‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 7 sur 176 · Espagne 533, fol · texte numérisé non relu

Espagne 533, fol

CH0I8BUL ET L*lLLIAIfCE BSPAGlfOLE. 3

manqae à ma satisfaction et aux marques de tendresse que je dois à mon ne^eu le comte d'Artois^ je prie aussi Y. M. de vouloir bien lui mettre, après la célébration de son baptême, la Toison d'or que mon ambassadeur remettra à Y. M., et cela sans aucune cérémonie, en attendant qu'il parvienne à Tâge requis pour observer les solennités établies par Tordre. Qu'il est doux pour moi de pouvoir donner à ce jeune prince ce doux gage de mon affection, d'acquérir un filleul aussi aimable par ses qualités et de procurer en même temps à mon ordre UQ aussi illustre membre qui en augmentera l'éclat autant par ses vertus que par son auguste rang^

Le même jour où le roi de France avait sollicité de son cousin une adhésion si promptement et si affectueusement donnée, Choiseul informait d*Ossun que la négociation pour la paix avecTÂngleterre était entièrement rompue et qu'il avait fait parvenir ses passeportsà M. deStanley , Tagent choisi par Pitt pour transmettre ses prétentions au cabinet de Versailles. M. de Bussy, de son côté, se préparait à quitter Londres, et la diplomatie allait de nouveau céder la parole au canon.

Il était donc temps de combiner ses mouvements avec l'Espagne et de mettre en jeu l'alliance pour autre chose que des réjouissances de famille. Aussi Choiseul écrivait-il, de sa main, sur la lettre où d'Ossun lui communiquait les idées de Charles III :

Les projets qui regardent l'Amérique méridionale, tels que la reprise de la Guadeloupe et la conquête de la Jamaïque, sont les plus profitables. Il but y joindre celui du Portugal avec vigueur et la plus grande étendue, de sorte que je penserais qu'une entreprise sur Riode-Janeiro serait aussi bien nécessaire en même temps que celle qu'on exécuterait sur le continent portugais. Ces objets et ceux de conservation et d^approvisionnement des possessions des deux couronnes doivent être les seuls projets en cours à ce qu'il me semble. On verra dans la suite s'il reste assez de moyens et Tà-propos pour donner des alarmes à la cour de Londres sur Tlrlande^.

Suffisait^il même de faire des plans? Ce n'était pas l'avis de Choiseul, qui aurait voulu brusquer la situation maintenant qu'il

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