Hachette, 1906, in-8*, 378 p. Index
KbV. HiSTOB. XCIV. 1" FA8C. 6
82 BULLETIN HISTOtIQim.
par la découverte, — ou plutôt par les découvertes successives, — de rOrient sur la pensée française. Le mot Orient est, au reste, entendu ici dans son sens vaste : Levant, Inde, Extrême-Orient; nos aïeux ne faisaient guère de ces distinctions. Écrit avec une verve juvénile, parfois un peu fumeuse, souvent gâté par les répétitions*, le livre intéresse et passionne, mais il manque de précision et ne va pas toujours au fond des choses, ni sur les origines du mouvement qui poussa les Européens vers i^Orient*, ni sur le rôle de V c orientalisme », ni sur ce que les philosophes ont pris à l'Orient.
c Gomment l'auteur des Pastorales et des Lettres galantes a pu être aussi celui des Entretiens sur la Pluralité des Mondes et de Y Histoire des oracles », tel est le problème que pose le Fontenelle : rhomme, Vasuvre^ Pinfluence^^ de M. Louis Maigboh. Je crois que l'auteur de ce livre fort agréable nous aurait rendu plus intelligible révolution de son personnage s'il avait apporté à Tétude de cette longue vie une méthode plus chronologique. Mais séparer les unes des autres la biographie proprement dite, Tœuvre littéraire, Tœuvre philosophique, l'œuvre scientifique, ce n'était pas le meilleur moyen de faire voir « avec netteté comment du simple bel esprit le grand esprit s'est dégagé par une ascension lenle, mais sûre ». Nous aurions voulu assister à cette ascension. Ce spectacle aurait permis à M. Maigron d'établir plus fortement^ après d'autres, que l'auteur infortuné de VAspar est devenu c l'introducteur naturel du xviii* siècle » et que c Voltaire et Diderot n^ont pas eu de précurseur plus authentique ».
N'estrce pas, en vérité, un signe des temps que Ton se puisse croire obligé d'écrire un livre pour démontrer cette proposition, que nous avons sucée avec le lait : « L'esprit philosophique, c'est l'esprit de la Révolution de i 789 »? M. Marins Roustan^ mène cette démonstration avec autant de vigueur que d'esprit. Il concède à M. Faguet que la Révolution a eu lieu parce que le peuple mourait de faim'; mais il
1. Le plan explique ces répétitions. Dans une première partie : la Connaissance de l'Orient (voyages, commerce et colonies, missions religieuses, orientalisme, progrès de cette connaissance; c'est surtout ce chapitre qui déflore les suivants}; dans une seconde : VOrient dans la UUéraiure.
2. Le sens de l'Orient est plus développé au xvi* siècle que ne le dit M. Martino. Thevet, Nicolas de Nicolay, du Fresne-Canaye, de Beauveau, etc. témoignent d'une réelle et souvent intelligente curiosité, du moins en ce qui concerne le Levant.