LA MORT DE ROBERT D'ARTOIS
Banni de France, pour avoir fabriqué de fausses lellres afin d'hériter du comté d'Artois, Robert d'Artois s'était réfugié en Angleterre, où il avait offert ses services à Edouard III, qui s'était empressé de les accepter. L'ennemi de Philippe VI de Valois, le roi anglais prétendant au trône de France, avait comblé Robert de faveurs et l'avait doté de riches pensions^ Aussi bien savait-il que la vengeance de l'exilé était implacable et que son concours serait inappréciable le jour où Ton débarquerait sur le continent. Robert prit du service dans l'armée anglaise et suivit le roi dans toutes ses expéditions; il prit part aux campagnes de Thiérache et de Tournaisis et, lorsque le roi d'Angleterre se décida, à la fin de 4342, à envahir la Bretagne, Robert reçut le commandement de l'un des corps d'occupation. Dès le mois de décembre 4344 , on le désignait comme devant être le commandant en chef de l'expédition'. Pour des raisons diverses, son départ fut successivement ajourné à mars', puis à juillet^, enfln à août 4 342. Le 43 août 4342, Robert d'Artois était à Southampton, prêt à mettre à la voile. Il n'attendait plus que le matériel nécessaire à rembarquement des chevaux^ les derniers vivres et les dernières munitions. Aussi écrivait-il à son ami Raoul de Stratford, évêque de Londres et chancelier d'Angleterre, afin que des ordres sévères fussent donnés de la capitale au shériff du comté de Southampton :
c Très cher et très amé amy. Pur ce que nous sûmes à passer entre autres vers les partiez de Bretaigne et ; nous faut des pountz,
t. Dépres, les PréUtninairet de la guerre de Cent aiM, La Papauté, la France et l'Angleterre, p. 224.