‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 66 sur 176 · Voir Rev, hist.j t XCni, p · texte numérisé non relu

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2. The leUen and speeches of Oliver Cromwell^ wtth aucidaiions by Thtymas Carlyle, Edited with notes, supplément and enlarged index, by S. C. Lomas, with an introducUon by C. H. Firth. Londres, Methuen, 1904, 3 vol., LXii-523, xii-557 et xiu-604 p.

3. Les c Sqaire papers » ont été bannis de la présente édition. C'est de tonte Justice.

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d^un tory-socialiste de 4840, 11 était incapable de donner un commentaire vraiment complet et comprébensif des textes publiés par lui. Il reste que ce commentaire est plein de vues originales, que Garlyle a, le premier, foit revivre le véritable Uromwell, dont Timage avait été déflgurée par les préjugés des partis, whigs ou tories. Ces mérites aussi ont été mis en pleine lumière par H. Firth; mais ce n'eût pas été faire offense au génie littéraire de Garlyle que de reprendre son œuvre dès les fondations, d^en éliminer les parties caduques et de le reconstruire en style tout moderne. Il faudra bien qu'on en vienne là.

On sait par quel hardi coup de main le cardinal-arcbiduc, qui gouvernait les Pays-Bas au nom de Philippe II, s^empara de Calais le 47 avril 4596. L*émoi fût vif en Angleterre, où Ton put craindre une invasion espagnole; la milice des comtés méridionaux reçut Tordre de se tenir prête au premier appel. Un des chefs de cette milice. Sir Henry Knyvett, lieutenant du comté de Wilts, eut Tidée, tout en travaillant activement à ces préparatifs, de rédiger un traité sur la défense du royaume qui fut en effet présentée la reine et dont l'original est actuellement conservé à la bibliothèque Ghetham, à Manchester. Ge traité vient d'être publié par M. Charles Hdghbs^ Il n'a plus ^aujourd'hui qu'un intérêt de curiosité : Sir Henry proposait l'organisation d'une milice où serait enrôlée toute la population mâle de dix-huit à cinquante ans, et l'on sait qu'aujourd'hui encore l'Angleterre répugne à introduire chez elle la lourde et dangereuse obligation du service militaire. Notons cependant que, dans la milice dont il trace le plan, Sir Henry fait une place importante aux archers, alors qu'en fait ces combattants d'un autre âge venaient de disparaître pour toujours de l'armée anglaise. On voit qu'ils laissaient des regrets. Dans l'introduction, M. Hughes a donné une bonne biographie de Knyvett, personnage jusqu'alors fort ignoré, et, dans une des notes de l'appendice, il a donné la bibliographie des ouvrages sur l'art de la guerre que Sir Henry a pu consulter avant de rédiger son traité.

Signalons encore, dans la même série, les Mémoires sur les affaires maritimes de 4679 à 4688 par Pepys. Pepys est l'auteur du célèbre tt Journal » où il peint avec tant de complaisance les vices de la cour de Charles II pendant les dix premières années de la Restauration ; mais cet épicurien fût aussi un administrateur remarquable. Son c Journal » est une œuvre de jeunesse (il l'écrivit de vingt-sept à

t. Thê Défense of the realm, 1591. Oxford, at the Glarendon press, 1906, xxxvi-75 p. c Tudor and Stuart library. i Sons ce titre, le célèbre Institat typographique d'Oxford publie des éditions on réimpressions d*écrits anciens où il s'efforce, avec un art parfait, de faire revivre les caractères d'imprimerie et les reliares du temps. Cette plaquette a fort bon air.

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trente-six aos), et la réorganisation de la marine, à laquelle il consacra son âge mûr, lui assure un renom du meilleur aloi ; il y fit revivre les traditions puritaines d'ordre, de discipline et de progrès qui, au teoaps de Cromwell, avaient fait de la marine un admirable instrument de guerre et de gouvernement. Enveloppé dans la disgrâce du duc d'York après le prétendu complot papiste de 4679, Pepys fut mis à la Tour de Londres; une administration nouvelle fût instituée dont le résultat fût si désastreux que Pepys fut rappelé au bout de dnq années. C'est pour mettre sous les yeux du roi et les fautes commises et la nécessité d'un retour aux saines méthodes que Pepys rédigea les mémoires que nous annonçons; ils furent publiés en 4690^ M. J. R. Tannbb, qui les réédite, en a retrouvé les sources originales dans le fonds Pepys, conservé aujourd'hui au collège de la Madeleine à Oxford'^ ces sources garantissent l'exactitude des faits et des chiffres donnés dans les Mémoires.

