‹ La Question des Fermiers GénérauxChapitre 9 sur 85 · HIER · texte numérisé non relu

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campagnes, qu'à l'envie les uns les autres s'emparent de de tous les biens quoiqu'ils ne sont pas cultivateurs, de manière qu'il est presque impossible à tous culiivateurs de tirer jusqu'au moindre marché que desdits fermiers le tout à un prix si exorbitant qu'ils réduisent à la mendicité lesdits cultivateurs, tant laboureurs que manœuvres, et après s'être emparés de leurs fonds, s'ils en ont, et de leur mobilier, ce qui les met hors d'état de satisfaire aux impôts de Sa Majesté, et ne leur laissent que les veux pour pleurer. »

Les habitants de Berry-Villequiers se plaignent de ce que les sous-fermiers sont les seuls à supporter la charge des impôts.

Terminons pour le baïillage de Bourges, par les protestations véhémentes des paroisses de Moulin-sur-Yèvre et de Senneçay.

Les cultivateurs de Moulin-sur-Yèvre se plaignent de n'avoir souvent d’autres maîtres « que des fermiers qui les ruinent dans deux cas, quand ils se ruinent eux-mêmes ou quand ils s’enrichissent. Que ne s’est-on avisé de voir plutôt que cette fureur émule (jaloux) s’affermer à des gens qui ne jouissent pas, était le plus sûr moyen d'appauvrir et de dévaster les campagnes ? J'en appelle à témoins l’'énormité des pots de vin et la rapidité de leur fortune... que deviendraient nos terres sans le secours des greniers royaux ?... Mais quoi ! Ô comble de dureté ! il arrive qu'ils sont eux-mêmes nos fermiers, qu'ils font valoir à

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côté de nous, qu'ils s'emparent des meilleurs objets, qu'ils font prendre sur nous les impôts de tous, ou, s'ils nous procurent, par leur crédit toujours illicite, la décharge de quelques uns, c’est pour nous accabler, en s’en prévalant, de suffrages et de travaux. Et, si nous murmurons, bientôt nousentendons la menace foudroyante que la trop grande brièveté des baux nous fait craindre tous les trois ans. Quel malheur que cette brièveté, quel obstacle à notre bonheur et à l'amélioration des biens, en Supposant que nous fussions les fermiers des objets dont nous jouissons. »

Ils émettent le vœu : de « que les fermiers soient empêchés et que tout colon jouisse à ce titre de ce qu'il fait valoir ; 2 que les baux soient prolongés à 18 ans avec un réméré de 6 ans. »

Paroisse de Senneçay: « Finissons d'élever notre voix sur un autre fléau d'autant plus irrémédiable qu'il est à l'avantage des riches. Les fermiers prennent les baux aux prix que leur font les propriétaires. Quelle est la partie souffrante de cet enrichissement ? Le colon. Le fermier lui fait valoir un bail excessif, l'intérêt qu'il doit retirer de son argent, les fruits de son iudustrie et la scène finit en disant: « si tu n’en veux pas, ce sera pour un autre. » Il est bien forcé de prendre quand on ne sait où aller et qu'il faut élever une nombreuse famille. Ces Messieurs ne se bornent pas au seul manoir qu'ils viennent d’affermer ; ils furettent dans le voisinage

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tous les objets qui pourraient servir de contre-poids à l’enchérissement de leurs denrées : ils en prennent les baux et par ces moyens ils rançonnent tous ceux qui sont forcés de s'adresser à eux. Nous le disons avec une espèce de défiance, les Etats généraux auront peine à trouver un tempérament pour nous garantir de cette calamité. De quelque manière qu’on s’y prenne dans l’établissement des impôts, ils tomberont toujours sur la partie souffrante de l'Etat ; le propriétaire grèvera le fermier, le fermier le colon et celui-ci sera toujours ia victime de la plus affreuse indigence malgré les pieuses intentions du monarque qui voudrait nous soulager. -On voit des fermiers de bonne foi qui disent hautement qu'ils sont obligés de ruiner le paysan. »

Dans un cahier rural de l’Autunois, on relève que « les fermiers généraux surchargent les métayers de manière qu'à peine ils ont le quart. Ils obligent les cultivateurs à leur donner chaque année une somme plus ou moins considérable selon la valeur du domaine; ils les chargent des rentes et des vingtièmes ; ils se réservent plusieurs morceaux de terre que les métayers sont tenus de cultiver sans y rien prendre. En un mot ils font des conditions telles qu’à la fin du bail leur ruine est toujours consommée. »

Le cahier de la paroisse de Cognac, mentionne que les « fermiers des seigneurs font très souvent gémir les habitants lors du paiement des redevances. »

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