CHAPITRE II
Dans les pages qui suivront nous nous arrèterons plus où moins longuement sur les trois questions que voici :
Lo Les fermiers généraux devant l'opinion ;
920 Les fermiers généraux et les propriétaires ;
3 Les fermiers généraux et les métayers, syndicalisme colonique.
a) Les fermiers généraux devant l'opinion.
Le lecteur, arrivé à ce point de notre travail, sera déjà en possession des opinions d'un certain nombre d’écrivains, agronomes, etc.; des Méplain, de Tourdonnet, H. Sagnier, etc., etc. Nous n’y reviendrons pas ; nous ajouterons seulement quelques autres jugements pour compléter le tableau des condamnations inscrites, au cours du XIXe siècle et au commencement du XXe, au casier économique et social du fermage général.
« Il ne faut pas croire, déclare de Gasparin, que le fermage ne soit pas connu dans le pays du métayage; au
milieu des métayers, il y a des fermiers. Mais s'ils administrent directement, ils offrent tant d’inconvénients, on éprouve avec eux tant de mécomptes que les propriétaires qui savent compter se tiennent sur la réserve. S'ils opèrent indirectement, ils se livrent à de telles spéculations, ils se montrent si exigeants, si tyranniques à l'égard des métayers qui dépendent d'eux, qu'ils n'inspirent aucune Confiance, même lorsqu'ils paient exactement la rente à l'échéance (1). »
Léonce de Lavergne, parlant du centre de la France, avoue que « l'on y rencontre des fermiers généraux qui afferment des terres entières, plusieurs même parfois, et qui deviennent ainsi localement des personnages importants. Ces fermiers, simples intermédiaires de fait et ne s’adonnant pas à l’agriculture, ne sont que des spéculateurs n’ayant'aucun lien durable qui les rattache au sol, ils ne comptent que sur le présent, rançonnent les métayers, augmentant par là la détresse des cultivateurs en pays pauvre, tandis que le propriétaire attentif à toucher sa rente aux échéances, les laisse faire ».
Reiffel estime, lui aussi, que les fermiers généraux maintiennent les métayers dans la misère. « En exigeant sous diverses formes plus de la moitié des produits, ils mettent la main sur leurs économies, arrêtent tout pro-
grès possible ».
(1) Traité du Métayage, 1847.
Les fermiers généraux du Poitou sont condamnés par Baudrillart, parce que, « pesant sur les métayers dont ils tirent le plus qu'ils peuvent ».
De Dreuille semble bien envelopper dans un même sentiment d’hostilité le métayage et les fermiers gÉNÉTAUX, ces « simples intermédiaires », Ces « soi-disant fermiers ».
MM. Vernaison pour l'Allier (L), Sauzet pour le Limousin, réprouvent ce S) stème « d'exploitation en partie double (2) ».
Pour M. Convert, le fermier général n'est qu'un « parasite interposé entre la propriété et la culture et s'enrichissant aux dépens de l’une ou de l'autre(3) ». Sous la plume de Fr. Bernard, le « parasite » devient un « spéculateur ».
M. M. Vacher qui préfère « ignorer les mauvais exemples pour ne montrer que les bons », veut bien reconnaître que le fermier général « est un intermédiaire contraire au principe du métayage (4) ».
Terminons cette énumération par l'opinion d'une personnalité dont nul ne contestera la grande autorité, alliée à une longue expérience, en matière agricole. « À côté des tenanciers se rangent, dit Heuzé, les fermiers géné-
(4) VERNAISON : Le Métayage en France, 1902. De même, SEUILLET : Le Métayage, 1905.
(2) SAUZET : Du mélayage en Limousin, 1897.
(3) La Propriété.
