‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 57 sur 176 · Paris, Perrin, 1906, in-16, xiv-359 p., 2 porlr · texte numérisé non relu

Paris, Perrin, 1906, in-16, xiv-359 p., 2 porlr

2. P. 355 : c L'ancienne république..., dans la forme mixte et théocratiqne qui faisait son originalité, était morte et bien morte. L'alTaire Rousseau l'avait tuée. C'était un autre État qui s'était relevé de ses ruines, au bord du même lac, autour du même clocher, sous la garde du même Salève..., l'antique république allait devenir un canton. » — Très intéressante reconstitution du milieu genevois aux ch. i et lu.

3. L'un des arguments (et il est plutôt bizarre) de M. Rod contre ceux qui, en ces a affaires t , se préoccupent de la question de légalité, c'est le caractère excepUonnel que revêt nécessairement toute « affaire ». Il y avait, assu»

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jours tirer la couverture à soi, l'imprudence des « idéalistes généreux *, des passionnés de justice qui répètent la belle et décevante formule : Pereat mondusf — H. Rod appartient à cette phalange d'esprits distingués et moroses qui voudraient bien le triomphe de la vérité et de la justice^ mais à condition qu'il n'en coûtât rien à la tranquillité publique, au respect des traditions. G^est vouloir que rhistoire ne soit plus Thistoire. — Il est très vrai que les combattants ne « se réclament dans la bataille ... de ces grandes abstractions, liberté, vérité, justice », que < pour les mieux fouler aux pieds dans la victoire ». Mais, s'il était également vrai que ces luttes, « engagées parfois, à l'origine, pour les motifs les plus honorables, ... n'aboutissent qu'à réduire la part, déjà si modeste dans les choses humaines », de ces grandes abstractions, on se demande ce quMl en resterait à l'heure présente. En dépit des apparences, les révolutionnaires genevois, en s^emparant comme d'un drapeau du « citoyen de Genève », travaillaient au progrès de Phumanité^

IV. HiSToiBB OBS SCIENCES ET DE l'âbt. — M. Gabriel Mâbbschal ob BitvRB consacre à son ancêtre, Georges Mareschal, premier chirurgien du grand roi, un volume où il y a beaucoup dMnutilités et de choses déjà connues, soit sur l'histoire même de la communauté de Saint- Gôme, soit sur les événements politiques auxquels la chirurgie (et particulièrement la phlébotomie) se trouve associée^. Mais le r61e joué par Mareschal dans des circonstances décisives, la confiance qu'avait en lui le roi font de sa biographie une lecture intéressante'.

D'un intérêt bien plus général est le livre de M. Paul Delaunat sur le Monde médical parisien au XV IIP siècle*. Si le plan n'est pas tou-

rément, c pea de chances qa*ii se prodaisit soaTent des Uvres aussi extraordinaires qa'ÉmUe et le Contrai », et le cas Rousseau c ne se serait pas reproduit deux fois en un siècle ». Mais c'est en luttant contre ces illégalités éclatantes qu'on arrive à réduire, dans la vie de tous les jours, la part de l'illégalité. Nous Be serons pas tous victinies d'une monstrueuse erreur judiciaire; mais (sans parler de l'égoîsme qu'il y aurait à ne pas se préoccuper d'un mal qui ne nous menace pas directement) nous avons tous intérêt à la réforme du code de procédure et d'instruction criminelle. L'agitation qui se fait autour d'une victime illustre sauve des milliers de pauvres diables.

i. P. 294 : f La légendaire retraite des patriciens {sic!).,. » — Les textes cités par M. Rod sont écrasants pour Voltaire, qui en toute cette affaire se montre haineux, jaloux et perfide, bas et hypocrite (voy. notamment, p. 136, lettre à François Tronchin du 21 janvier 1765).

2. Georges Mareschal, seigneur de Bièvre, chirurgien et confident de LouU XIV (1658-1735), Pion, 1906, in-8-, 111-6OO p. Index, 2 héliogr. et 15 grav.

