LUS
ment de toute harmonie sociale ; principe qui est inserit à chaque page des baux à métayers (1) ». Un tel principe n'a que de fâcheuses conséquences pour le métayer.
À mesure que l'instruction se répand et que le développement des voies de communication permet aumétayer dese frotter à d’autres couches sociales plus éprises d'émancipation, il tente de se soustraire à la tutelle du « maître ». « On peut évaluer à 40 °/, environ le nombre des métayers contraints à la Saint-Martin de changer de domaines (2) ». Dans la seule commune d'Ygrande, il y eut, en 4941, quinze changements. Le métayer fait, on le voit, un assez large usage de la « liberté des contrats » qui se réduit pour lui à la liberté de changer de partenaire. Les raisons ne lui manquent pas en effet d'en user. S'il n’a pas le bonheur d'être le métayer modèle qu'a dépeint Olivier de Serres et que recherchent encore nombre de propriétaires, « l’homme de bien, loyal de parole et de bon compte ; sain, âgé de 25 à 60 ans, marié avec une sage et bonne ménagère; industrieux, laborieux, diligent, épargnant, sobre, non amateur de bonne chère, non yvrongne ne babillard ne villotier, n'ayant aucun bien au soleil ains des moyens à la bourse », il est condamné à faire souvent la Saint-Martin. 11 faut aussi qu'il sache lire les journaux
. bien pensants qu'on lui distribue gratuitement, qu’il vote
(1) M. DE GARIDEL, Etude sur le Métayage.
(2) D'après M. Jouffroy, ancien professeur départemental d'agriculture de l'Allier,