(4) Bulletin de la Société N. d'Agriculture.
raux, c'est-à-dire les agriculteurs qui louent à prix d’argent de grands domaines pour les faire exploiter par des métayers que souvent ils regardent comme de véritables serfs. Peu leur importe que la fécondité des terres labourables s'élève ou s’abaisse ou Que les colons vivent dans la misère ; ce qu'ils demandent, c’est que chaque métairie fournisse assez de produits pour que leur quote-part les fasse vivre et leur permette, en outre, de payer leur fermage et de réaliser un bénéfice. Aussi est-ce avec juste raison qu'on s’est toujours élevé contre ces fermiers généraux qui, presque partout, ont retardé les progrès agricoles. Espérons que les propriétaires comprendront que c'est commettre une grande faute, dans l'intérêt de leur famille, que de concéder leurs métairies à des fermiers-régisseurs qui ne songent qu'à réaliser un revenu annuel et à vivre généralement dans l'aisance, alors que les métayers, sur la plupart de ces grandes propriétés, ont une existence très précaire et vivent au jour le jour (4) ».
Pour ne pas encourir le reproche de partialité, fondé en apparence Sur ce que nous ne rapportons que les prin- Cipaux éléments d’une Opinion générale, écrasante pour les fermiers généraux, nous faisons l'aveu sincère, que nous n'avons jamais rencontré, au cours de nos recherches, d’autres appréciations en bien, que celles que nous avons déjà mentionnées (2).
(1) Bulletin de la Société N. d'Agriculture, 1901. (2) Voir chapitre des améliorations,
b). Les fermiers généraux et les propriétaires.
Les fermiers généraux n’ont jamais rencontré beaucoup de sympathies au sein de la classe des propriétaires fonciers. Faut-il s'en étonner ? Non, car si le propriétaire et le fermier général se trouvent réunis, s'entendent mème au besoin pour peser d'un double poids sur Île métayer qui leur fournit rentes et profits, il arrive presque toujours qu'au moment de fixer le taux de la rente, ils se heurtent irréductiblement. Pour triompher du fermier général, le propriétaire use d’un moyen bien simple : le renvoi à fin de bail; mais le fermier général n’est pas complètement désarmé pour mettre son bailleur dans la nécessité de lui renouveler un bail avantageux, Les mepaces de ruiner la fertilité du sol (4), de ne laisser sur le domaine que des métayers pauvres en travail (2), de dégarnir abusivement Îles métairies de bétail (3), etc., font que le propriétaire absentéiste est obligé de capituler. Le fermier général se trouve ainsi le premier à bénéficier des améliorations agricoles et des plus-values auxquelles il n'a point contribué. Mais il arrive souvent que des abus de jouissance amènent une rupture. Alors,
(1) Il y a longtemps qu'Olivier de Serres à dit : « Les fermiers vous rendront vos terres basses et recrues comme chevaux de louage et vos maisons débiffées. »
(2) MÉPLAIN.
(3) Voir jug. civ. de Moulins, 14 juin 1911.
propriétaire et fermier général « se quittent rarement sans être devenus ennemis l’un de l’autre ».
Le propriétaire qui, s’il exploitait directement, serait peut-être très exigeant à l'égard de ses métayers, n’a pas un grand intérêt à les voir appauvris, maltraités systé- Mmatiquement par son fermier général. Il sait très bien que le découragement jeté dans la famille colonique ne peut qu'être préjudiciable à la propriété. Malheureusement, les propriétaires se soucient peu d’adoucir l’exploitation dont sont victimes leurs métayers ; qu'importe la misère des colons, pourvu que les fermages rentrent et s'élèvent régulièrement!
Certains d’entre eux paraissent même tenir beaucoup au fermage général qui leur rend, disent-ils, de « réels services »; mais les métayers n’y trouvent, eux, qu’un surcroît de souffrances.
c). Les fermiers généraux et les mélayers.
Ainsi un système économiquement et socialement néfaste (1), condamné par les hommes de science les moins suspects, rejeté par la grande majorité des propriétaires, subsiste depuis des siècles rançonnant le travail et la propriété, sans aucune sanction légale, sans autres difficultés que celles, bien insignifiantes, qui peu-
(1) « Plaie culturale et plaie sociale », déclare DE ToURDoN- NET,
vent surgir entre deux individus d'inégale force, à l’occasion d’un simple contrat.
