‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 62 sur 176 · Notamment nn résumé des Mémoires du baron Hue · texte numérisé non relu

Notamment nn résumé des Mémoires du baron Hue

4. La Frontière d'Argonne (8^3-1659). Procès de Claude de La Vallée (Î535'Î651). AJph. Picard, 1905, in-8% vm-626 p. Index, mais pas de table des chapitres.

5. Le texte s'arrête à la p. 93. Les pièces (1345-1728) vont de 95 à 309. — P. 36, no 4, intéressants détails sur la diffusion de l'instruction dans les campagnes au XVI* siècle.

6. Cf. Bev. Mst,, t. XC, p. 363 (examen de la brocbure de M. ver manu).

faire par ses élèves des monographies relatives à la Réforme et à la Ligue en Bourgogne ^ Deux seulement de ces monographies ont paru : celle de M. Yiard sur le président Bégat, Tauteur des célèbres A^mon^^rances de 4563 contre redit d'Âmboise et le commentateur de la coutume de Bourgogne; celle de M. Galmichb sur Baillet de Yaugrenant, lui aussi président au Parlement, mais d'une espèce particulière : « conseiller gendarmé », disait Tavanes, gouverneur de Saint-Jean-de-Losne, et l'un des chefs du parti catholique royaliste dans la province. Ces deux travaux sont des mémoires de licence. « G^est reconnaître d'avance que des reproches pourront leur être adressés », comme le dit M. Rleindausz dans une préface qui n'a, elle-même, la prétention que d'être une vue très générale*. Le travail de M. Viard ne manque pas de solidité, mais il est plus intéressant sur Bégat jurisconsulte que sur Bégat ligueur'. Celui de M. Galmiche est plus mince; l'auteur n'a étudié que superficiellement

1. Etudei «HT ia Réforme et les guerres de religion en Bourgogne, 1** série : le Prétident Bégat. Le président BaiUet de Vaugrenant, par MM. Viard et Galmiche, avec ooe préface de M. Kleinclausz, professeur à l'Université de Lyon. Dijon et Paris, 1905, in-8% 188 p. (t. XY, n- 4, de la Revue bourguignonne). On remarquera qae le titre porte : « 1'* série. » Mais la préface, qai semble promettre d'antres études, est datée, non de Dijon, mais de Lyon. Nous touchons là au vice congénital des chaires créées dans les UniTersités par les corps locaux : les titulaires ne pouvant recevoir de promotions sur les fonds de l'État, le souci légitime de leurs intérêts leur fait considérer comme un simple passage ce qui devrait être un établissement durable. Une seule dérogation, à ma connaissance, est apportée à ce principe, et précisément en faveur de la seule Université qui n'en avait pas besoin : sa richesse loi permet de promouvoir sur ses ressources propres ses titulaires de chaires locales, et il n'est pas à craindre qu'ils la quittent. La pratique suivie partout ailleurs rend très précaire et très restreinte l'action scientifique des Universités.

2. Estpce par ironie que M. Kleinclausz écrit (p. 5) que le f souvenir... du rAle de Clotllde servit à les préserver [les Bourguignons] des atteintes de l'hérésie > f D'ailleurs, l'histoire des débuts de la Réforme en Bourgogne est plus importante que ne semble le dire Ici l'auteur. Il se place trop au point de vue de 1500 pour Juger de ce qui précède. Un dépouillement, même rapide, de rinventaire des archives communales de Dijon ne permet pas de considérer comme une quantité négligeable ia Réforme bourguignonne, et M. Viard luimême montre (p. 40) que, sans TelOfort de Bégat et de quelques autres, la province courait grand risque d'être infectée par l'hérésie. — P. 14 : c Dans le Morvan, la place de Flavigny ; > il serait plus exact de dire : aux portes du Morvan, car Flavigny est nettement en Auxois. .

3. Aux Pièces Justificatives, nous aurions ahné trouver une réimpression au moins partielle des Remonstranees. M. Viard ne s'est pas demandé de qui pouvait être VApologie qui répondit à Bégat. Les épreuves ont été insuffisamment corrigées : dates fantaisistes d'une édition (1555, p. 25, n* 1) et de l'ouvrage de Saint-Julien de Ballenre (p. 44, n* 5).

FKAIfCE. 95

le rôle de ce capitaine, qui semble bien avoir semé la discorde dans son propre parti.

Ce n'est jamais sans tristesse qu^on lit un livre intéressant, qui a coûté à son auteur de patients travaux, où Ton trouve de fort bonnes choses, et auquel il n'a manqué, pour être un bon livre, qu'une métbode plus saine, des connaissances bibliographiques plus étendues et plus précises, plus de rigueur scientifique. M. ob Beimont, avant d^écrire ses deux volumes sur le XV P siècle et les guerres de la Réforme en Berry*j s'est installé dans les archives locales et à la Bibliothèque nationale, il a dépouillé un très grand nombre de plaquettes. Mais son ignorance presque totale de la littérature du 8i\jet l'amène à commettre des erreurs^, à rééditer des textes déjà connus'. Au lieu de ftiire la critique des principales sources qu'il emploie^ il a préféré les fondre en un récit continu, sans tenir compte de leurs discordances.

