‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 63 sur 176 · Alph. Picard, 1905, in-8% xix-338 p. Index · texte numérisé non relu

Alph. Picard, 1905, in-8% xix-338 p. Index

4. Les Pièces juslificaUves, à elles seules, remplissent les p. 199-317.

5. P. 54, n. 1, c l'air de Jean Levert i, corriger en c Jean de Vert ».

n'est pas des plus intéressants ^ Ni sur les diversités géographiques de sa généralité (qui comprend, outre le Bourbonnais, le Nivernais, des parties de Morvan, d^Âuvergne, de Marche), ni sur les religionnaires (nombreux à Aubusson), ni sur les conditions économiques^ îl ne nous apprend rien d^essentiel. M. Pierre Flaueptt a d'ailleurs accru, grâce à des notes précises', la valeur de ce texte, d^une sécheresse tout administrative.

Deux bons travaux sur l'histoire économique provinciale du xTiii* siècle : les Subsistances en Bourgogne et particulièrement à Dijon à la fin du XVIIP siècle (4774-4789), par M. P.-E. GiaoD\ et le Régime de la corvée en Bretagne au XVIW siècle^ par H. J. Letagonnoux', travaux éclos dans les « séminaires » de deux Universités. J'ai quelque scrupule à dire du premier tout le bien que je pense; je croîs bien pouvoir cependant rappeler que, sMl existait des travaux généraux sur le sujet, jamais encore* on n'avait présenté un exposé aussi précis de la question des subsistances dans un pays grand producteur de blé et des tentatives multiples et contradictoires du pouvoir central pour la résoudre. L^enquète de M. Girod est favorable, en somme, à Turgot, dont la réforme n'a échoué que parce qu'elle a été appliquée avec maladresse et mauvaise foi et pendant trop peu de temps.

M. Letaconnoux avait des précurseurs, notamment M. P. Boyé pour la Lorraine. Mais l'administration des grands chemins présente, dans ce pays d'Étals très autonome qu'est la Bretagne, un caractère original, — originalité qui consiste surtout dans la résistance opposée par la province à tous les projets d'amélioration et de centralisation. — La corvée proprement dite ne fut d'ailleurs introduite en Bretagne que vers 4730. Cet établissement y est rendu difficile par la grandeur des paroisses et la dispersion des lieux habités, par la mauvaise volonté

1. Mémoire ntr la généralité de Moulins par l'intendant G, Le Vayer, Î698> Moulins, L. Grégoire, 1906, in-S», xvi-214 p. Index.

1. Saaf peat-étre sar les routes (la route de Paris à Lyon passait encore par Moolias) et sur l'exploitation du charbon de terre.

3. Elles pourraient être encore plus abondantes. J'admets que des lecteurs bourbonnais n'ont pas besoin d'être renseignés sur le Mantegna d'Aigueperse ; mais pourquoi (p. 57) n'aToir pas pensé à ceux qui ne connaissaient pas le pays?

4. Dijon et Paris, 1906, in-8*, e-xxm-144 p., graphiques (t. XVI, n* 4 de la Revue bourguignonne). Préface par l'auteur du présent Bulletin.

5. Rennes, Plihon et Hommay, 1905, in-8% 116 p. (extrait des Annales de Bretagne).

6. Un trayail de M. Letaconnoux sur les Subststafices en Bretagne ne nous est connu que par un résumé des Annales de Bretagne,

Rbv. Histob. XCIV. Iw PA8C. 7

98 BULLBTtir HfSTOltQUB.

des « corvoyeurs ». La corvée y est plus lourde qu'ailleurs, en raisoD même de la nature du sol. Et sî d'Aiguillon, contrairement aux accusations de ses ennemis, a cherché à l'alléger, Tédit de suppression de i 776 ne fut ni enregistré ni publié en Bretagne : « Le mauvais état des chemins ne permit pas d*en cesser Tentretien », ditTinlendant. Mais récho de la grande mesure libératrice était venu jusqu'aux corvoyeurs bretons qu'il fallut contraindre par la force à revenir sur les chantiers. Les États, représentants des privilégiés, défendaient d'ailleurs Tinstilution de la corvée. Et pourtant la corvée n'avait même pas le mérite de donner à la province des voies bien entretenues. — Une dizaine de monographies comme celles-ci rendraient à l'histoire économique un sérieux service.