—1 faut arriver au XXe siècle pour assister à la première tentative sérieuse de libération de la part des métayers qui Ont été précédés depuis longtemps dans l'action collective par la plupart des autres catégories de travailleurs. Et le drapeau de la révolte est dressé sur un point particulièrement riche {), par des métayers qui ne passent pas pour être les plus pauvres de leur classe. Singulier phénomène! Pour en trouver l'explication, il suffit de savoir : Lo que dans le métayage où deux classes se heurteni en un antagonisme irréductible, les partis en présence doivent renoncer, pour des raisons faciles à saisir, à l'emploi des moyens par lesquels se manifeste à l'ordinaire la lutte du Capital et du Travail; 2 qu'à toutes les causes générales qui rendent difficiles l’organisation et l'action collective des travailleurs de la terre viennent ici s’en ajouter d’autres particulières au mélayage. Ainsi s'explique la date tardive à laquelle les métayers français se sont groupés pour la défense de leurs intérêts professionnels. En Italie, le mouvement colonique est plus ancien; il y est aujourd’hui profond et très efficace. En France, il commence à peine.
Sa naissance devait se produire en Bourbonnais pour plusieurs raisons : Les métayers de cette province sont
(1) Bourbon-l'Archambault.
sos
gravement atteints par la crise de la main-d'œuvre : exode rural et hausse des salaires ; ils ont essayé d’alléger leurs charges avant qu'elles ne devinsent écrasantes. Ils sont aussi, en Bourbonnais, moins dispersés, plus éclairés qu'ailleurs. Résolus à ne plus se laisser dépouiller comme par le passé du profit des améliorations nouvelles qu'ils entrevoient possibles, ils ont tenté de se débarrasser d'un joug que chaque jour leur rend plus insupportable. En s'organisant pour la lutte, l'élite des colons a fourni la preuve que l'extrême misère est stérile en progrès Sociaux ; sachant qu'un progrès obtenu en appelle immédiatement un autre plus grand, que la libération se poursuit en vitesse accélérée, elle a essayé d'amorcer le mouvement en réclamant la suppression du premier grand obstacle à celle-ci : le fermage général.
Pour connaître des métayers toute la pensée sur les fermiers généraux, les efforts faits en vue de s’en débarrasser, nous n'avons qu'à retracer ici l’histoire rapide du syndicalisme colonique de ces huit dernières années.
Le mouvement syndical paysan a pris naissance à Gennetines le 21 février 4904, et À Bourbon-l'Archambault le 27 mars de la même année, par la constitution de deux syndicats qui n'avaient pour plus grande ambition que celle de « faire vivre leurs familles coloniques en travaillant ». « Si nous payions, disaient leurs membres, trois ou quatre cents francs de moins chaque année, On pourrait, dans les moments difficiles, employer un
Le
journalier pendant quelques semaines ; les journaliers gagneraieut davantage et le travail se ferait mieux. »
« Pourtant ces jeunes associations, malgré leur esprit de conciliation et leurs modestes desiderata, furent mal accueillies des propriétaires et des spéculateurs Sans vergogne que sont les fermiers généraux. Une guerre sourde se déclara immédiatement contre elles (1). »
Elles ne s’en multiplièrent pas moins, grâce à une propagande habile et courageuse. Un modeste paysan, Michel Bernard, se dépensa sans compter au profit de la cause syndicale ; il batailla avec succès contre les préjugés, l'indifférence des uns, l'hostilité des autres. Le 3 décembre 1905, un certain nombre de syndicats et sections de syndicats pouvaient se réunir à l'Hôtel de Ville de Moulins et y fonder la Fédération des Travailleurs de la terre. On décidait en même temps la création du Travailleur rural, Vorgane officiel de la Fédération. d
Il avait fallu, pour en arriver là, non seulement recourir au dévouement et à l’activité infatigables de quelques propagandistes paysans, mais encore donner aux colons, petits fermiers et ouvriers, des raisons matérielles d'adhérer aux syndicats. L'intérêt pouvant seul déterminer l'action, le syndical de Bourbon-l'Archambault pensa, dès le début, que le recrutement syndical serait facilité par l'adjonction à l’organisation de défense profession-
(4) M. BERNARD : Voir son intéressante brochure : Le Syndicalisme paysan dans l'Allier.
