‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 19 sur 176 · Espagne 534, fol · texte numérisé non relu

Espagne 534, fol

GflOISEUL ET L*ALLUrCGB ESPAGNOLE. 49

répartis entre les possessions françaises et espagnoles, y produiraient des avantages considérables, car, disait^-il, « les nègres sont les bras des colonies, et peut-être Thabileté des Anglais et le peu d'entendement des Français dans la traite de ces esclaves ont-ils été en partie cause de la supériorité que les colonies anglaises ont prise sur les nôtres. En effet, tandis qu'un nègre ne leur revient qu'à 800 francs, nous le payons 1,500 et jusqu'à 2,000 livres, et, comme ce sont les Anglais qui nous les fournissent, il est à présumer qu'ils gardent les meilleurs pour leurs colonies* ».

Ces considérations, qui n'entreraient plus en ligne de compte de nos jours, avaient bien leur importance à l'époque où d'Ossun les exposait. Elles ne faisaient néanmoins pas avancer les préparatifs de l'Espagne, puisque l'ambassadeur en était réduit à écrire, le 7 décembre 1761 :

Il est certain que S. M. catholique désire que le projet contre la Jamaïque puisse avoir lieu. Reste à savoir si MM. Wall et d*Arlaga ne le regardent pas comme trop hasardeux et si ce n'est pas cette prévention qui les rend si lents dans la combinaison des mesures et si diflieile dans le choix des moyens. On peut, au moins en général, dire qu'on met plus d'activité aux choses lorsqu'on veut qu'elles réussissent'.

n y avait, en effet, près de trois mois que d'Ossun en avait parlé pour la première fois au secrétaire d'État, et aucune décision ferme ne semblait encore prise par les ministres espagnols.

On en était là quand se produisit le coup de théâtre longtemps attendu par Ghoiseul et qu'il finissait par ne plus espérer : je veux dire la rupture entre l'Espagne et l'Angleterre.

Le 8 décembre 1761 , l'ambassadeur britannique à Madrid se présenta chez M.. Wall, obligé de garder ses appartements par suite d'une légère indisposition, et demanda à être reçu par lui. Ce qui se passa dans cette entrevue, nous le savons par une

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