‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 18 sur 176 · VUI · texte numérisé non relu

VUI

Il y avait, en effet, quelque chose d'étrange dans la situation de l'Espagne à cette époque. La cour de Madrid se trouvait liée à notre sort en vertu du pacte de famille et faisait tous les préparatifs que comportait le traité d'alliance. Elle conservait cependant ses bons rapports ofSciels avec l'Angleterre, puisque l'ambassadeur espagnol demeurait à Londres et ne paraissait nullement songer à en partir.

C'est pour cette raison que Choiseul ne tablait d'une façon ferme que sur nos armements particuliers. En ce qui concernait les forces militaires de notre allié, le ministre se bornait à émettre des vœux. Il les faisait connaître à d'Ossun en le chargeant de les communiquer au souverain et à ses secrétaires d'état qui pouvaient seuls les réaliser. Il les résumait en ces termes :

Pour ce qui est de la cour de Madrid, je croirais qu'en supposant que ses possessions en Amérique soient en état, elle devrait former un plan défensif sur ses côtes, et je ferais entrer dans ce plan les projets de deux camps^ Tun ordinaire devant Gibraltar, Tautre sur les côtes de Galice en menaçant par des préparatifs cTune descente en Irlande, L'Espagne aurait aussi deux projets offensifs à exécuter, Tun, selon nos conventions, contre le Portugal (il faudrait y employer au moins 30,000 hommes et que cette attaque vigoureuse n^éprouvât aucun ralentissement qui la fît échouer), l'autre sur la Jamaïque, en se concertant avec nous, en joignant à ses forces l'escadre de Rochefort et en venant la chercher à File d'Aix^

L'entreprise contre la Hollande serait réservée pour plus tard si on la jugeait nécessaire.

Le projet relatif à la Jamaïque était depuis longtemps à l'étude en Espagne, mais il traînait avec une lenteur qui désespérait le marquis d'Ossun. Celui-ci voyait dans le succès de cette expédition un coup terrible porté à la puissance anglaise en Amérique et une source de revenus considérables pour les alliés. D'après l'ambassadeur, en dehors des richesses de produits que l'on y trouverait, l'on pourrait en tirer plus de 60,000 nègres qui,

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