‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 21 sur 176 · all à Grimaldi, 8 décembre · texte numérisé non relu

all à Grimaldi, 8 décembre

22 iLFEBD BOOIOUBT.

démarche si ioconsidérée el qui, par malhear poar le genre bamaio, n'a point cessé d'animer le goavememenl britannique qae s'est Cûte dans œ moment-là même one déclaration de guerre et une insulte à la grandeur du Hoi. F. B, peut songer à se retirer dans le temps et de la manière qui lui conviendra. Cest l'unique réponse que V. E, aura de moi el que S. M, m'a ordonné, sans hésiter , de lui faire*.

On comprend sans peine la surprise que put éprouver lord Bristol, peu accoutumé de la part du secrétaire d'Etat & un langage d*uDe condsion aussi forte et à une attitude aussi hautaine visà-Tis du représentant de la nation britannique. H est vrai que M. Wall ajoutait pour l'homme une note plus courtoise en disant : « Que Y. E. emporte avec elle tout le bonbeur que méritent ses qualités personnelles. » Malgré cela, le ton général de cette lettre de rupture effaroucha véritablement l'ambassadeur anglais. Il ne pouvait £aire autrement que de demander ses passeports, et il les demanda. Mais il avait été tellement ébranlé de la secousse reçue qu'il fut subitement incommodé et obligé de rester quelques jours de plus à Madrid. C'est ce qui faisait dire à d'Ossun : « Mylord Bristol a montré en cette occasion une sensibilité qu'on peut qualifier de faiblesse. J'avoue qu'à sa place j*aurais haussé la tête d'un pied et je serais parti dans les vingtquatre heures'. »

Lord Bristol ne fut pas le seul à se montrer surpris de l'énergie soudaine de M. Wall. Plusieurs membres du corps diplomatique témoignèrent un étonnement qui ne le cédait en rien à celui de l'agent anglais. Bon nombre d'Espagnols, imbus de longue main du système de neutralité et d'indifférence^ n'imaginaient pas non plus que cet événement fût possible. « C'est un amusement pour moi, écrivait d'Ossun, d'entendre les raisonnements pour et contre et de voir des visages gais et d'autres mines fort allongées. »

U fallait vraiment bien mal connaître le roi d'Espagne pour se ranger parmi les « mines allongées ». Depuis longtemps, en ^et, l'on sentait combien lui pesaient les hauteurs du cabinet britannique. Aussi lui avait-il fallu une patience extraordinaire, doublée d'un espoir persévérant d'entente pour les supporter jusqu'alors. Voilà pourquoi d'Ossun n'avait jamais vu l'air c plus satis£Bdt et plus serein » à Charles III que depuis sa rupture avec

i. Espagne 535» (61. 273.

Page 1