Pion, 1906, in-8% iv-432 p
4. Les Philosophes et la société française au XVIW siède {Annales de VUniversUé de Lyon, t II, fasc 16). Lyon, A. Rey, et Paris, Picard, 1906, in-8% 455 p.
5. Il fait même à M. Faguet trop de concessions. Les cahiers ont souvent
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lui objecte aussitôt que mourir de foim était, pour le peuple français, une très vieille habitude. La Révolution a eu lieu lorsque le peuple s'est dit que sa misère avait pour origine, non pas un décret immuable de la Providence, mais les abus du régime, et que ces abus pouvaient être corrigés. Or^ ce sont les philosophes qui ont révélé au peuple ces vérités neuves pour lui. M. Roustan montre comment leurs idées se sont peu à peu diffusées à travers toutes les couches sociales, allant s'élargissant, — et s'amincissant aussi, — à mesure qu'elles descendaient. Sujet qui n'est pas absolument neuf, puisque Taine avait déjà étudié « la propagation de la doctrine »^ Siget qui réservait à un littérateur comme M. Roustan des surprises, — et des découvertes, — qu'une éducation historique plus complète lui eût sans doute épargnées^. Somme toute, livre intéressant, qui ne fait nulle part à Tidylle', qui montre très bien comment se posaient dès lors certaines grandes questions sociales *. Et si le ton en est quelque peu polémique', la faute n'en est-elle pas à ceux qui, les premiers, ont introduit dans Thistoire du xviii^ siècle des préoccupations qui n'avaient rien de scientiflque*?
beiQcoup plus de portée politique et pliilosophiqae qu*on ne veut nous le faire accroire. 11 est vrai, quand on rencontre des cahiers ruraux très sérieux, qu'on se sauve en inventant une c cabale > d'avocats qui aurait envoyé aux assemblées primaires des formulaires tout faits. De même, on nous affirme, de certain côté, que l'instruction primaire était, en 1789, presque aussi répandue qu'aujourd'hui, et en même temps que la f philosophie i ne pouvait exercer d'action sur un peuple d'illettrés. Il faut choisir.
1. n semble que M. Roustan, intimidé par les foudres d'excommunication majeure qu'on a lancées contre Taine, ait eu peur de s'en servir. Il le nomme pour la première fois en note, p. 85. Et ensuite il prend à Taine ce que, précisément, Taine a de plus contestable, à savoir ses collections de petits faits.
2. La préparation historique est évidemment insuffisante. Sagnac (et au besoin Giffiutl) était à citer sur la féodalité en 1789. — Écrire, à propos de l'importance des cahiers (p. 21), que a tout le monde > en convient, c'est ignorer que cette importance a été niée vigoureusement. — On doit la justice à tous, même à Louis XV. S'il écrit le 23 janvier (p. 47] : c II y a des nouvelles de Bavière du 13 décembre, et je ne les ai pas vues t , cela ne veut pas dire que le souverain est f resté trois semaines sans prendre connaissance des nouvelles de la guerre ». Parties de Bavière le 13 décembre^ ces nouvelles ne faisaient peutêtre que d'arriver. — Est-il utile de consacrer un chapitre à M"* de ChAteauroux pour aboutir (p. 99) à cette constatation qu'on ne saurait rien dire de son rôle dans le mouvement philosophique ? — La peinture de la corruption régnante est banale.
3. Un peu d'exagération en sens inverse. Ici l'influence de Taine a été fâcheuse.
4. P. 337, une page excellente sur la situation des ouvriers.