3. Une confusion p. 8 : le tuteur n'est pas nécessairement c pris panmi les écheTlns », mais choisi par les échevins. '

4. Jules Rousset, 1906, in-8% viii-479-xgii p. Bibliographie, index, gravures. Le titre porte : c Deuxième édition, revue et augmentée. »

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jours d'une netteté très rigoureuse, si le style est recherché et inutilement c littéraire », si la succession des tableaux tous laisse Timpression fktigante d'un kaléidoscope, l'érudition très ricbe^ très informée et très sûre de M. Delaunay font de son livre un recueil inestimable. L'enseignement, les habitudes professionnelles, les théories médicales, les hommes, — médecins, chirurgiens et charlatans, sans oublier clients et clientes, — la presse médicale, toutes les faces du sujet sont tour à tour éclairées d'une vive lumière. Ce qui ressort de cette étude^ c'est que tous les progrès scientifiques se sont alors produits en dehors de la « très salubre » Faculté de Paris. Les novateurs, ce sont des docteurs de Montpellier ou quelquefois d'une minuscule université provinciale (Reims, Pont-à-Mousson ou Perpignan), des professeurs du Jardin du Roi ou du Collège de France, de simples chirurgiens, des étrangers. Ce n'est pas à la Faculté, c^est à l'Académie des sciences, à la Société de médecine, à l'Académie de chirurgie que s'élaborent les idées fécondes. Aussi, tout en partageant, à l'égard du c progrès » médical, le doux scepticisme de l'auteur \ faut-il conclure avec lui que, sur ce terrain comme sur les autres, une révolution était nécessaire'.

Est-ce dans l'histoire de la médecine qu'il faut classer le livre que M. Henry TaoïvcHiii consacre à son aïeul, Tronchin-Esculape' ? Évidemment, puisque Télève du grand Boerhaave a joui d'une réputation européenne, que sur l'hygiène du mouvement et de l'alimentation il a émis des vues neuves et dont plusieurs ont fait fortune^, puisquMI a soulevé contre lui les jalousies et les colères de la saluberrime Faculté. Mais Tronchin n'a rien écrit; du moins le peu qu'il a écrit n^a pas, il s'en faut, contribué à sa gloire. Même dans la pratique de son art, il n'est pas à louer de tout point, et il y avait bien

1. Voy. p. 233, n. 1, sar U saignée : c Pour paraître très moderne, on parlera d*aiito- intoxication et du tissu ceUolaire émonctoire, tout en agissant comme feu le docteur Renard, l'Esculape du Marais, i

2. Voici les principales divisions du livre : études et profession médicales, fonctionnaires et médecins de cour, médecins et chirurgiens, cypridologistes, inoculation, remèdes secrets, médecins bibliophiles et naturalistes, obstétrique. Journalisme médical.

3. Un Médecin du XVIW siècle : Théodore Tranchin (1709'i78i), d'après des documents inédits. Paris, Pion, et Genève, Kttndig, 1906, in-8% m-417 p. Un portrait en héliogravure et de nombreuses pièces justificatives.

4. Voy. surtout ch. ii, le Médecin^ l'homme, m, l'Inoeulationy et iv, les Maladresses de Tronchin, Comme tout est mode, les idées de Tronchin sur l'hygiène de» femmes enceintes (p. 63) ne sont plus, aux dernières nouTelies, la vérité thérapeutique, tandis que sa lettre sur le régime alimentaire du prince de Prusse (p. 57} pourrait être signée par les plus célèbres spécialistes de nos jours.

une pointe de vérité dans les accusations de charlatanisme dont on Vaccabla. Hais Pintérèt du livre est adlleurs. Il est dans ces bizarres relations de Voltaire avec son médecin, dans la merveilleuse agilité avec laquelle Tétemel malade exécute les plus étonnantes cabrioles d'esprit, dans le mépris tout calviniste que le médecin, son devoir accompli, témoigne à ce vieux comédien, c pour qui la mort est le roi des épouvantements ». U est dans ses relations orageuses avec Jean-Jacques, et c'est ainsi que M. Henry Tronchin* se trouve amené à efBeurer le sujet dont M. Rod a tiré son livre. C'est surtout avec les archives de sa famille que Tauteur a établi un volume, dont le plan est un peu flottant, mais qui est riche en renseignements, et où Ton a le plaisir de trouver du Voltaire et du Diderot inédit, et du Rousseau tant6t complètement inédit, tantôt corrigé.