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nelle d'autres institutions d'une utilité immédiate évidente : caisses de crédit, coopératives d'achat. C'était voir jusie. À côté du syndicat de Bourbon-l'Archambault furent créés, en effet, après quelques tàtonnements, une caisse de crédit (5 mars 1905), un magasin coopératif (25 mars 1905). Depuis 1907, le modeste magasin coopératif des premiers jours est remplacé par un bâtiment construit par le syndicat. « Chaque samedi, chaque dimanche et jour de foire, écrit Bernard, un camarade ouvre le magasin el livre aux syndiqués les marchandises dont ils ont besoin. »
Après ces débuts difficiles, mais en définitive encourageants, l'action syndicale entre dans une deuxième phase : unifié en une Fédération, armé d’un journal admirablement dirigé par Emile Guillaumin, disposant d'un propagandiste tel que Bernard (1), le syndicalisme va livrer bataille aux fermiers généraux. La propagande s'intensilie et s'étend, les réunions se multiplient, le Travailleur rural se glisse dans toutes les chaumières où il porte toute la pensée, toutes les revendications paysannes.
Dans ses réunions d'avril et d'octobre 1906, la Fédération des travailleurs de la terre adresse trois pétitions aux Pouvoirs publics : |
10 Demande d’une patente sur les fermiers généraux ;
(1) Bernard fut secondé dans la propagande par Chambon de Bessay.
20 Demande de création de conseils de prud'hommes agricoles ;
30 Demande d'intervention des conseils d'hygiène pour obliger les propriétaires à faire reconstruire les maisons insuffisantes ou malsaines.
Au mois d'octobre 1906, un pressant appel est adressé, sous forme de manifeste, aux métayers, les invitant à se grouper en syndicats.
A la réunion fédérative du 42 avril 4907, on comptait 37 syndicats avec 1.800 colisants. Au cours de la discussion qui eut lieu à cette date, les syndicats de la région de Lapalisse insistèrent pour que des moyens énergiques, dont la grève, fussent employés au service des revendications essentielles des métayers : Suppression des fermiers généraux et de l'impôt colonique, la réelle culture À moitié fruits, plus de corvées ni de redevances, plus de conditions arbitraires ou tyranniques. La Fédération à laquelle un progrès rapide donnait l'espoir de déclancher le mouvement avec 4.000 ou 5.000 adhérents, s'opposa à la prise en considération des mesures proposées par ces groupements ; elle jugeait de telles mesures trop graves pour être exécutées prématurément. Elle se contenta d'adresser à tous ses syndicats le questionnaire suivant : #
Ao Combien avez-vous de métayers adhérents à votre syndicat ?
90 Ont-ils des baux de une ou plusieurs années ?
3° À leur entrée en jouissance, font-ils un remboursement de cheptel ? Combien environ ?
4° Arrivent-ils à joindre « les deux bouts » ou sont-ils endettés ?
5° Avez-vous comme adhérents des fermiers exploitants et des petits propriétaires ? Quelle est ordinairement la durée des baux des fermiers exploitants ?
6° Êtes-vous partisans d’une grève ? À quelle date ?
7° Quelle idée vous faites-vous de cette grève ?
