Espagne 534, fol
CHOISBUL BT L'ALLUNCB ESPiGlIfOLE. 23
l'Angleterre. Ce prince n'hésita pas à souligner sa joie par un acte qui était un soufflet de plus au gouvernement britannique. Non seulement il donna Tordre au comte de Fuentès de déclarer que « la démarche insultante de lord Bristol nécessitait son départ d'Espagne » et d'en prévenir lord Egremont, ainsi que les ministres étrangers, mais encore il lui envoya la Toison d'or pour lui témoigner toute la satisfaction qu'il éprouvait de ses services et de sa conduite. C'était une revanche complète de ce que le souverain espagnol avait enduré de la part des Anglais.
« Enfin la rupture de V Espagne avec V Angleterre est décidée, » C'est en ces termes que Choiseul résumait ses impressions après avoir été mis par M. de Grimaldi au courant de tout ce qui s'était passé :
Je ne m'attendais pas à cette démarche maladroite de la cour de Londres, quoique je voye depuis plusieurs années que les systèmes politiques, fruits de la prévention, de la hauteur et de la déraison, ne sont point aussi heureux que les expéditions militaires des Anglais. La cour de Londres nous ramène au vrai système, dont nous ne devons jamais nous écarter; elle nous fiait plus de bien qu'elle ne nous a jamais fait de mal^
Le grand avantage de cette rupture était de niettreun terme à la situation fausse qui, depuis la conclusion du pacte de famille, pesait sur la politique franco-espagnole et empêchait l'alliance entre les deux pays de produire des fruits. Charles III, ne craignant plus désormais de Caire connaître à l'Europe son union avec Louis XY , se hâta d'en profiter pour envoyer à Choiseul la Toison d'or, qu'il lui réservait à l'occasion du traité du 15 août. Les remerciements du ministre montrèrent une fois encore ses sentiments de délicatesse et de fierté nationale. Sa conduite allait désormais se ressentir de la liberté d'action que lui créait la déclaration de gu^re.
Qioiseul fut d'autant plus heureux des termes dans lesquels M. WaU avait répondu à lord Bristol qu'ils constituaient une