Son livre contient deux parties bien distinctes : une description de ce qu^était le Berry à l'époque vers laquelle la Réforme s'y propagea; une narration des guerres religieuses. On trouvera dans la première beaucoup de détails précieux^, mais les faits essentiels ne sont pas toujours aperçus*; les détails épars, notamment en matière économique, ne sont pas réunis en une synthèse ''y les dates ne sont pas sufflsamment distinguées^. Sur les guerres elles-mêmes, c'est un

1. Aiph. Picard, 1905, ia-8% v-470 et 474 p. Une héliograTare (le siège de Bourges en 1562, sans aatre indication d'origine que le nom d'André Ttievei).

2. Il parait ignorer Josqa'à l'existence do BtUletin du protestantisme français, qoi lai aurait cependant fourni tant de détails. Il donne, t. Il, p. 19, cette référence : ArehivaliMehe Beitragen (sic),san8 nom d'auteur ; il s'agit d'Ebeling. Sur la riTalité de de Beaune et d'Épinac, il ignore le livre de M. Richard.

3. P. 58 et 151, sur Colin, le prieur de Saint-Arobroix, il ne connaît pas le livre et les appendices de M. Bourrilly.

4. Pas de bibliographie au début. A peine, de temps en temps, quelques notes critiques, singulièrement imprécises, au bas des pages. Les références sont incomplètes.

5. P. 108, il note qu'en Berry, comme ailleurs, la propagande réformée se fera, surtout au début, dans les métiers de la laine.

6. O'est dans une note de la p. 43 que se dissimule, comme dénué d'importance, le fait capital de la diffusion de la librairie et de l'introduction de Fimprimerie. Presque rien sur Marguerite (p. 46-47), trop peu de choses sur rUniversité.

7. Il énumère avec soin les familles de la proTince, mais U faut glaner de cl de lÀ pour se faire d'après lui une idée de la situation de la noblesse.

8. Par exemple, sur les métiers. P. 107, un texte très intéressant sur la « conduite des compagnons i est inutilisable, parce qu'il est donné sans date ni référence. Si c'est un texte déjà donné par Bojer, Comp<ignannage à BawTffet, p. 18, il est de 1583, et, par conséquent, n'a rien à voir dans un état du Berry au début du xvi* siècle.

96 BULLETIN HISTORIQUB.

récit assez complet, où il y a même trop de choses qui ne concernent pas cette province, si importante pour l'histoire de la Réforme. On y trouve de nouveaux éléments pour l'étude de cet irritant problème, dont on n^aperçoit pas la solution : comment se fait-il que les mêmes classes où la Réforme trouva ses premiers et, d'abord, ses plus nombreux adhérents soient aussi celles où se recruta la Ligue? On ne peut reprocher à M. de Brimont d^avoir laissé cette question sans réponse, mais on doit regretter qu'ayant ouvert son livre par une étude sur le Berry avant la Réforme, il ait passé si vite sur le Berry après les guerres de religion, et plus vite encore sur l'application de rÉdit dans celte province où il y avait encore tant de réformés*.

On cherche donc vainement une conclusion à cet estimable livre qui, entre autres mérites, a celui d'une sufBsante impartialité^.

M. F. Bblin poursuit sa savante Histoire de Vancienne Université de Provence^. Son nouveau volume, appuyé comme le précédent sur une documentation de premier ordre ^, va de 4679 à 4730, c'est-àdire qu'il expose comment, d^abord dans l'ordre du droit, puis dans celui de la médecine, le pouvoir royal (en l'espèce le chancelier) absorbe complètement l'ancienne autonomie universitaire et réduit l'Université à n^ètre plus qu'une fabrique de praticiens. Son livre est surtout rhistoire de la résistance opposée par les docteurs à la centralisation unitaire, et ces luttes y tiennent plus de place que l'enseignement lui-même'.

Depuis que s'est arrêtée, — dès son début, — la publication ofQcielle des mémoires des intendants de 4698, plusieurs de ces mémoires ont heureusement été édités par des érudlts provinciaux. Il faut avouer que celui de Le Yayer sur la généralité de Moulins

t. P. 46, Michel d'Arande, expulsé de la cathédrale en 1523; en réalité, comme il est dit p. 132, c'est en 1524 ; l'année précédente, il avait en, au contraire, un grand succès. — P. 134, Marguerite d'Angouléme, la pis que morte, est ainsi décrite : c Débordante de vie, correspondant si bien par ses goûts aox habitudes sensuelles de son siècle... i Qu'en pense M. Abel Lefranc? et M. de Brimont n'a-t>il pas confondu la Marguerite des princesses et la grosse Margot? — P. 313, je ne vois pas qu'on puisse raconter bout à bout, comme du même ordre, les gestes de c Madame la cardinale de Chfttiilon » et ceux de la très catholique M"* de Taranes. — T. II, p. U, pourquoi la mort de du Jon (entre 1563 et 1565, probablement 1564) esl-elle racontée avec les éyénements de 1570? — T. II, p. 18, sur quelles preuves s'appuie l'auteur pour affirmer que, dès avant les noces navarralses, Catherine avait décidé l'assassinat de Coligny ?

2. L'auteur est quelque peu crédule. Il raconte, en faisant valoir le nombre des témoins, le miracle du sang de Jeanne de France.

Page 1