La Fédération agissait sagement en organisant cette enquête sur la condition des métayers ; elle recensait ses forces, dont elle craignait l’affaiblissement après l'échec de la proposition des syndicats de Lapalisse ; un referendum sur l'emploi de la grève était encore d’une prudence élémentaire. Voici, d’après Bernard, quels furent les résultats de l'enquête :
« Sept syndicats seulement ne crurent pas devoir répondre. J'ai classé à part toutes les lettres reçues à ce sujet. Ah ! quel dossier contre nos employeurs ! Il y avait à ce moment environ 700 métayers faisant partie de la Fédération. Presque partout le bail d’un an renouvelable par tacite reconduction est en vigueur. C'est-à-dire qu’à la première velléité de révolte, que dis-je, à la première peccadille qui déplait au « maître », c’est le renvoi immédiat.
Que l’on se plaigne après cela que le cultivateur est réfractaire aux améliorations ! Mais c'est vous, proprié-
taires inconscients, qui avez fait de lui un être routinier ! Quelles améliorations peut-il entreprendre pendant un an ? Pourquoi dépenserait-il pour vos terres, alors que l’année prochaine il sera peut-être ailleurs ? Ne fournit-il pas déjà assez de travail, de fatigues et de peines ?
Sur les trente réponses reçues, douze annoncent des endettés dans leurs communes ; le tiers des cultivateurs environ. Les dix-huit autres s'expriment d’une façon que l'on peut résumer ainsi : « On ne s’endette pas trop, mais il faut rogner sur toutes choses, même les plus utiles et la vie qu'on mène n’est pas une vie humaine. »
Partout le remboursement de cheptel est en honneur, variant de 500 à 5000 francs suivant l'importance de la ferme ou le bon vouloir du patron. »
A la réunion du 15 novembre 1907, on décida que toute la force de propagande de la Fédération se concentrerait sur trois points principaux: suppression de l'impôt colonique, suppression des corvées et redevances, et réfection des maisons d'habitation ; et pendant deux ans, on s’en tinten effet, à ces revendications essentielles.
Le 14 février 1908, on discuta, dans une réunion extraordinaire, des moyens à employer pour triompher de la résistance des bailleurs. On décida en fin de compte: de de provoquer une réunion à Moulins, à laquelle seraient convoqués tous les propriétaires des communes sièges d’un syndicat ; 2 qu'en prévision d’un échec de cette tentative de conciliation, on proposerait
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aux métayers: de donner leur départ à une date indiquée. « Aucun d'eux ne cherchera, lit-on dans la cireulaire préparatoire, à se replacer sans que nous ayons obtenu satisfaction. » « Un bail modèle dont le projet vous esk soumis, sera dans la poche de chaque syndiqué et celui-ci n’aura qu’à le présenter à l'acceptation de son propriétaire, sans avoir besoin de discuter : Deux choses sont à prévoir : Lo Les propriétaires feront des difficultés pour accorder ce que nous demanderons, mais si nous réussissons à marcher en assez grand nombre, il se pourrait qu'ils deviennent conciliants. Alors ils provoqueront peut-être eux-mêmes une seconde et une troisième réunion et si nous sommes tenaces et bien disciplinés nous finirons par triompher ; 2 Des non-syndiqués, des journaliers, peut-être aussi malheureusement des syndiqués de mauvaise foi essaieront inconsciemment de prendre la place de nos vaillants camarades ; c’est alors qu'avec l’aide de la Fédération, le rôle du syndicat commencera. À tour de rôle, les dévoués veilleront sur ces endroits à prendre, et empêcheront par tous les moyens, la persuasion, la menace, la force au besoin, que ces renégats n'accomplissent leur œuvre de Caïn ».
Ce n'était pas la grève, mais la mise en interdit ; moyen fort habile, qu'il appartenait aux métayers de rendre efficace.
Le bail type fut rédigé, tiré à dix mille exemplaires, et distribués aux cultivateurs. Il est intéressant d'en donner
ici le texte complet, pour montrer combien il y avait loin de la réalité aux ambitions légitimes et très humaines des métayers.