‹ La Question Des Îles d'AlandChapitre 17 sur 29 · DAT A · texte numérisé non relu

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lande et son sort tragique sous la domination des vainqueurs, d’après une loi inique dictée par les hasards d’une guerre malheureuse, se voient refuser l’application du plébiscite, eux qui l'avaient appliqué cinquante ans auparavant à une de leurs colonies, l’île de Saint-Barthélémy, qu'ils détenaient de la France.

Les paroles de M. Lacascade, dans la séance du 22 janvier 1878, nous donnent le plus beau témoignage (Journal Officiel du 23 janvier 1878) :

« Pour obéir à des visées politiques autant qu'à des nécessités commerciales, un monarque avait cédé, il y a tantôt un siècle, à un autre monarque toute une population française et avait rivé à une métropole étrangère une petite colonie à laquelle ne Ja rattachail jusqu'alors ni l’intérêt matériel, ni le sang, ni le drapeau; aujourd’hui, Dieu merci ! le droit public européen est bien modifié sous ce rapport, aussi la rétrocession de l'île Saint-Barthélemy ne vous a-t-elle été remise qu'après un vote solennel et libre, qu'après un véritable plébiscite de la population de Pile ».

Eh bien, pour les îles d’Aland, nous n'allons pas assister à cette heureuse modification du droit public international, ef archipel d’Aland ce n’est pas une colonie c’est un groupe d'îles habitées par 20.000 Suédois !

Partisan du plébiscite, comme étant ke juste résul-

tat du désir d’une population d’avoir ses gouvernants naturels, pour les îles d’Aland nous ne pouvons même pas voir la défiance de Bluntchili (droit international codifié) : « Cette forme est entrée dans les usages des peuples de race latine dans les derniers temps et par l'influence de Napoléon HIT. Elle répond aux tendances démocratiques de notre époque, satisfait les sentiments des masses, mais est exposée à un haut degré à des abus et à la constatation des majorités factices par lappat d'avantages offerts aux électeurs ».

Le peuple qui était appelé à voter et dont le représentant le demandait, n’est pas latin (nous autres latins nous sommes plus expansifs), l’appât d'avantages offerts aux électeurs était le retour à la mère patrie, bien naturel au XX° siècle, et puis les plébiscites faits après la paix, sous le contrôle des “ommissions alliées, ne pouvaient donner lieu à

des procédés blâmables.

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