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III. — POUILLES

La propriété y est très concentrée. Les grandes propriétés sont entre les mains des personnes morales, communes, œuvres pies, des riches propriétaires, orgueilleux, au point de se croire sincèrement d’une race différente de celle des paysans (3). Les administrations adjugent leurs biens au plus offrant. « L'adjudicataire se fait un devoir d’épuiser, tant qu'il peut, le terrain (4) ».

Dans l'arrondissement de Tarente, une enquête entreprise par le Ministère du travail et de l’agriculture affirme « qu'il arrive souvent qu'une personne prenne en fermage une grande étendue de terre qu’elle sous-loue ensuite par petits lots. » Même constatation pour l’arron-

(1) FR. LENORMANT, Op. cit.

(2) Inchiesta, vol. 4, t. II.

(3) Inchiesta, vol. 8, t.I.

(4) Materiali per lo studio delle condizioni dei lavoratori della terra nell mezzogiorno. Parti I.

dissement de Barletta ; ce sont, ici, des moyenspropriétaires quilouent de vastes territoires, pour les sous-louer soit à des ouvriers soit à de petits propriétaires. Ces fermiers généraux exercent, paraït-il, « exactions sur exactions. »

L'industrie des fermiers généraux des Pouilles ne va pas sans de grandes difficultés. Les prix de fermage subissent une crise très grave. Ils ont baissé, depuis quelques années, de 45 à 60 0/0. Les petits fermiers disparaissent : ils préfèrent le salariat où ils trouvent des salaires assez fortement relevés par l’émigration intense des paysans de cette région de l'Italie.

La misère n'en est pas moins très grande parmi les travailleurs de la terre. La lutte sociale y est très apre. La situation des fermiers généraux est rendue de plus en plus difficile par les ouvriers, plus exigeants, et par les propriétaires qui cherchent à éliminer l'intermédiaire, pour compenser un peu la baisse de leurs rentes.

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