‹ La question des fausses décrétales, Volume 94Chapitre 67 sur 176 · Corriger Guirand (Guiraud), Vaissei (Vaissète · texte numérisé non relu

Corriger Guirand (Guiraud), Vaissei (Vaissète

2. A peine quelques remarques de détail : Robert de Mellent (p. 3, 68, etc.)

ANGLETERB8. i2i

L'époque des Tudors a été traitée par M. Arthur D. Innés ^ Son volume se lit avec un grand intérêt. Il s^est attaché particulièrement à faire comprendre le côté politique des événements; le développement des formes sociales, la transformation économique, l'organisation administrative même sont simplement esquissés. L'œuvre anonyme du siècle, Tbistoire propre du peuple anglais sont reléguées au second plan. C'est aux individus que H. Innés s'intéresse; il raconte leurs actes, il en scrute les intentions, il les juge avec finesse, avec équité. Il proteste avec toute raison contre les partis pris de Froude ; pour Henri VIII, par exemple, il remet en plus d'une occasion les choses au point. En ce qui concerne Wolsey, il n'a garde de tomber dans les exagérations de Taunton. S'il accepte en somme l'opinion de PoUard sur le Lord protecteur Somerset, ou de miss Stone sur la reine Marie Tudor, il apporte à leurs portraits des retouches de détail qui ont leur prix. Sur Marie Stuart, il ne se prononce pas nettement, parce que le conflit des témoignages et surtout la forme suspecte qu'ils ont revêtue lui interdisent toute certitude. La question reste pour lui, comme pour M. Lang, un mystère. En pareil cas, pour se décider, on n'a que des impressions, et les impressions personnelles de M. Innés ne l'inclinent pas à un jugement favorable envers la reine d'Ecosse. Du moins montre-t-il honnêtement les différentes &ces des problèmes et les circonstances extérieures qui commandent les résolutions humaines. Parfois il pousse jusqu'à la subtilité le goût des nuances, par exemple quand il discute jusqu'à quel point les entreprises de Drake contre les colonies espagnoles doivent être considérées comme des actes de piraterie. Il serait injuste, à coup sûr, de placer Drake au rang des vulgaires écumeurs de mer, ou même, si l'on veut, des pirates barbaresques ; il faut avouer néanmoins que certaines de ses entreprises ont été préparées avec une dissimulation, accomplies avec un mépris du droit des gens qui méritent d'exciter la réprobation et qu'on a le droit de les juger sévèrement, en se plaçant même au niveau moral de l'époque. Ce très intéressant ouvrage me laisse cependant un vif regret : la bibliographie est tout à fait insuffisante. Non pas que M. Innés n'ait indiqué les ouvrages vraiment utiles à lire sur l'époque qu'il traitait, mais la partie relative aux sources, la plus importante cependant, est vraiment trop indigente. Les textes essentiels sur le divorce de Henri VUI, sur Marie Stuart, sur les guerres avec l'Es-

ne devrait-il pas être appelé de MeulanF^F, 170, il faat Tpres (non Yprès). — P. 487, M. DaTis a oablié que le Philippe de Reims^ dont il cite denx Ter», n'est antre qae Philippe de Remi^ sire de Beanmaiioir. 1. England under ihe Tudors, Methuen, zym-481 p.

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pagne &e s*y trouvent pas. En particulier, les sources étrangères sont entièrement Omises. On dirait vraiment que la lecture des Calendars doit dispenser de toute autre recherche. Cet appendice devrait être entièrement remanié, ce qui serait facile et ce qui augmenterait à peu de frais la réelle valeur de l'ouvrage.

M. Innés s*applique à peindre les principaux acteurs qui ont flguré sur la scène politique. H. Georges Macaulay Treveltan, à qui est incombée la tâche de raconter Pépoque des Stuarts^ aime à disserter sur les causes générales et particulières des événements, sur la condition des difiérentes classes de la société. L'auteur de V Angleterre au temps de Wyclyffe est à Taise dans le domaine des idées et des faits de Tbistoire religieuse, politique et sociale; au xviii^ siècle, ce domaine est aussi ample que varié. M. Trevelyan nous en présente habilement les aspects si divers et le développement logique. Il montre à merveille les origines de la grande révolution puritaine d*où est sortie TAngleterre moderne, le caractère assez particulier de la guerre civile qui mit en conflit des principes et non des classes^ qui ébranla le pays sans compromettre son unité politique, qui flt triompher en définitive l'esprit puritain tout en épargnant à TAngleterre les maux effroyables qui accompagnent d'ordinaire les guerres de religion. La tolérance religieuse est aux yeux de M. Trevelyan l'idée fondamentale du monde moderne; il la montre tout d'abord combattue par le fanatisme des partis puritains, revendiquée avec violence par les sectaires, démocrates et ennemis des presbytériens, poussant Gromwell au pouvoir, puis se glissant peu à peu dans la pratique gouvernementale à la faveur du scepticisme immoral et impudent de la Restauration, triomphant enfin après la crise de' 4 688-'! 689. Ce progrès vers la liberté nous est présenté avec beaucoup d'art et de variété surtout dans la première partie du livre, celle où Tauteur est constamment soutenu par les excellents travaux de S. B. Gardiner et de G. H. Firth ; il paraît moins sûr de lui dans la seconde moitié, mais partout c'est le même style brillant, ingénieux, éloquent, non sans quelque soupçon peut-être d^enflure ou de préciosité, toujours vivant et captivant^.

Les collaborateurs réunis sous la direction de M. Oman ont eu le champ moins libre. On leur a évidemment imposé l'obligation de se

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