RÉGIME DE LA PROPRIÉTÉ
La question de la répartition de la propriété foncière est à la base du problème agraire en général, et de l'étude du fermage général en particulier. La grande propriété
engendre le fermage général. Voyons done quelle peut être en Roumanie, l'importance de la grande propriété.
Une statistique officielle datant de 4905, nous donne le tableau suivant :
Catégories. Nombre de propriétés. Etendue totale. Au-dessous de 10 hect. 4.015.302 3.319.695 hect. De 108 50 — 36.318 695.953 — De 50 à 100 — 2.381 165.456 — De 100 à 500 — 2.608 785.719 — Au-dessus de 500 — 1.503 3.001.473 —
En faisant subir aux nombres de ce tableau les rectifications qu'impose la méthode statistique employée, nous trouvons que le nombre des propriétaires possédant plus de 500 hectares se réduit à 4.000 ; que celui des petits propriétaires doit être ramené à 1.200.000. « La répartition de la propriété foncière en Roumanie, déclare M. Georgesco, peut être résumée ainsi : d’un côté, plus de un million de paysans possédant moins de 3 millions d'hectares ; de l’autre, 4.000 grands propriétaires possédant plus de 4 millions d'hectares (1) ». La moyenne propriété, de 50 à 100 hectares, n’occupe que 2,13 o/, du territoire cultivable. Une statistique fournie à l’occasion de l'Exposition de 1867, classe les propriétés suivant le
(1) C. GEORGESCO : La réforme agraire en Roumanie. Paris, 1908,
chiffre de leurs revenus (1). Son examen révèle l’ancienneté et la persistance de la concentration foncière en Roumanie.
Ainsi donc, au bas du tableau de la répartition du sol, une « poussière » de propriété, appartenant à une classe de paysans dénués d'influence politique, et même de l'espoir d'accroître leurs lopins de terre, tant les prix sont élevés et les ventes rares. Au-dessus, une classe moyenne, d'importance insignifiante. Au sommet, une féodalité terrienne,
avec ses « seigneurs », ses
« boyards », propriétaires d'immenses latifondi.