aussi la première levée de l'impôt ne produisit-elle presque rien. Le gouverna ment crut devoir prendre des mesures rigoureuses pour empêcher et punir les fausses déclarations. Un bref (writ) qui menaçait les contribuables à ia fois dans leur liberté et dans leurs biens (46 mars 4384] a été retrouvé et publié par M. Oman, qui le considère, non sans raison, comme ayant déterminé le mouvement. Depuis au moins un demi-siècle grandissaient peu à peu des causes multiples de conflit soit entre les paysans, fermiers ou travailleurs libres et les propriétaires fonciers, laïques ou ecclésiastiques, soit entre les ouvriers et patrons de certains métiers, soit entre les riches bourgeois, maîtres des administrations municipales, et la plèbe déshéritée. Ces mécontentements n'attendaient qu^une occasion pour éclater ; quelques semaines en effet après le bref du 46 mars, ils firent explosion. Le soulèvement se produisit presque en même temps sur des points très éloignés les uns des autres ^ M. Oman a peut-être ici fait preuve d^un scepticisme excessif en niant que cette action simultanée ait aussi été concertée. Il a sans doute raison de dire que les disciples de Wycliffe y sont demeurés étrangers; mais ces < pauvres prêcheurs » dont nous parlent plusieurs textes pouvaient avoir puisé la matière de leurs sermons ailleurs que dans les traités ou les conférences de Phérésiarque. La partie consacrée à Tétude des causes du soulèvement est la plus originale du livre de M. Oman. Le récit du soulèvement lui-même a été retracé à Taide des documents déjà publiés, en particulier de la chronique anonyme mentionnée plus haut, et dont une traduction anglaise est donnée en appendice. Il est très précis, assez coloré, attachant. En ce qui concerne Wat Tyler, M. Oman refuse d'admettre avec M. Brie* que ce personnage, un peu énigmatique, doive être identifié avec Jacques Straw; les rôles de Parlement distinguent nettement ces deux personnes, et leur témoignage doit l'emporter sur ceux des chroniqueurs, qui d'ailleurs ont écrit assez longtemps après Tévénement. Quant aux conséquences du soulèvement, M. Oman montre, contrairement à Roger et à ses disciples, qu^il n'a pas mis fin au servage^ car les difficultés qu'avait soulevées le statut sur les travailleurs de 4354 furent à peu près aussi nombreuses après qu'avant. Peut-être certains propriétaires eurent-ils la sagesse de tempérer l'action de la loi, mais cette loi elle-même ne céda que peu à peu dans le cours du X?* siècle et sous IMnfluence de causes économiques plus profondes.