‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 17 sur 176 · Espagne 534, foi · texte numérisé non relu

Espagne 534, foi

2. Celle de Bassy à Londres. Cf. Rev, hist, t. LXXI, année 1899, le Due de Ohoiseul et r Angleterre.

CHOISEUL ET l' ALLIANCE ESPAGNOLE. 47

côtes et la protection du cabotage; deux autres camps to Bretagne, l'un, vis-à-vis de Belle-Isle, qui fera les simulacres pour Tattaque de cette île, quil faut bien se garder de tenter, parce que son occupation par les ennemis ne nous nuit en rien et leur coûte beaucoup, mais, pour produire cet effet, il est nécessaire que nous ayons toujours l'air offensif contre cette île. Le second sera à Saint-Malo avec tout ce qui sera nécessaire pour une entreprise contre Jersey et Guernesey.

Les îles de Ré et d*OIéron seront garnies de troupes, de manière à ne pas nous laisser d'inquiétude. Il y aura dix bataillons dans Tune et huit bataillons dans Tautre. A Rochefort et dans TAunis, dix-huit bataillons, des dragons et de la cavalerie qui seront dispersés depuis la Rochelle jusqu'à Rayonne. Nous armerons onze vaisseaux à Toulon qui seront destinés selon les vues des deux couronnes. La Provence sera garnie des bataillons qui reviendront de Minorque. En Flandre^ il y aura entre Calais et Dunherque un camp de 30,000 hommes avec tout Vappareil en bateaux plats, chaloupes, canonnières, eiG.^pour un débarquement en Angleterre.

Voilà, M., en détail le plan du Roi pour Tannée prochaine. Il est défensif dans de certains points et offensif en ce qu'il forcera nécessairement TAngleterre d'employer une partie de ses forces sur nos côtes et de diminuer d'autant celles que cette puissance pourrait employer contre TEspagne*.

Si Ton examine le détail des opérations projetées, on voit avec quel soin Choiseul réglait la conduite de nos affaires. L'ensemble en apparaît comme un courageux effort vraiment digne de notre pays. Le ministre savait trop bien, par Texpérience qu'il en avait faite ces dernières années, que nous ne pouvions compter avec certitude que sur nous-mêmes. Aussi, pour ne pas éprouver de déceptions, ne formait-il ses plans de guerre qu'avec les ressources de la France. Il se réservait toutefois la possibilité (si la cour de Madrid se décidait enfin à entrer en lutte) de combiner avec Charles III toute une série de mesures qui viendraient se joindre aux nôtres et renforcer nos moyens d'action. N'est-il pas regrettable de penser qu'à cette date du 25 novembre 1761, plus de trois mois pourtant après la signature du pacte de famille, c'était encore la conduite la plus sage et la seule attitude possible?

i. Espagne 534, fol. 213 et soit.

Rbv. aeroR. XCIV. 1« faso, 2*

4 s ALFRED B0UB6UET.

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