Robert de Cotte, élève de Jules-Hardouin Mansart, puis son successeur comme premier architecte du roi, n'a pas seulement beaucoup construit. U a laissé un très grand nombre de papiers, plans, dessins, qui ont malheureusement été dispersés entre trois départements de la Bibliothèque nationale. M. Pierre Marcel* en a dressé un inventaire complet, — de 886 numéros, — abondant en détails, non seulement sur Thistoire de Farchitecture, mais sur bien des sujets d'histoire de Tart ou d'histoire économique^. M. Pierre Marcel explique dans sa préface que de Cotte fut im des apôtres de cette nouvelle distribution des appartements, plus commode et plus plaisante, qui caractérise le xviii* siècle.

V. Histoire BconoMiQUB. — Nous ne signalons sous cette rubrique que deux travaux généraux, car c'est de plus en plus dans les œuvres d'histoire locale que s'élabore l'histoire économique.

Écrire, à Theure actuelle, une Histoire du travail et des travail^ leurs paraîtrait à tous les spécialistes une entreprise prématurée, — même en restreignant cette entreprise à la France et aux temps postérieurs au xiii* siècle. — Il est, malgré tout, heureux que des non spécialistes, moins timides, fournissent de temps en temps au

1. ff TronchiD, dit Taiitoar (p. 75), n'avait d'ailleurs rien de sectaire. » Cette affirmation sait an passage où ce médecin conseille à son fils de se conduire à l'égard des philosophes comme on se conduit à i*égard de la peste : f Argumente-t-on contre la peste? Non, sans doute, on la fuit. » Et que faites- tous dn pestiféré? — P. 83 : c Des Lutèces i, lisez : f Des Lucrèces. » P. 324, barbare emploi d'un infinlUf : c On courre le cerf. »

2. Documents relatifs à VhûMre de VarchUeciure française. Inventaire des papiers manuscrits du cabinet de Robert de Coite.., (1656-1135) et de Jules- Robert de Cotte (1683-1767).,. H. Champion, 1906, in-8% xxx-268 p. Index.

3. Canaux Saint-Maur, du Centre. Travaux de soieries, égouts. Manufacture des glaces, des Gobellns. Mémoire constatant Tétat alarmant du commerce

Incendies. Eaox minérales, etc.

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grand public un résumé rapide et facilement lisible des travaux de détail accumulés sur ces questions.

On n'étonnera personne en disant que le résumé de M. Pierre BussoN^ est très éloigné de la perfection. Les travailleurs de la terre n'y occupent qu'une place restreinte. Les divisions chronologiques y sont insuffisamment précises'. Et, si près d'une moitié du volume est consacrée au xix^ siècle, l'analyse des nouveaux phénomènes économiques reste très vague. Les passages relatifs à Thistoire de la technique se bornent trop souvent à une simple énumération de machines ou de procédés d'inventions dont nous n'apercevons pas les répercussions sociales'. M. Brisson s'est imprudemment aventuré, à la suite de d'Âvenel, sur le terrain monétaire, et ses excursions n'y ont pas toujours été heureuses^. Malgré tout, son petit livre peut servir à attirer Taltention sur ces matières trop négligées'.

Les érudites et piquantes notices que H. Alfred Franklin a semeés dans ses volumes sur la Vie privée d^ autrefois devaient tout naturellement s^ordonner un jour ou Taulre en un lexique. Le Dictionnaire^

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