HisTOiEB GiN^iuLB. ^ Deux grandes entreprises de librairie ont été lancées en même temps et presque avec le même caractère. La première est une Histoire cP Angleterre en six volumes, qui parait chez Methuen, sous la direction de M. Charles Oman; la seconde, conçue à un point de vue plus limité, mais dans de plus vastes proportions^ est une Histoire politique de l'Angleterre^ en douze volumes, que publie la maison Longmans, sous la direction de MM. William HuNT et R. L. Pools. Dans Tune comme dans l'autre de ces deux séries^ chaque volume a été attribué à un auteur différent, et il faut dire que le choix de ces collaborateurs a été excellent en général. Il témoigne en tout cas de ce fait que, si le travail scientifique est encore très mal organisé en Angleterre, sauf dans quelques centres universitaires relativement récents (comme à Manchester), ce ne sont pas les hommes de valeur qui manqueraient à une organisation plus méthodique. Parlons d'abord de la collection Oman.

La période qui s'étend de la conquête normande à la mort de Henri III a été traitée par M. H. W. G. Davis ^, dont c^est le premier ouvrage notable, et qui s'est révélé du coup comme un maftre. M. Davis connaît admirablement les sources de cette histoire; il lésa examinées de près et il les interprète d'une façon qui lui est person-

1. Pepys* Mémoires of the royal Navy, 1679-1688' Oxford, at the Giareodon press, 1906, zviu-131 p. et un index, a Tudor and Stoart library. i Prix : 5 8h.

2. M. Taoner a déjà publié un Descriptive Catalogue of the naval tnanuseripUin the Pepysian library (t. XXVI et XXVII des publications de la Navy records Society),

3. À kistorg ofEngland. Vol. II : England under the Normans and Ange» vhu, 1066-1212, Londres, Methuen, xtz-577 p. Prix : 10 sh. 6 d.

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nelle. Quand il diffère d'opinion avec ses devanciers, fût-ce même H. Round, il le dit nettement et donne brièvement ses raisons. Le plan de la publication, qui s'adresse plutôt au grand public qu^aux érudits proprement dits, ne comportait pas une annotation minutieuse^ où chaque fait, pour ainsi dire, s'appuie sur des preuves; mais, au point important, on trouve le renvoi aux sources, bref et précis. L'auteur mentionne aussi quelquefois des ouvrages modernes^ mais c'est l'exception. Le plus souvent, il faut se contenter de la bibliographie, placée en bloc à la un du volume*. Si discrète qu'elle soit, cette érudition a son prix et recommande même aux spécialistes la lecture de l'ouvrage. Un excellent index permet de le consulter rapidement. L'exposition est claire et attachante. M. Davis excelle à mettre en lumière les faits et à donner de la vie aux personnages. Sur des prélats aussi connus que saint Anselme et que Thomas Becket, sur des hommes d'État tels que Guillaume le Conquérant ou Henri II, s'il n'a rien de neuf à nous dire, il n'est jamais banal ; la comparaison qu'il institue entre Simon de Montfort et Edouard P% par exemple (p. 479), est d'un homme qui pense par lui-même. Et il lui arrive de faire passer légitimement au premier rang des figures un peu effacées d'ordinaire, comme celle de l'archevêque de Gantorbéry, Hubert Gautier. L'histoire politique, les institutions administratives sont traitées avec le même souci de l'information exacte et le même scrupule d'originalité. 11 montre très bien la réalité^ le caractère, l'extension de Tanarchie qui désola l'Angleterre sous le règne d'Etienne, et il consigne sur une carte les résultats auxquels l'a conduit l'étude attentive des faits. Si l'on compare cette carte (p. 466) à celle de la « renaissance monastique » en i\2Â-i^^Â (p. 495), on constate que les établissements monastiques se sont fondés de préférence dans les régions dévastées par la guerre, soit par les expéditions du Conquérant, soit par les luttes entre Etienne et Mathilde. Les indications fournies par cette carte de PAnglelerre monastique viennent aussi confirmer d'une façon inattendue (et seulement en général) ce que dit l'auteur sur cette anarchie. Dans un tout autre domaine, on tiendra compte des réflexions qu'il présente sur la convocation des représentants des communes au Parlement (p. 474). Sur une période où, depuis une génération, sont venus s'accumuler tant de travaux importants, le volume de M. Davis apporte donc son contingent notable d^mpressions et d'idées; il doit être mis hors de pair*.

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