VIL Histoire coloniale. — La colonisation de la Nouvelle^ France^ quel plus beau sujet d'histoire coloniale I A une condition cependant : c'est de mettre délibérément au second plan les histoires de « sauvages »' et tout ce qu'on peut appeler lanecdole coloniale, d'analyser surtout les causes du mouvement colonisateur, d'en mesurer l'intensité et le volume, de montrer pourquoi il prit en partie la direction du Canada, de déterminer la place occupée par le Canada, non seulement à côté, mais pour ainsi dire en dehors des colonies de l'ancien régime; bref, de considérer Thistoire coloniale comme un chapitre de l'histoire économique. Pourquoi et comment les Français allèrent chercher, bien au nord de toutes les colonies européennes du Nouveau-Monde, d'abord un passage vers c les Indes »', ensuite un Eldorado^, plus tard une station de pèche', plus tard encore un pays à fourrures, et avant tout le pays du castor; comment ils en firent une terre de peuplement, comment s'enracina dans le sol une population de race française, venue surtout

1. Emile Salooe, la Colonisation de la Nouvelle-France. Étude sur les oHgines de la nation canadienne française. Guilmoto (s. d.), in-8% xu-467 p. Carte.

2. La c hache iroquoise > revient vraiment trop son vent. — P. 90 : c Ils leor ooopent les doigts, ils leur arrachent les ongles >; ceci n'est pas d'ane chronologie très exacte. — Qoe signifie (p. 91) c épargner certains tableaux à la sensibilité du lecteur > ? Cela n'est pas d'un historien. Puisque les horreurs de ces guerres ont été pour quelque chose dans le ralenUssement de l'immigration, il faut tout dire. ~ P. 53 : c Gloire à Champlain, père de la NouTelle* France 1 i

3. Voy. Abel Lefranc, Ue Navigations de Pantagruel. M. Salone ne jette qu'un mot en passant, à propos du rapide de c la Chine », p. 23.

4. Rien sur cette recfaierche de l'or. Le fait qu'on n'en avait pas trouvé est Tune des raisons de Topposilion que Sully fit au Canada.

5. Très insuffisant sur ce point, si amplement traité par Biggar, The early companiet of New-France^

des pays de roaest; pourquoi cette prise de possession fut si lente, et comment réagirent sur le Canada l'économie, la politique, les idées de la métropole; quelle est, dans ce demi-succès, la part et la responsabilité de l'administration locale et du gouvernement de Versailles, celle de la religion, celle des circonstances extérieures (guerres contre les sauvages ou contre des Européens), celle de la race; pourquoi la conquête anglaise fût si facile et, malgré les efforts tentés depuis pour ébranler le loyalisme canadien, si durable; et comment, cependant, de ces colons trop peu nombreux abandonnés par Louis XY une nation est née, singulièrement résistante et vivace, et qui exerce à rheure actuelle une action prépondérante sur les destinées de Tune des grandes fédérations de l'Amérique du Nord; en quelle mesure cette nation devait rester « française », en quelle mesure devenir c canadienne > ; quelles qualités, quels défauts, nés de ses origines et de son éducation, elle devait apporter à l'œuvre commune? A ces questions essentielles, Ton ne peut dire que le livre de M. Emile Salon£ donne des réponses précises. Il se lit avec intérêt, et le séjour qu'a fait l'auteur aux rives du Saint-Laurent le pare d'un charme de plus. Mais, attiré par les archives canadiennes et par celles du ministère des colonies, il a trop peu utilisé celles du quai d'Orsay, les Archives nationales et le cabinet des manuscrits, complètement négligé les archives de nos villes maritimes et les dépôts londoniens MI a mis une sorte de coquetterie à ignorer ses devanciers, dont quelques-uns l'auraient, cependant, renseigné sur plusieurs des problêmes canadiens'. Aussi ne nous explique-t-il point le pourquoi du Canada. Sur le comment de la colonisation, Ton souhaiterait des vues plus larges, une aperception plus nette des difBcultés énormes, et peut-être contradictoires, de l'œuvre imposée aux compagnies^; avec moins de sévérité pour certains pionniers de la première heure ^,

1. Rooen, Saint-Malo. A défaut d'an Yoyage à Londres, on ponyait déponiller les Calendarê : CoUmial séries.

2. Biggar, si uUle pour les débuts, est totalement ignoré. Lorin, Garnanlt, Parkman sont cités à peine, très tardireinent, très insuffisamment. Deschamps, à la fois pour son Histoire de la question coloniale et pour son Razilly, était à lire.

Page 1